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Air France fait décaler la mise en service du Terminal 4 de Roissy à 2028

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 25 janvier 2019 à 14:30 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:02

T4 CDG

T4 CDG

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Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Alors que l'ancienne direction d'Air France poussait pour avoir une première tranche du Terminal 4 en 2024, la compagnie, sous l'impulsion du nouveau DG canadien d'Air France-KLM Ben Smith, préfère disposer d'une nouvelle infrastructure complète en 2028, comme ADP l'a toujours prévue. Ceci afin d'éviter des difficultés opérationnelles et de qualité de service entre 2024 et 2028. En effet, le schéma 2024 ne prévoyait qu'une zone d'embarquement. Par ailleurs, Ben Smith s'est dit intéressé par une extension...

Menée par la Commission nationale du débat public (CNDP) entre le 12 février et 12 mai, la concertation préalable sur le projet de construction du Terminal 4 de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle promet d'être animée. Plusieurs centaines de collectivités locales et les différentes parties prenantes vont ainsi débattre sur ce projet colossal de 8 à 9 milliards d'euros, qui permettra d'augmenter progressivement la capacité d'accueil de Roissy de 35 à 40 millions passagers supplémentaires au cours des 20 prochaines années. Et d'absorber ainsi un trafic aérien qui devrait atteindre en 2037 entre 107 et 126 millions de passagers, contre 72,2 millions l'an dernier. D'une capacité équivalente à l'aéroport d'Orly, ce Terminal 4 permettrait de pousser les capacités maximales de l'aéroport de Roissy à 120 millions de passagers, contre 80 millions estimées jusqu'ici.

Pas de nouveau terminal pour les JO 2024

Le calendrier des différentes étapes du projet a quelque peu bougé. L'an dernier encore, une première tranche de ce terminal était prévue pour ouvrir peu avant les Jeux Olympiques de Paris en 2024 afin de répondre aux demandes de développement d'Air France. Aujourd'hui, l'arrivée de Ben Smith à la tête d'Air France-KLM a chamboulé le programme. Si le dossier de concertation du projet de construction du Terminal 4 évoque une mise en service des premières installations "à une date à préciser à partir de l'été 2024", et s'il y aura bien des travaux pour des accès routiers ou des "aires avions" qui seront construits à ce moment-là, Air France et ADP sont tombés d'accord pour une mise en service en 2028.

"Nous ne livrerons d'infrastructure visible pour le passager qu'à l'horizon 2028. A un moment, nous avions envisagé d'autres solutions, qui étaient dégradées au niveau de leur performance opérationnelle et de la qualité de service. En travaillant avec les compagnies, et notamment avec le directeur général d'Air France-KLM, nous avons trouvé un accord pour commencer à livrer le terminal en 2028", a expliqué ce vendredi Edward Arkwright, le directeur général exécutif d'ADP, lors d'un point presse.

Ben Smith revient sur les travaux de l'ancienne direction

Pourquoi un tel décalage? Air France a, en fait, repoussé le besoin de nouvelles capacités aéroportuaires, non plus en 2024 comme c'était le cas du temps de l'ancienne direction, mais à 2028. La compagnie estime d'une part qu'en optimisant son programme de vols et les installations actuelles de Roissy, voire en ajoutant quelques infrastructures légères (des portes d'embarquement, des points de parking...), la croissance du trafic prévue permet d'attendre 2028, date de l'ouverture d'une infrastructure complète du Terminal 4, laquelle a toujours été prévue par ADP en 2028. Par infrastructure complète, on entend des zones d'enregistrement, des postes de contrôle, des zones d'embarquement et un système de liaisons automatiques des passagers et des bagages reliant le Terminal 4 aux terminaux 2E et 2F (le système de correspondances actuel d'Air France ou hub).

La plupart de ces fonctions n'ont jamais été envisagées dans un schéma d'ouverture d'une première tranche du terminal en 2024. Seule figurait une zone d'embarquement, entraînant une logistique compliquée pour les transferts de passagers et des bagages entre les terminaux 2E-2F et le Terminal 4. Notamment des transferts en bus. Ben Smith n'en a pas voulu : incompatible avec sa stratégie de montée en gamme. Le Canadien préfère disposer d'une infrastructure complète en 2028 plutôt qu'une première tranche limitée en 2024, synonyme de conditions dégradées pour les passagers pendant quatre ans.

"2028, c'est son échéance [de Ben Smith, Ndlr] cela tombe bien, c'est la nôtre aussi", a déclaré Edward Arkwrigth.

Stratégie d'optimisation des infrastructures actuelles

Ce schéma passe donc par une phase d'amélioration des infrastructures actuelles. D'une manière générale, Roissy va récupérer de la capacité avec l'ouverture du terminal 2B d'ici à 2020, et devra, selon certaines sources, construire des "petits bouts" d'infrastructures (des portes d'embarquement, par exemple), pour tenir jusqu'en 2028.

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Pour autant, selon nos informations, il existe un "plan B" si d'aventure le trafic devait s'avérer plus important que les 2% à 3% de croissance annuelle prévue par ADP jusqu'à 2028, d'ailleurs jugées "prudentes" par Edward Arkwright. Il passerait par le retour au schéma initial, mais pour 2026, avec des transferts sous-terrains vers les terminaux 2E et 2F en véhicules autonomes.

Ben Smith intéressé par l'extension du Terminal 2

L'arrivée de Ben Smith ne se traduit pas uniquement par la modification du calendrier des différentes étapes du Terminal 4. Mardi, lors de son audition à l'Assemblée nationale, le Canadien a sorti de son chapeau un élément nouveau dans le dossier, jamais évoqué jusqu'ici, du moins publiquement. S'il a évidemment parlé du Terminal 4, il a fait état d'une "deuxième option", qui  l'intéressait également : celle de poursuivre l'extension du terminal 2E vers l'Est en construisant une nouvelle zone d'embarquement. Baptisés "Satellite 5", cette infrastructure s'inscrirait dans la continuité des satellites "3" et "4" du terminal 2E, qui peuvent accueillir chacun autour de 8 millions de passagers par an.

"Nous soutenons la croissance de capacités prévue par ADP. Nous comprenons qu'il faut une étude environnementale majeure et nous la soutenons. Nous souhaitons veiller à ce que l'ensemble des options pour la meilleure méthode d'augmentation des capacités à Roissy restent ouvertes pendant cette phase. Pour l'instant il y a deux options majeures sur la table : celle de bâtir un terminal substantiel, et une autre option qui nous intéresse aussi, celle de l'extension des terminaux 2E-2F actuels. Il y a S3 et S4 [des zones d'embarquement du terminal 2E, Ndlr], nous considérons la possibilité d'un S5", a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale.

En fait, Ben Smith n'oppose pas les deux options. Il cherche plutôt à ne pas se laisser enfermer dans la seule option du Terminal 4 et à garder la possibilité de réactiver à tout moment une autre option en cas de retard dans les travaux notamment.

C'est un peu le sens de son courrier envoyé le 16 janvier au Pdg d'ADP, Augustin de Romanet, que La Tribune s'est procuré. S'il a assuré qu'Air France soutiendra le lancement d'une concertation sur ce projet de Terminal 4, à condition que ses attentes soient partagées, Ben Smith a ajouté :

"En attendant de valider la performance de ce projet par une analyse détaillée, je vous demande d'inclure dans le dossier de concertation une alternative de déploiement vers l'Est des infrastructures actuelles avec un terminal -scénario de type S5- moins capacitif-, mais permettant de reporter au-delà de 2028 le besoin du Terminal 4 pour Air France et ses partenaires."

L'hypothèse de l'extension vers l'Est a été inscrite dans le dossier de concertation, sans toutefois mentionner le "S5".

Un satellite 5 au Terminal 2 obligerait à détruire le Terminal 2G

Pour autant, un tel satellite 5 ne serait pas sans poser de problème puisqu'il se situerait sur l'emplacement du Terminal 2G, pour les avions régionaux d'Air France, terminal qu'il faudrait détruire.

"Le Terminal 2G a une capacité de 4 millions de passagers, le S5, cinq millions. Ce scenario est dégradé par rapport au scénario de référence parce que les ressources de capacités sont largement inférieures mais avec des difficultés de réalisation assez proche d'une première phase d'un Terminal", a expliqué Edward Arkwrigth, précisant que l'on "ne pourrait pas aller au-delà vers l'Est (...).

Ce dernier a réitéré sa confiance sur la capacité d'ADP à livrer le Terminal 4 à l'échéance prévue et avec les fonctionnalités prévues.

Par ailleurs, si le débat sur le design du terminal est mis entre parenthèses pendant la concertation, il est encore loin d'être achevé.

À lire également

  • ADP prépare le terminal 4, la dernière grande aérogare de Roissy
  • Choix du futur terminal 4 de Roissy : les compagnies aériennes en colère
  • Retoqué sur ses redevances, ADP revoit l'augmentation de ses tarifs à la baisse
  • Roissy CDG : un nouveau terminal (colossal) est prévu dans 10 ans (PDG d’Aéroports de Paris)

Lire ici : Choix du terminal 4 de Roissy : les compagnies aériennes en colère

Fabrice Gliszczynski

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