Des efforts de productivité contre un plan de croissance de 5 à 6% par an. C'est ce que veut proposer le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, aux salariés du groupe pour le nouveau plan stratégique qui débutera 2015, au moment où le Plan Transfom s'achèvera, fin 2014. Ce dernier va certes permettre au groupe de baisser les coûts unitaires de 10% par rapport à 2012 (soit 4 centimes au siège kilomètre offert), mais il reste insuffisant.
Même si, selon Alexandre de Juniac, le plan Transform "replace Air France-KLM à des niveaux de compétitivité comparables à ceux de ses pairs", IAG, maison-mère de British Airways et d'Iberia et de Lufthansa affichent encore une meilleure performance opérationnelle. Au premier trimestre 2014, le plus difficile pour le secteur en raison de la saisonnalité, IAG a, en effet, enregistré une perte d'exploitation de 150 millions d'euros (contre 278 millions un an plus tôt), Lufthansa de 245 millions (contre -359 millions) et Air France-KLM de 445 millions (contre 532 millions).
"L'amélioration de la compétitivité est indispensable, car les concurrents venus d'Asie et des pays du Golfe continuent "d'avancer extrêmement vite (…) Je veux proposer un contrat de compétitivité de croissance". Autrement dit, demander des efforts de productivité aux salariés en leur garantissant une croissance de l'activité (en fait de l'offre mesurée en sièges kilomètres offerts) de 5 à 6% par an, le rythme de croissance du trafic aérien.
Selon Alexandre de Juniac, la croissance offre des perspectives en termes en termes de carrières, d'amélioration des conditions de travail tout en permettant de recruter des jeunes et de distribuer des résultats aux actionnaires, lesquels ne doivent pas espérer de dividendes avant la fin de l'exercice 2015, soit à l'assemblée générale 2016.
Si Alexandre de Juniac estime que le redressement du groupe sera achevé fin 2014, deux gros dossiers, le cargo et le court et moyen-courrier, ne sont toujours pas réglés.
La réduction de la flotte tout cargo à 10 avions en 2015 (contre 25 il y a quelques années) sera insuffisante.
Sur le moyen-courrier, la restructuration d'Air France est plus longue qu'espérée. La rentabilité du réseau court et moyen de point-à-point est aujourd'hui prévue d'ici à 3 ans. Lors de l'annonce du plan Transform en janvier 2012, l'équilibre était prévu fin 2013. En juin dernier, Alexandre de Juniac avait déjà indiqué que cet objectif n'était pas tenable, sans pour autant donner de calendrier sur un retour aux profits. Alors que l'offre d'Air France sur cette partie du réseau diminue fortement, le PDG d'Air France-KLM veut développer Transavia pour "établir les bases d'une low-cost paneuropéenne au-delà de la France et des Pays-Bas".
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Les actionnaires ont par ailleurs voté à plus de 94% en faveur de la distribution gratuite d'actions aux salariés. Ce plan reflète la volonté de la direction d'associer les salariés aux résultats du plan de restructuration et de renforcer leur fidélité. Les actions distribuées seront des actions existantes. L'attribution sera décidée par le conseil d'administration sur la base des propositions du comité de rémunération.
Le nombre maximum ne pourra représenter plus de 1% du capital social au cours d'une même année et sera plafonné à 2,5%. La régularité des vols, la satisfaction du client, la progression du résultat d'exploitation seront autant de conditions d'attribution.
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En outre, Air France-KLM va proposer une augmentation de capital réservée aux salariés du groupe, voire aux retraités, dans la limite de 2% du capital social. Détenant près de 7% du capital, les salariés pourraient ainsi grimper à 8-9% du capital du groupe.
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