La bataille des tramways de Moscou se durcit pour Alstom

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Moscou annule un appel d'offres pour 120 tramways rapide d'une valeur de 300 millions de dollars. Alstom partait grand favori. Le groupe français devra repartir à zéro avec de très sérieux concurrents : Bombardier et Siemens

L'agence fédérale antimonopole russe a annulé en fin de semaine dernière un appel d'offres qui avait présélectionné seulement deux constructeurs de tramways : le Citadis d'Alstom et « UKVZ », un obscur constructeur provincial russe. L'appel d'offres avait été présenté la 10 août par la mairie de Moscou pour 120 tramways rapides. Les partenaires industriels russes de Bombardier (UVZ) et de Siemens (Sinara) avaient protesté contre leur exclusion, soulignant que les autorités de Moscou avaient établi un cahier des charges trop vague. Ni le nombre de portes équipant chaque wagon, ni les équipements de déneigement - une prérogative pourtant indispensable en Russie - n'étaient précisés. Sinara a estimé que l'exclusion du concours était « illégale » a déposé un recours auprès de l'agence fédérale antimonopole. Cette dernière a rejeté cette demande, mais a toutefois exigé de la ville de Moscou qu'elle reformule un cahier des charges détaillé, à la suite de quoi un nouvel appel d'offres sera lancé. Signe que le lobbying intense exercé par les groupes industriels Sinara et UVZ a eu le résultat escompté.

Les délais étaient trop courts

Alstom refuse de commenter les raisons de l'échec, mais un porte-parole du groupe en Russie souligne qu'Alstom « va évidemment participer au futur appel d'offres de Moscou ». Sinara et UVZ se sont déclaré satisfaits du report, qui leur donne plus de temps pour formuler une offre. En effet, les délais posés par la mairie de Moscou étaient très courts : 24 tramways devaient être livrés dès 2013 et la totalité l'année suivante.

Alstom était depuis longtemps dans les starting-blocks avec son Citadis. Un exemplaire avait été envoyé à Moscou en février dernier pour y être présenté au maire de la capitale Sergueï Sobianine. D'autre part, Alstom est allié avec TMH, le principal constructeur russe de matériel roulant ferroviaire. Lesquels ont formé une coentreprise à parité, TramRus, pour l'occasion. La localisation d'une partie de la production est une condition primordiale pour les autorités russes.

Alstom convoite aussi Saint-Pétersbourg

Moscou exploite actuellement 970 tramways, pour la plupart obsolètes, bruyants et extrêmement lents, sur un réseau de 400km. La capitale, comme la totalité des grandes villes russes, souffre d'une congestion catastrophique des transports urbains. Alstom convoite aussi le marché de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, où la municipalité envisage de renouveler son parc de 800 tramways.

 

 

 

 

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a écrit le 21/08/2012 à 18:04 :
Algérie...Plus de six milliards de dollars pour réaliser 14?tramways dans les grandes villes Oo
http://www.tsa-algerie.com/economie-et-business/plus-de-six-milliards-de-dollars-pour-realiser-14-tramways-dans-les-grandes-villes_21869.html
Russie....Moscou annule un appel d'offres pour 120 tramways rapide d'une valeur de 300 millions de dollars. Alstom partait grand favori Oo
14 tramways pour 6 milliards de dollars en Algérie !!!!!
120 tramways pour 300 millions de dollars en Russie !!!!!
Réponse de le 21/08/2012 à 18:39 :
Il faut comparer ce qui est comparable. En Russie il s'agit de fourniture de matériel roulant uniquement, les voies de roulement existant déjà, alors qu'en Algérie, il s'agit de création ex nihilo
a écrit le 21/08/2012 à 15:11 :
Les gars, pensez à amener de grosses valises si vous voulez décrocher le contrat :-)
a écrit le 21/08/2012 à 13:05 :
La transparence n'a jamais été de règle en Russie, mais Bombardier et Siemens ont obtenu gain de cause. Bien grand leur fasse, mais il faut savoir travailler vite et bien, même si les délais sont très courts. A mon sens, Alstom reste quand même favori. Ils ont su mettre le paquet et présenter dans les délais une offre en adéquation avec les attentes du client. Pour le client, ça vaut de l'or. Bravo à l'équipe Alston, voilà de vrais pros !
Réponse de le 21/08/2012 à 15:38 :
A lire les 2 premières lignes, ils ne passent absolument pas pour des pros mais plutôt pour une entreprise qui a réussi à se mettre le contrat en poche grâce aux relations de son partenaire local.
J'espère qu'Alstom choppera le contrat, mais si on avait remplacé son nom par Siemens, m'est avis que vous seriez monté au créneau...
Réponse de le 21/08/2012 à 15:41 :
@Tartarin: parce que c'est vrai que chez nous, les dessous de table ne sont que des légendes :-)
Réponse de le 21/08/2012 à 15:52 :
@Moroit: bof, c'est vrai que c'est tellement plus facile de critiquer ce qui se fait chez les autres que de sa battre sur le terrain pour que cela s'arrête chez nous. Par exemple, quelqu'un peut-il me citer un pays (en dehors de la France) où un type condamné pour abus de biens sociaux peut accéder au poste de ministre d'État et maire d'une grande ville ?
Réponse de le 21/08/2012 à 16:47 :
Vraiment? Etrange comme les français peuvent être anti-français !!! Vous pensez donc que s'ils ont réussi, c'est qu'ils ont triché ? Cher Monsieur, à l'export, il faut toujours se battre !!! J'en sais quelque chose, je travaille sur les marchés internationaux depuis plus de 20 ans. Le moins que l'on puisse dire est que les français n'y brillent pas, tant ils sont absents. Mais s'ils gagnent, je dis bravo. Pourquoi laisser la place libre aux allemands. Quant à Siemens et Bombardier, ce sont d'excellentes entreprises que je respecte beaucoup... Vous n'avez guère compris.

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