Air France-KLM révise à la baisse ses objectifs et plonge en Bourse

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(Crédits : reuters.com)
Le groupe a revu à la baisse mardi son objectif d'excédent brut d'exploitation pour 2014 alors que le groupe entrevoit des surcapacités dans son réseau sur fond de difficultés persistantes au sein de son activité cargo et pâtit du blocage de 290 millions de dollars de recettes au Vénézuéla. L'action perdait 5,61% à 13 heures.

Après Lufthansa le 11 juin, Air France-KLM revoit à la baisse ses prévisions de résultats. Le groupe aérien envisage de dégager cette année un Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement), non plus de 2,5 milliards d'euros comme annoncé en février dernier mais d'un montant compris entre 2,2 et 2,3 milliards d'euros, sauf choc économique imprévu. En 2013, l'Ebitda d'Air France-KLM s'était établi à 1,86 milliard d'euros, pour un un bénéfice d'exploitation de 130 millions d'euros (contre une perte de 336 millions d'euros en 2012).

Le groupe visait une hausse d'Ebitda de 645 millions en 2014

Le groupe présidé par Alexandre de Juniac visait une amélioration de ses résultats en 2014, notamment une hausse de 645 millions de son Ebitda, à 2,5 milliards d'euros. Selon les prévisions en début d'année du nouveau directeur financier, Pierre-François Riolacci, cette amélioration devait provenir des économies sur des mesures déjà engagées (entre 300 et 400 millions) d'une baisse de la facture carburant de l'ordre de 100 millions et des initiatives commerciales (plus de 200 millions).

"Sans constituer une rupture de tendance, le trafic de passager de juin publié aujourd'hui et les réservations pour juillet et août reflètent une situation de surcapacité qui affecte les 'yields' (recettes unitaires, NDLR) sur certaines lignes long-courrier, notamment l'Amérique du nord et l'Asie", écrit le groupe dans un communiqué.

"Les avertissements sur résultats pour des surcapacités mettent sous pression les compagnies aériennes" ont noté les analystes de Bank of America-Merrill Lynch."Après Dart Group, Aer Lingus ou Lufthansa, c'est au tour de Air France-KLM ce matin", ce qui met en exergue "la pression des surcapacités en Asie et en Amérique du Nord", ont-ils ajouté.

290 millions de dollars de recettes bloquées au Vénézuéla

"Cette évolution s'ajoute à la faiblesse persistante de la demande de cargo et à la situation difficile au Vénézuéla déjà identifiées au premier trimestre », explique Air France-KLM qui souligne que cette destination était "extrêmement rentable" avant que la compagnie ne soit contrainte de réduire ses capacités de près de moitié en raison d'un litige sur la dette contractée par le gouvernement de Caracas auprès des compagnies aériennes.

Au total, "290 millions de dollars de recettes sont stockées là-bas" dans l'attente d'un accord sur le taux de change retenu pour les rapatrier dans les comptes du groupe franco-néerlandais. En vertu du contrôle des changes en vigueur au Venezuela depuis 2003, les compagnies aériennes sont contraintes de facturer leurs ventes en bolivars, la monnaie nationale non convertible à l'étranger, le gouvernement s'engageant à leur verser des dollars en échange. Mais, face à la fonte de ses réserves en devises, l'État est à la peine et tente d'imposer des remboursements au rabais.

Impact sur le bénéfice net

Le groupe, qui publiera ses résultats semestriels le 25 juillet, confirme toutefois vouloir ramener sa dette nette à 4,5 milliards d'euros en 2015, contre 6,5 milliards en 2012. L'an dernier, le groupe avait décalé à 2015 cet objectif initialement prévu fin 2014. Fin 2013, la dette nette s'établissait 5,3 milliards fin 2013.

Pour les analystes de Bank of America-Merrill Lynch, "cet abaissement de l'Ebitda pourrait faire voler en éclats les attentes concernant le bénéfice net", alors même que le groupe fait "face à la concurrence de EasyJet sur les liaisons courtes et à celle de Etihad sur les longues et que les deux transporteurs font des offres considérées par beaucoup comme meilleures avec un prix plus bas".

L'action d'Air France-KLM décrochait de 5,61% à 13 heures à la Bourse de Paris, pénalisée par la révision à la baisse de ses ambitions financières pour 2014.

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Commentaires
a écrit le 10/07/2014 à 11:39 :
Peut être aussi du au boycott car Air France a des pratiques commerciales archaïques : elle est la dernière compagnie à envoyer des singes inutilement vers les laboratoires
a écrit le 08/07/2014 à 14:18 :
Un simple problème de coûts..

La masse salariale d’air France est trop élevée à 5,3 G€ par an pour environ 70 000 salariés, ce qui nous fait 75 000 € par tête (avant charges) soit un chiffre très au dessus de la moyenne nationale. Les salaires délirants du personnel naviguant, en particulier des pilotes qui peuvent toucher plus de 20 000 €net par mois en fin de carrière n’y sont évidemment pas pour rien (c’est deux à trois fois plus que pour un pilote aux USA).
Mais comme il y a assez peu de chance qu’une réforme énergique ne permette d’aligner les coûts de personnel d’air France sur la réalité du marché, il est logiquement assez probable que notre chère (entendre onéreuse..) compagnie nationale finisse comme la SNCM : en faillite.
Réponse de le 08/07/2014 à 16:15 :
Heureusement que votre commentaire n'a aucune incidence sur la suite de l'histoire. Tout mettre sur le dos des salariés est une analyse un peu simpliste. J'espère que vous faites autant de zèle avec votre patron pour qu'il baisse votre salaire, toutefois si vous travaillez. J'en doute, moi à 14 heures j'étais au boulot.
Réponse de le 08/07/2014 à 16:16 :
"c’est deux à trois fois plus que pour un pilote aux USA". D'ou tenez-vous vos chiffres ? Les pilotes d'Air France ont des salaires équivalents à ceux des autres "Major" : compagnies américaines, Lufthansa, British ou compagnies du Golf.

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