British Airways en passe d'arracher le brésilien TAM à Lufthansa

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L'annonce ce jour de l'entrée dans Star Alliance, l'alliance de Lufthansa, de trois compagnies d'Amérique latine (Avianca, Taca et Copa) semble officialiser le départ de TAM de ce regroupement pour celui de British Airways, Oneworld. La fusion entre TAM et Lan (membre de Oneworld) est effective depuis ce vendredi. Un mouvement qui pourrait pousser Lufthansa à racheter le portugais TAP Portugal, puissant sur le Brésil.

Qui de Oneworld ou de Star Alliance attira en son sein le nouveau géant du ciel sud-américain qui vient de naître de la fusion entre la compagnie chilienne Lan Chile et son homologue brésilienne TAM, effective depuis ce vendredi ? La première est membre de Oneworld depuis 2000, soit quasiment depuis l'origine de cette alliance créée en 1999 et qui compte aujourd'hui 11 transporteurs dont American Airlines, Japan Airlines Cathay Pacific, Qantas, et le couple British Airways-Iberia réunis tous deux dans le holding International Airlines Group. La seconde, TAM, est le pilier sud-américain de Star Alliance (Lufthansa, United, Singapore Airlines...) depuis son adhésion en mai 2010, trois mois seulement avant l'annonce du processus de rachat de TAM par Lan. A l'époque, la proximité de ces deux annonces pouvait laisser penser que le couple Lan-Tam choisirait Star Alliance. Au moment de son entrée dans Star, Tam était forcement déjà en discussions avec Lan.

TAM ne peut pas être dans la même alliance qu'Avianca, Taca, Copa

Et pourtant, l'annonce, également ce vendredi de l'entrée d'Avianca (Colombie), de Taca (Salvador) et de Copa (Panama) dans Star Alliance devrait pousser Tam dans le camp de Oneworld. Car, lorsqu'elle s'était prononcée sur la fusion entre Tam et Lan, l'autorité de la concurrence chilienne avait indiqué que le couple Lan-Tam, ne pouvait pas être dans la même alliance que celle d'Avianca, Taca et Copa. Baptisé Latam, le colosse sud-américain devrait donc aller chez Oneworld. A l'assemblée générale de l'association internationale du transport aérien (Iata), qui s'est tenue mi-juin à Pékin, plusieurs sources à la fois chez Star Alliance et Skyteam avaient décrit ce scénario.


Lan en position de force

L'ancienneté de Lan a visiblement joué. En 12 ans, la compagnie chilienne a eu le temps de nouer des relations beaucoup plus approfondies avec ses partenaires de Oneworld que TAM avec ses compères de Star Alliance. De fait, changer d'alliance pourrait être plus compliqué pour Lan Chile.En outre, selon un observateur, Lan souhaitait conserver ses relations avec Iberia pour ses vols vers l'Espagne (et Iberia aussi ; un partenariat qu'elle aurait dû abandonner si la compagnie chilienne avait choisi Star Alliance. Lan était en position de force dans ce dossier. C'est elle qui achète TAM et non l'inverse.

British Airways en position de force

Les répercussions seront importantes pour Lufthansa et British Airways. Très faible aujourd'hui au Brésil, la compagnie britannique va se retrouver en position de force sur le plus gros marché d'Amérique du Sud. Avec Iberia, très forte sur l'ensemble de l'Amérique latine, le couple BA-Iberia va prendre le leadership dans cette partie du monde en pleine croissance. Si l'on tient compte des positions très fortes de BA sur l'Atlantique Nord, Iberia et BA vont dominer tout l'axe transatlantique.

Lufthansa pourrait acheter le portugais TAP, puissant sur le Brésil

A l'inverse, Lufthansa est la grande perdante de l'opération. Très faible en moyens propres, la compagnie allemande devra accélérer l'ajout de capacité sur le Brésil. Outre l'obligation de trouver une allié au Brésil (la colombienne Avianca a pris une participation dans Ocean Airlines pour créer Avianca Brasil), Lufthansa pourrait être obligée de racheter la portugaise TAP Portugal, également dans Star Alliance, mise en vente par l'état portugais. En effet, en raison des liens historiques entre le Portugal et le Brésil, TAP Portugal est très puissant sur le Brésil.


 

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a écrit le 20/10/2012 à 13:39 :
Il s'agit là d'un mariage de raison donc le résultat sera un règne sans partage en Amérique du Sud. La migration vers oneworld semble logique vu l'implantation de TAM à Miami et New York JFK permettent la distribution des passagers sur les vols AA. En Europe ça va être un peu plus compliqué car Londres Heathrow est congestionné et TAM n'aura pas accès au Terminal 5 qui concentre le gros des opérations de British Airways - sans compter la frilosité des officiers d'immigration anglais vis-à-vis les passagers en provenance d'Amérique du Sud, et Madrid Barajas, hub Iberia même si idéalement localisé n'offre pas un large choix de correspondances qui peuvent avoir Paris CDG et Frankfurt, sans compter que depuis quelques années les autorités espagnoles semblent mener la vie dure aux touristes brésiliens passant par Madrid ce qui a conduit le gouvernement brésilien à prendre des mesures dans le même sens envers les touristes espagnols arrivant au Brésil.
De toute façon TAM ne pourra pas intégrer oneworld dans l'immédiat après son départ de la Star Alliance qui demande un délai d'à peu près un an avant d'intégrer une nouvelle alliance.
a écrit le 22/06/2012 à 17:19 :
TAM aura aussi accés préférentiel aux hubs American Airlines dans Oneworld. L'Europe c'est de l'amusement par rapport au marché US. Rien que sur Miami qui est un aéroport AAmerican, vous pouvez prendre un vol direct TAM pour de nombreuses villes du Brésil. Dorénavant avec le code-share dans Oneworld, Miami et Dallas (autre hub AA) vont devenir de vraies aéroport d'éclatement pour des vols TAM vers de nombreuses villes US en utilisant le réseau AAmerican. D'ailleurs AA viens d'annoncer la mise en service de son nouveau 777-300ER sur Dallas-Sao Paulo et JFK-Sao Paulo. C'est énorme pour une compagnie US.
a écrit le 22/06/2012 à 14:34 :
Il serait surprenant que Lufthansa achète TAP qui est "réservé" à Air France. L'achat de ces petites compagnies par IAG préfigure des recompositions sur les "gates" qui permettront à chacun d'être servi. Air France vise également une compagnie au Japon.
Réponse de le 22/06/2012 à 15:39 :
Et ils payent avec quoi AF? trop endetté pour emprunter, et cours trop bas pour une ope
Réponse de le 22/06/2012 à 15:56 :
Le titre le moment voulu remontera. La question est de savoir quel sera ce moment.
D'autre moyens existent : augmentation de capital, entrée d'un partenaire, vente d'avions, intégration d'Alitalia...
Réponse de le 22/06/2012 à 16:37 :
le temps qu'ils se redressent, tout sera vendu...
Réponse de le 22/06/2012 à 17:02 :
On paie avec les économies futures réalisées sur le personnel, en recapitalisant avec un nouvel actionnaire qui sera rentré dans le tour de table à cette occasion et en attendant que la crise fasse son oeuvre en faisant baisser les tarifs. Nous allons rentrer dans une période favorable aux rachats de compagnies aériennes .
Réponse de le 22/06/2012 à 22:33 :
C est sur, af à un milliard peut être acheté par n importe qui

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