Qatar Airways, les tentations protectionnistes, l'interdiction des ordinateurs à bord : ce qui se dit à l'AG de l'IATA

Fabrice Gliszczynski, à Cancun

Fabrice Gliszczynski, à Cancun
Même si quelques régions du monde comme l'Afrique restent toujours en difficulté financière, le transport aérien mondial se porte bien. Certes, les résultats devraient être inférieurs à ceux de l'an dernier, ils restent néanmoins solides, et les prévisions financières ont même été revues à la hausse par rapport aux dernières estimations établies en décembre. Pris dans leur globalité, les compagnies aériennes devraient dégager en 2017 un bénéfice net de 31,4 milliards de dollars, une performance, qui sera donc inférieure à celle observée l'an dernier (34,8 milliards) mais meilleure que celle envisagée en décembre (29,8 milliards).
Mais les questions sur la santé financière des compagnies n'étaient pas au cœur des conversations des membres de l'Association internationale du transport aérien (IATA, réunis en assemblée générale ce lundi à Cancun. En coulisse, celles-ci tournaient au contraire sur la mise au ban du Qatar par les plusieurs pays du Golfe et l'Arabie saoudite (ces derniers accusant le Qatar de soutenir le terrorisme) et les conséquences sur l'activité de Qatar Airways.
Présent dimanche à Cancun, notamment pour le dîner organisé par Boeing, Akbar Al Baker, le Pdg de Qatar Airways est rentré au Qatar dès lundi. Une actualité imprévue pour l'IATA qui ne s'est pas étendue sur le sujet.
De manière plus officielle, les conversations portaient sur les risques pour le secteur de la mise en place de mesures protectionnistes mais aussi sur les menaces américaines d'étendre l'interdiction des ordinateurs en cabine mise en œuvre le 21 mars pour les passagers se rendant aux Etat-Unis au départ de 10 d'aéroports situés dans 8 pays arabes et en Turquie. Ceci en raison d'un risque d'attentats à l'explosif. La Grande-Bretagne leur avait emboîté le pas, prenant une mesure similaire limitée à 6 pays.
Le directeur général de l'IATA a par ailleurs déploré que la décision des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne d'interdire les tablettes et les ordinateurs en cabine ait été prise "sans consultation avec l'industrie et avec un très court délai d'application". Tout en exprimant sa "confiance" quant au sérieux des renseignements ayant motivé cette interdiction, il a pointé les risques que faisaient peser cette décision sur la relation de "confiance" entre les transporteurs et leurs passagers. En effet, l'IATA a constaté une baisse de trafic vers les Etats-Unis des compagnies du Moyen-Orient, "une première" selon Brian Pearce, le chef économiste de l'IATA.
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Selon Alexandre de Juniac, ces interdictions des ordinateurs et des tablettes en cabine vont se traduire pour les passagers par une perte de productivité estimée à 180 millions de dollars. Elle pourrait même atteindre 1,2 milliard de dollars si la mesure était étendue aux vols entre l'Europe et les Etats-Unis, à 2,5 milliards dans l'hypothèse d'une généralisation de cette mesure à l'ensemble des 100.000 vols quotidiens à l'échelle mondiale.
L'IATA a demandé la mise en place d'autres mesures. A court terme, l'association demande le renforcement de la détection à la porte d'embarquement, l'augmentation du nombre de profileurs et de chiens renifleurs, une intensification de la formation des agents de sûreté pour mieux repérer la menace, puis, à moyen terme, la mise en place de nouvelles technologies de détection d'explosifs, plus rapide et plus avancée. D'une manière générale, les compagnies veulent être associées aux gouvernements pour établir les mesures à prendre.
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La manière dont l'IATA a traité ce dossier a été saluée par le Pdg d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac. Ce dernier a "félicité" l'association "d'avoir posé le problème sur la table".
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