Syphax, un Ovni dans le ciel tunisien

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Un A319 de la compagnie tunisienne Syphax Airlines / DR
Un A319 de la compagnie tunisienne Syphax Airlines / DR
Fondée au lendemain de la révolution, la jeune compagnie aérienne privée étoffe son offre et prévoit une introduction en bourse début 2013.

En cette période de désarroi politique alors que l'économie s'enlise depuis la révolution, Syphax airlines est un peu un Ovni dans le ciel tunisien. Fondée en 2011 par Mohamed Frikha, la petite compagnie aérienne basée à Sfax poursuit son développement depuis son premier vol en avril dernier  : une liaison Tunis-Tripoli vient d'être ouverte et le vol vers Paris-CDG passe à un rythme quotidien à partir du 28 octobre.

Dotée d'une flotte de deux airbus A319, baptisés Horreya (Liberté) et Karama (dignité), Syphax Airlines qui dessert le Maroc, la France et la Turquie vise une clientèle tunisienne et étrangère sur un marché où cinq concurrents opèrent déjà. "Je suis convaincu qu'il y a une place à prendre pour une compagnie hybride entre les compagnies régulières de référence et les low costs : nous proposons des services de qualité, à un prix compétitif en vertu d'un management à bas coût", explique Mohamed Frikha, l'actionnaire majoritaire aux côtés de Telnet, la société d'ingénierie et de conseil dans les haute technologies créée en 1994 et qu'il dirige aussi.

Tunisair entrave le décollage de Syphax

Lancée avec un capital de 10 millions de dinars tunisien (5 millions d'euros) augmenté récemment à 12,5 millions, la société prépare son introduction en bourse pour début 2013. Sur le tarmac, Syphax a connu des difficultés au démarrage. En avril, Tunisair handling, société publique qui gère les enregistrements et les bagages, a refusé d'opérer des vols de la petite compagnie sur l'aéroport de Tunis-Carthage et à Djerba, faute d'autorisations en bonne et due forme explique-t-on. Un accord commercial a finalement été trouvé permettant à Syphax de bénéficier des mêmes services que les compagnies étrangères. Plus récemment, les syndicats de Tunisair ont annoncé la semaine dernière dans un communiqué leur refus de "l'octroi d'autorisations d'exploitation supplémentaires de l'aéroport Tunis-Carthage aux transporteurs Transavia (filiale d'Air France, ndlr) et Syphax".

Pour son PDG, ces frictions sont dû à "l'apparition de la concurrence" dans un secteur très protégé et largement monopolistique. Installée dans la deuxième ville du pays, d'où son PDG est originaire, Syphax emploie 150 personnes. Les critiques de "régionalisme" fusent régulièrement à l'encontre de la petite compagnie. Un reproche surprenant alors que le pays souffre de graves déséquilibres régionaux et qu'il a été question un temps pour Tunisair de supprimer son vol Sfax-Paris. Pour Mohamed Frikha : "les aéroports à Sfax, à Gabès peu exploités. Il est nécessaire de développer ces infrastructures si l'on veut créer une dynamique économique dans ces zones et encourager les échanges avec l'extérieur".

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Commentaires
a écrit le 24/01/2013 à 12:30 :
Un OVNI au sens le plus large qui disparaitra un jour!!!!!!Le transport aérien est trop compliqué pour les prédateurs!!!
a écrit le 29/10/2012 à 21:42 :
la compagnie peut être super bonne
c'est le pay qui est devenu flippant
a écrit le 29/10/2012 à 13:11 :
Il peuvent boursicoter, on ne va plus en vacances en Tunisie, même l'hôtel et le billet d'avion gratuit.
a écrit le 29/10/2012 à 8:08 :
Excellente Compagnie, excellents services, qui fait peur aux syndicats et aux 15000 salariés de Tunisair.
Ceux-ci voudraient conserver un monopole complètement dépassé et refusent la concurrence.
Quand à Air France, elle est totalement dépassée sur cette destination, en raison de ses tarifs non compétitifs et de son hub de Roissy, plus difficile d'accès qu'Orly.

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