Aéroports : comment la reconnaissance faciale et le big data vont limiter les files d'attente

 |   |  758  mots
(Crédits : Reuters)
Contrôles de sûreté, vérification des passeports, embarquement... Tous les acteurs de l'aéroport s'accordent à dire qu'ils peuvent mieux faire. Et comptent sur des innovations technologiques pour y parvenir.

Imaginer, un jour, arriver à l'aéroport et franchir toutes les étapes jusqu'à votre avion en quelques minutes et sans la moindre interaction avec des employés de la compagnie aérienne, des agents de sûreté et des polices aux frontières. Ce scénario futuriste n'est peut-être pas aussi éloigné qu'il ne le semble. Il a été évoqué vendredi 14 juin par Marc Houalla, le directeur de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, lors du Paris Air Forum organisé par La Tribune.

Sans aller aussi loin, tous les acteurs concernés, réunis autour d'une table ronde sur le "smart airport", s'accordent à dire qu'ils peuvent mieux faire pour fluidifier les flux de passagers et limiter les files d'attente au départ et à l'arrivée des vols. Pour y parvenir, ils comptent sur le big data, l'analyse d'immenses quantité de données aidant à la prise de décision, et sur la biométrie, en particulier sur la reconnaissance faciale.

"Pour les passagers, deux étapes restent difficiles: le poste d'inspection-filtrage et le passage à la police aux frontières", reconnaît Frédérique Gely, adjointe au sous-directeur de la sûreté et de la défense de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Et de rappeler que deux données importantes doivent être prises en compte: la croissance du nombre de passagers et les menaces terroristes qui pèsent sur le transport aérien.

"Le régime européen de contrôle des frontières s'est durci, ajoute Fernand Gontier, directeur central de la Police aux Frontières. C'est une vraie contrainte, mais elle produit des résultats".

Dans ce contexte, l'enjeu consiste à "réconcilier la fluidité des passagers avec le besoin de sûreté", estime Frédérique Gely. Au contrôle de sécurité, cela s'est par exemple traduit par le déploiement de scanners de chaussures qui permettent aux passagers de ne plus se déchausser. Aux frontières, les aéroports parisiens se sont équipés l'an passé de sas "Parafe", intégrant une technologie à reconnaissance faciale, capable de vérifier l'identité en quelques secondes.

L'apport de la biométrie

De fait, la biométrie semble être la solution la plus efficace pour limiter les files d'attente, en permettant aux passagers de prendre un vol sans aucune aide extérieure. En fin d'année, un test sera d'ailleurs lancé dans les aéroports parisiens.

"La biométrie permet d'accélérer toutes les étapes, souligne Sergio Collela président de Sita Europe, entreprise spécialisée dans les échanges de données entre les acteurs du transport aérien. Par exemple, elle réduit le temps d'embarquement de 40%".

Pour autant, le déploiement de la reconnaissance faciale reste encore limité, en France comme à l'étranger.

"La problématique est moins technologique que réglementaire", souligne Sergio Collela. "Pour mener notre expérimentation qui va durer entre trois et quatre mois, il nous fallu un an et demi de discussions avec la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés, ndlr)", regrette Marc Houalla, le patron de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.

Pour Frédérique Gely, ces difficultés s'expliquent par deux questions majeures: la protection et la sécurisation des données personnelles. Mais les choses avancent. "Il y a quelques années, nous n'aurions même pas pu prononcer le mot reconnaissance faciale", estime la responsable de la DGAC. Autre signe encourageant: "dans l'aérien, les gens préfèrent effectuer une tâche en libre service plutôt que de passer par un contrôle", note Sergio Collela. "Demain le passager participera au contrôle aux frontières chez lui ou dans l'avion", veut ainsi croire Fernand Gontier.

Big data

ADP espère aussi mettre à profit le big data pour mieux anticiper les flux, et ainsi renforcer son efficacité. "Aujourd'hui, nous avons des bases de données au sein de nos aéroports qui ne se parlent pas entre elles, reconnaît Marc Houalla. Si on arrive à les lier et à les exploiter en temps réel, nous serions capables d'anticiper le nombre de passagers qui se présenteront sur chaque étape, ce qui permettra à chacun des intervenants de mettre le bon nombre d'employés". Au-delà de l'anticipation, "il faut une meilleure collaboration", estime Fernand Gontier. "La police aux frontières doit être associée aux aménagements aéroportuaires", préconise-t-il. Un constat partagé par ADP. "On a un peu de mal à travailler ensemble", concède Marc Houalla. Une carence  que la technologie seule ne pourra pas régler.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/07/2019 à 13:23 :
"La biométrie permet d'accélérer toutes les étapes"

Et augmenter les risques... En matière de sécurité, comme dans de nombreuses autres matières, rien ne vaut l'oeil et le cerveau humain bien formés.
a écrit le 05/07/2019 à 12:34 :
Pour limiter les files d'attente, il faut limiter le nombre de passagers, le nombre d'avions, de destinations. Le transport aérien de masse, de surcroît en Low-cost est un hérésie, un non sens économique ET écologique...tant que le moyen de propulsion sera lié au pétrole.
Réponse de le 05/07/2019 à 13:25 :
Vous avez raison ! Permettre à de la populace sans moyen d'accéder au transport aérien - enfin : à des avions de la compagnie Bétail Air - est une injure à tous ceux qui paient le juste prix de l'aérien. Il n'est pas normal que des compagnies proposent des billets à quelques dizaines d'euros lorsque l'on connaît le coût réel d'un passager. Qui paye la différence ? L'ensemble des contribuales lorsque l'état est actionnaire de certaines cies pratiquent cette détestable politique du low-cost, mais aussi les vrais passagers dignes de ce nom qui payent le prix pour prendre des avions qui sont autre chose que des wagons à bestiaux. Mais quand on paye du low-cost, ce serait encore plus scandaleux d'avoir autre chose que ce genre de bétaillères. L'aérien est comme tout le reste : les bagnoles, la malbouffe... Quand on ne veut ou on ne sait pas payer le prix, faut pas donner l'impression qu'on peut de payer de la qualité. Le low-cost, c'est toujours de la mer..., dans tous les domaines. Et il est regrettable que ce genre de plèbe encombre autant les aéroports que les couloirs aériens !
Réponse de le 05/07/2019 à 16:21 :
Effectivement : les vols low-cost n'ont rien à faire dans le ciel. Ils encombrent les couloirs aériens et polluent l'air que nous respirons. Il faudrait interdire les cies et vols low-cost et ne pas faire croire à un populo sans le sou qu'il,peut s'offrir à la fois l'avion et des vacances qu'il ne mérite pas. Que ce populo tracte sa caravane brinquebalante avec sa citroën ou sa renault et aille s'avachir à plouc-les-bains, et y faire griller ses merguez et ses chipolatas industrielles et donc de bas de gamme. Réservons l'aérien à celles et ceux qui peuvent et veulent payer le juste prix du billet. Et bénéficier de cies dignes de ce nom. Cela fera beaucoup moins de populace sans cervelle ni éducation dans les aéroports (première bonne nouvelle !) et beaucoup moins de pollution dans l'air (deuxième bonne nouvelle)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :