Corse : « Si la desserte de service public changeait de délégataire, ce ne serait pas sans dommages importants » (Luc Bereni, Air Corsica)
Propos recueillis par Jean-Marc Rafaelli
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"Air Corsica est une compagnie française, parfaitement à jour, contrairement à d'autres, de ses devoirs sociaux et fiscaux français", tacle Luc Bereni.
Dans le cadre de l’appel d’offres relatif à la desserte aérienne de service public entre la Corse et le Continent, qui concerne les lignes vers Nice et Marseille et Paris-Orly, pour quatre ans à compter du 1er janvier 2024, Air Corsica joue gros face à Volotea, un concurrent low-cost coriace. La compagnie régionale pèse 700 emplois et autant de familles. Sûr de ses forces, son président se montre serein.
LA TRIBUNE - Pour assurer la desserte de service public entre la Corse et le Continent, Volotea a fait une offre deux fois inférieure à la vôtre. Êtes-vous confiant, malgré tout, pour que l'Assemblée de Corse vous attribue le marché ?
LUC BERENI - Je n'ai pas le montant des autres offres. Les nôtres, en tout cas, sont faites en fonction des prévisions de recettes et de la réalité de nos coûts qui, dans le secteur, ont explosé et ne feront qu'augmenter dans les années qui viennent. Tout ce qui a trait à l'énergie coûte très cher, l'inflation a frappé tous les postes de dépenses de la compagnie, enfin, et c'est un débat, l'aérien est soumis à une pression fiscale et une taxonomie environnementale énormes.
Avez-vous dû vous résigner à baisser votre offre globale ?
Tout ce que je peux dire, c'est qu'elle a évolué à la baisse au fil des séances de négociations. Entre l'offre initiale et l'offre révisée, le montant de notre demande de compensation est inférieur à cahier des charges constant.
Qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement de Volotea ?
Je ne ferai aucun commentaire sur Volotea. Je vais parler d'Air Corsica qui est une compagnie atypique dans le ciel européen. Elle a été créée à dessein en 1989 pour assurer le service public. Elle relève de la volonté de l'Assemblée de Corse de l'époque, fraîchement élue, de maîtriser ses transports et la meilleure façon était de détenir les moyens de production, avions et équipes, en créant une compagnie régionale qui avait aussi pour effet bénéfique de générer des retombées économiques et sociales pour le territoire.
Avec le recul du temps, personne ne viendra me contredire si je dis qu'Air Corsica a rempli sa mission, à la fois en termes de mobilité pour les insulaires et pour les visiteurs, ce qui constituait sa raison d'être, mais aussi en termes de valeurs pour la Corse. Un commandant de bord d'Air Corsica, pour ne prendre que cet exemple, vit et consomme en Corse avec sa famille tout au long de l'année...
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