Déconfiture de Fret SNCF : et en plus les concurrents avaient des bâtons dans les roues.

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L'Autorité de la concurrence a infligé une amende de 60,9 millions d'euros à la SNCF pour des pratiques anticoncurrentielles qui ont fait obstacle à l'entrée de nouveaux opérateurs sur le marché du fret ferroviaire ouvert en France depuis 2006.

Il ne manquait plus que cela pour Fret SNCF. Une amende corsée de 60,9 millions d?euros pour avoir mis des bâtons dans les roues à l?entrée de nouveaux acteurs sur le marché français, libéralisé en avril 2006. Depuis, une vingtaine d'opérateurs parmi lesquels ECR, Europorte, Colas Rail et la filiale de la SNCF, VFLI, circulent sur le réseau et se partagent environ 30% du marché. « La concurrence en France s?est donc installée plus vite que dans aucun autre marché en Europe », assure la SNCF. « 8 des 13 griefs notifiés ont été écartés. Sur les 5 pratiques retenues, 4 relèvent pour l?essentiel de comportements individuels et isolés », se défend la direction.

En dix ans le chiffre d'affaires s'est effondré de 80%
Déjà mal en point avant leur arrivée, l?activité fret a poursuivi sa dégringolade malgré différents plans de redressement. Il y a une vingtaine d?années, les pertes s?élevaient déjà à 400 millions d?euros pour un chiffre d?affaires proches de 2 milliards (1,8 milliard d?euros). Dix ans plus tard, les pertes sont toujours quasiment aussi élevées (300 millions) pour un chiffre d?affaires qui, lui, s?est effondré de 80%, autour du milliard d?euros. Et encore une bonne partie du trafic fret de la SNCF correspond à du transport pour la SNCF. Qu?est-ce que cela aurait été si les concurrents n?avaient pas eu d?obstacles pour accéder au marché ?

Des faits graves
Les faits reprochés à la SNCF sont qualifiés de "graves" par l?Autorité et ont généré, selon elle, un "dommage certain" à l'économie du secteur. Selon l'Autorité de la concurrence, qui a rendu cette décision mardi, "la SNCF a mis en oeuvre des pratiques visant à empêcher ses concurrents d'accéder à des capacités ferroviaires indispensables à leur activité", a-t-elle expliqué. Certaines pratiques anticoncurrentielles sont toujours en vigueur selon l'Autorité de la concurrence, qui a relevé une seconde infraction concernant la politique tarifaire. "La SNCF a pratiqué des prix très bas auprès de certains clients et sur certains trafics, des prix inférieurs à ses coûts dans le but de conserver ses positions et d'empêcher artificiellement ses concurrents de pénétrer le marché", a-t-elle indiqué.

Connaissance des programmes des concurrents
C?est Euro Cargo Rail, filiale fret de la Deutsche Bahn (DB), qui a porté l?affaire en déposant plainte en 2009. Le fait que la SNCF soit gestionnaire d'infrastructures délégué (via sa branche SNCF Infra) pour le compte de RFF a titillé l?Autorité. Car à ce titre, elle recueille au moment des demandes d'attribution de créneaux de circulation des trains (sillons) "des informations sensibles et confidentielles concernant la stratégie et les intentions commerciales de ces concurrents". Selon l?Autorité, des perquisitions effectuées à la SNCF pendant la procédure ont montré que la branche fret de l'entreprise publique, SNCF Geodis, "a eu accès à des informations confidentielles de ce type et les a utilisées dans son propre intérêt commercial. La SNCF a réagi. « Les faits concernent uniquement la période 2006-2008. depuis une direction autonome en charge de la circulation ferroviaire (DCF) a été créée. Elle assure seule les demandes de traitement des sillons avec des garanties de confidentialité ».

 

 

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Commentaires
a écrit le 20/12/2012 à 22:29 :
Et pendant ce temps les cheminots d'une gare de triage dans le Rhône jouent aux cartes tous les après-midi...Hé oui ce sont les "jeunes" qui bossent l'après-midi car c'est "leur tour"... Les "anciens" se reposent car lorsqu'ils sont rentrés à la SNCF, il y a quelques années, eux aussi ils ont travaillé dur!
Ces propos sortent de la bouche d'un employé toujours en fonction...
Le fret s'écroule à la SNCF? Etonnant!
a écrit le 18/12/2012 à 21:20 :
Au delà de cette affaire où la SNCF sort affaiblie en plein débat sur l'avenir du ferroviaire Français il est quand même cocasse de rappeler que derrière la plainte déposée par ECR ... il y a l'opérateur de la SNCF Allemande : RAILLION c'est à dire DB ! ( vive l'Europe ! ) En cette guerre économique où TOUT EST PERMIS ,la part du ferroviaire continue inexorablement son déclin ! Cette "stratégie" d?anéantissement est un "SUCCÈS" ! DÉSOLÉ pour l'environnement, DÉSOLÉ pour la saturation des routes, DÉSOLÉ pour les pollutions (air,bruit,...), DÉSOLÉ pour les accidents DE LA ROUTE, DÉSOLE pour la collectivité qui en sort également affaiblie, ...
Le virage technologique n'a jamais été opéré dans le FRET ferroviaire comme pour le TGV.Les libéraux de Bruxelles nous ont fait croire que la dérégulation et la déréglementation étaient LA VOIE ! "ILS" n'ont pas compris que le ferroviaire est et doit rester INTÉGRÉ avec des règles qui ont été patiemment construites pendant 150 ans ! Quant à la dimension syndicale qui attise les commentaires , doit-on rappeler que l'orientation de ces dernières années dans le FRET ferroviaire a été décidée par la SNCF et son unique ACTIONNAIRE qui est l?État ! (les mêmes qui ont fait les deux GRENELLES de l?environnement...) .Ce ne sont pas les syndicats qui ont ABANDONNE les MILLIARDS DE TONNES à la route mais celles et ceux qui ont élaboré la "stratégie" d'une Entreprise ferroviaire désormais orientée vers la ROUTE (après l'épisode de FRET ce sera au tour du transport de personnes en commençant par "ID BUS"...) .C'est comme si vous rendez RESPONSABLES les salariés de CITROEN Aulnay de la déconfiture actuelle de PSA ! Un peu de pudeur et surtout de lucidité économique !
Réponse de le 19/12/2012 à 5:41 :
Bien sur la responsabilité de la déconfiture du fret est multiple mais les syndicats ont leur part et pas la plus minime car les grèves à répétition la fermeture à toute évolution de leur métier ont particpé fortement à cette situation. Le pb des syndicats et plus particulièrement la CGT, que j'ai pratiqué, est le manque de vision du commerce. On peut toujours crier, pardon vociférer, contre toute évolution mais le monde bouge et seule la France reste droite dans ses baskets??? Autre exemple d'actions syndicales génératrices de chômage et de déconfiture devant les grèves à répétition du port de Marseille tout une partie du fret est parti vers d'autres cieux qui ne bloquent pas les marchandises, car tout blocage a un effet dévastateur sur le plan financier d'une entreprise.La SNCF meurt à petits feux et les actions syndicales à répétition ouvrent un boulevard à la concurrence. Restera, malgré les dires des syndicalistes, sur la viabilité de cette entreprise l'Etat c'est à dire le contribuable citoyen et entrepreunarial pour faire face aux échéances de la SNCF. Le déclin du ferroviaire est en marche depuis au moins 20 ans par une manque de vision du monde économique des syndicalistes qui vivent dans la bulle du rail de la moitié du XIX siècle.
Réponse de le 28/12/2012 à 3:05 :
Réponse à BIOMAN...
Le frêt est compétitif et remplit ses objectifs économiques au service des producteurs qui l'ont choisi comme mode de livraison, ainsi qu'aux consommateurs qui bénéficient de coûts de livraison moins élevés... Pourquoi ce qui est possible dans d'autres pays européens ne l'est pas en France ? Vous l'êtes-vous demandé seulement une fois ? Ailleurs, les heures d'arrivée et les durées de trajets sont prévisibles, car il n'y a pas d'arrêts ou de ralentissements imprévus (dûs à Sud-Rail? à la CGT ?)... Ailleurs, les coûts de frêt sont compétitifs sur les longues distances face au transport rotiers (car il n'y a pas de sureffectifs ou d'absentéisme masqué pour peser sur les coûts)...Ailleurs, il y a une souplesse d'emploi qu'interdisent le syndicats de cheminots... Et ce serait pire encore si l'Europe n'avait pas introduit un peu de concurrence dans le secteur...
Faut sortir de votre village gaulois, Monsieur "BIOMAN", sinon même Astérix (à Londres) et Obélix (en Belgique) n'y reviendront pas: payer tant d'impôt pour si peu d'efficacité d'un entreprise publique au service de l'économie nationale, à quoi bon..! Les syndicats français, à peine 7 à 8% des travailleurs français, surtout implantés dans le secteur publique font décidément tout pour saboter le travail et la productivité des travailleurs français du secteur privé: A cet égard, FO et SUD jouent peut-être un rôle encore plus nuisible que la CGT...

a écrit le 18/12/2012 à 17:46 :
la cgt a gagnee mission accomplie monsieur THIBAULT bonne retraite
a écrit le 18/12/2012 à 17:33 :
il est ou camarade THIBAUD....

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