Absorber la croissance du trafic aérien passera par le numérique

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Au Paris Air Forum, le 21 juin, de gauche à droite, Philippe Crébassa, directeur général adjoint de l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC), Angela Gittens, directrice générale de l'ACI World, Philippe Mabille, directeur de la rédaction de La Tribune, Alexandre de Juniac, directeur général de l'IATA, Maurice Georges, directeur des services de la navigation aérienne à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Au Paris Air Forum, le 21 juin, de gauche à droite, Philippe Crébassa, directeur général adjoint de l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC), Angela Gittens, directrice générale de l'ACI World, Philippe Mabille, directeur de la rédaction de La Tribune, Alexandre de Juniac, directeur général de l'IATA, Maurice Georges, directeur des services de la navigation aérienne à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). (Crédits : J3G / La Tribune)
[ PARIS AIR FORUM ] L'aviation commerciale est promise à une croissance telle que le trafic des passagers va doubler tous les 15 ans. Cela nécessitera donc de passer une nouvelle étape dans la digitalisation du trafic aérien. Une table ronde du Paris Air Forum avec Alexandre de Juniac (IATA), Angela Gittens (ACI World), Maurice Georges, (DGAC), et Philippe Crébassa, (ENAC).

On le sait, avec une croissance de 4 à 5% par an, et même de plus de 6% ces trois dernières années, le nombre de passagers transportés va encore doubler d'ici une quinzaine d'années.

« Nous allons approcher les 8 milliards de passagers contre 4,1 milliards en 2017, soit plus que la population de la terre », observe Alexandre de Juniac, directeur général de l'IATA, l'association qui réunit la plupart des compagnies aériennes mondiales.

Il était venu débattre sur ce sujet au Paris Air Forum, avec un panel bien fourni : Angela Gittens, directrice générale de l'ACI World (une organisation qui représente les grands aéroports mondiaux), Maurice Georges, directeur des services de la navigation aérienne à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), et Philippe Crébassa, directeur général adjoint de l'École nationale de l'aviation civile (ENAC), qui forme les pilotes de ligne.

Réduction des émissions de CO2 et engorgement du trafic, le double défi

Les crises, qu'elles soient géopolitiques ou économiques ne sont souvent que des « anicroches », selon le mot d'Alexandre de Juniac. La croissance repartant de plus belle après. Le secteur est confronté à un double défi puisqu'il s'est aussi engagé sur le plan environnemental à avoir une croissance neutre au point de vue des émissions de CO2, en divisant par deux la pollution générée par le trafic entre 2005 et 2050.

« Si nous n'investissons pas dans de nouvelles infrastructures aéroportuaires, et dans les nouvelles technologies pour optimiser le trafic, l'industrie va perdre des dizaines de milliards de dollars à cause de l'engorgement des aéroports », avertit Angela Gittens.

« Il va falloir former plus de 600.000 pilotes" en 20 ans

Selon ACI World, le retard moyen dans le ciel européen pourrait passer de 29 minutes par passagers à environ 2h30. L'organisation a créé une task force sur la gestion du trafic aérien qui devrait rendre ses premières conclusions d'ici fin 2018. Il y a aussi le défi des ressources humaines.

« Il va falloir former plus de 600.000 pilotes dans les 20 prochaines années pour absorber la croissance du trafic », note Philippe Crébassa (ENAC).

L'école d'ingénieurs, qui compte 3.000 élèves, a noué plusieurs partenariats à l'international notamment avec l'aéroport de Hong Kong, signé au Paris Air Forum.

Franchir le "mur" capacitaire

« Il y a un vrai enjeu de transition numérique. Il y a 25 ans, nous avons passé avec succès le "mur" capacitaire en investissant dans de nouveaux équipements, dans les autoroutes du ciel et Eurocontrol. Mais là, il faut à la fois embaucher des contrôleurs, et créer un système interopérable entre quelques grands acteurs industriels », analyse Maurice Georges.

Le programme européen Sesar, visant à moderniser la gestion du trafic aérien, est une avancée importante pour tous. En France, dont le système de contrôle aérien vient d'être sévèrement critiqué par un rapport sénatorial, un programme de modernisation de 2 milliards d'euros sur la période 2011-2025 est en cours.

La stratégie de la fourmilière

« Nous sommes à mi-chemin, et deux des cinq centres ont été modernisés », ajoute Maurice Georges. Dans ce contexte, les algorithmes d'intelligence artificielle devraient jouer un rôle central pour faire progresser l'industrie, notamment pour la simulation en 3D, la réalité virtuelle et augmentée.

Une startup, InnovATM, était d'ailleurs venue présenter une solution à base d'IA pour optimiser les trajectoires des avions. Son algorithme fonctionne sur le principe d'une colonie de fourmis, où le parking avion représente le nid et les pistes représentent la nourriture, et ainsi, il calcule le trajet le plus court entre le parking et la piste d'envol.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2018 à 22:52 :
On n"a pas fini d'avoir des problèmes avec le numérique! Le numérique était censé nous éviter les déplacements inutiles!
a écrit le 27/06/2018 à 22:49 :
On n"a pas fini d'avoir des problèmes avec le numérique!

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