Les compagnies aériennes souffrent, British Airways est en perte

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La grande compagnie aérienne britannique a perdu 42 millions de livres sterling au premier semestre de son exercice 2008-2009. Japan Airlines, Singapour Airlines et Air Canada ont aussi vu plonger leurs résultats. Air France instaure une surtaxe sur certains sièges plus confortables.

Avec la crise financière et le ralentissement économiques, entreprises et touristes réduisent leurs budgets et prennent moins l'avion. Du coup, les compagnies aériennes, déjà victimes du pétrole cher même si ses prix ont baissé ces dernières semaines, sont à la peine.

Le cas le plus spectaculaire est celui de British Airways dont les comptes virent au rouge. La grande compagnie aérienne britannique a annoncé ce vendredi avoir subi une perte nette de 42 millions de livres (53 millions d'euros) au premier semestre. Avant impôt, son résultat plonge de 616 à 52 millions. Le bénéfice d'exploitation décroche de 567 à 140 millions.

Son chiffre d'affaires sur la période a pourtant crû de 6,4% à 4,754 milliards. Mais le nombre de passagers a baissé sur les six premiers mois de l'exercice de 3,9% sur la période à 17,158 millions de personnes. Le taux de remplissage de ses avions a baissé de 3,8 points à 74,6%. La tendance se poursuit puisqu'en octobre, British Airways indique dans un communiqué séparé avoir subi une baisse de 5,6% de ses passagers en octobre à 2,843 millions.

Cité dans le communiqué, le directeur général Willie Walsh a pourtant considéré qu'il s'agissait "d'une bonne performance dans des conditions d'exploitation incroyablement difficiles. Ce semestre restera dans les mémoires comme une des périodes les plus sombres jamais rencontrées".

La situation n'est qu'un peu moins mauvaise pour la première compagnie aérienne japonaise, Japan Airlines (JAL). Au premier semestre de son exercice 2008-2009, d'avril à fin septembre, le bénéfice d'exploitation a plongé de 46,6%  à 30,23 milliards de yens (242 millions d'euros). Le chiffre d'affaires a reculé de 6,1% à 1.076,6 milliards (8,59 milliards d'euros). Si le bénéfice net a été multiplié par cinq, à 36,67 milliards de yens (293 millions d'euros), c'est en raison de plues-values exceptionnelles.

Outre-Atlantique,  la première compagnie aérienne canadienne Air Canada s'est inscrite dans le rouge au troisième trimestre, plombé par le coût du carburant, et prévoit une réduction plus grande que prévu de sa capacité en 2008. La perte nette s'est établie à 132 millions de dollars canadiens (environ 110 millions de dollars américains), alors que le groupe avait enregistré un bénéfice de 273 millions de dollars au troisième trimestre 2007. Par action, la perte ressort à 1,32 dollar. Air Canada explique que son résultat a été plombé par une perte nette hors trésorerie de 93 millions de dollars canadiens liées à ses contrats de couverture sur le carburant et une perte nette de 87 millions de dollars liées à des effets de change. En ce qui concerne son résultat d'exploitation, la compagnie sort bénéficiaire, avec un bénéfice de 112 millions de dollars, tout de même divisé par plus de trois sur un an.
 

Pour l'ensemble de 2008, Air Canada a revu à la hausse ses prévisions de réductions de la capacité de son réseau. Désormais, cette capacité devrait baisser de 1% à 1,5% par rapport à 2007 et de 7% à 8% sur le seul quatrième trimestre. Ce mouvement devrait se poursuivre en 2009, avec une réduction de la capacité réseau "de l'ordre de 7% à 8%" au premier trimestre par rapport à un an plus tôt.

JAL souligne avoir réussi à réduire de 4% ses dépenses d'exploitation totales à 1.043,3 milliards de yens grâce à des mesures d'économie. Notamment pour compenser l'envolée de 21,8% de sa facture pétrolière à 251 milliards.

Pour l'ensemble de l'exercice, JAL confirme s'attendre à un bénéfice net de 13 milliards de yens, en baisse de 23,1%. Mais elle abaisse son objectif de bénéfice d'exploitation de 50 à 28 milliards de yens (-68,9% sur un an) et de 2184 à 2.093 milliards de yens pour le chiffre d'affaires (-6,1% sur un an) "en raison de la stagnation de la demande de transport aérien causée par le ralentissement de l'économie mondiale".

Même tendance morose pour une autre grande compagnie aérienne asiatique Singapour Airlines (SIA) qui a annoncé jeudi une chute de 36,2% de son bénéfice net au deuxième trimestre (de juillet à fin septembre) de son exercice, de 508 à 324 millions de dollars de Singapour (170 millions d'euros), un peu inférieur aux attentes. Le chiffre d'affaires a crû de 9,4% à 4,38 milliards de dollars de Singapour. Les coûts ont bondi de 20,3% à 4,15 milliards de dollars en raison d'une hausse des prix du carburant. "La crise financière mondiale et la faible confiance des consommateurs ont pesé sur le transport aérien, selon SIA. Malgré le maintien des réservations pour le prochain trimestre, il y a des signes de ralentissement au delà de cette période".

Le cas British Airways prouve que si l'Amérique et l'Asie sont touchés par la crise, le transport aérien souffre aussi en Europe. Mercredi, le groupe aérien Scandinavian Airlines System (SAS), à la recherche d'une alliance ou d'une fusion, l'avait déjà montré en annonçant après celle du deuxième trimestre une nouvelle perte nette au troisième trimestre de 2,005 milliards de couronnes suédoises (202 millions d'euros) contre un bénéfice de 701 millions un an plus tôt, le crash à Madrid le 20 août d'un McDonnell Douglas-82 de sa filiale Spanair qui a fait 154 morts et 18 blessés, lui ayant coûté sur la période 1,95 milliard de couronnes. La perte opérationnelle  a atteint 1,66 milliard contre un bénéfice de 529 millions en 2007. Le chiffre d'affaires était stable (+0,35%) à 16,365 milliards.

Face à la crise, il n'y a pas de petites économies. Air France vient de le prouver en annonçant, comme le Parisien l'avait révélé, qu'elle allait instaurer un supplément de 50 euros en classe économique pour les six sièges situés près des issues de secours des avions, plus confortables, sur les vols longs courriers, une mesure déjà mise en place sur les vols à destination de l'Amérique du Nord et du Canada depuis la mi-septembre. Le supplément ne s'appliquera pas aux passagers disposant des cartes de fidélité Flying Blue et Gold Platinum.

 

 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
pas de commentaire à faire, j'ai 88 ans et je n'ai jamais pris l'avion. D'ailleurs c'est quoi un avion ?

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