Air France-KLM veut muscler Transavia et participer à la consolidation du secteur low-cost

Fabrice Gliszczynski, à Munich

Fabrice Gliszczynski, à Munich
La lenteur et l'inefficacité jusqu'ici des négociations entre Air France et ses pilotes sur de nouvelles mesures de productivité à mettre en place n'ont pas fait dévier la direction d'Air France-KLM dans sa volonté de se développer fortement dans le low-cost en Europe, un marché qui croît de 8% par an. A la fois en développant son pôle à bas coûts, Transavia, composé de deux entités, Transavia France et Transavia Holland, mais aussi en étant à l'affût de toute opportunité permettant à Air France-KLM de participer à la consolidation du marché low-cost européen que prévoit la direction au cours des prochaines années.
Pour Alexandre de Juniac, participer à cette consolidation est "une priorité du groupe".
"A terme, d'ici à quatre à cinq ans, il ne devrait rester que 4 ou 5 grandes compagnies à bas coûts européennes", a-t-il ajouté.
De quelle manière ? "Toutes les possibilités sont sur la table, a répété deux fois Alexandre de Juniac, nous sommes très ouverts". Cela peut passer par des acquisitions ou des combinaisons d'actifs. L'an dernier, des rumeurs de presse avaient fait état de discussion avancées avec la compagnie hongroise Wizz Air.
S'il se réalise, le scénario d'Alexandre de Juniac promet de belles batailles capitalistiques. Outre Ryanair et Easyjet, et les trois filiales des trois géants Lufthansa, IAG et Air France-KLM (Eurowings, Transavia, Vueling), il reste encore dans le ciel européen de belles compagnies low-cost comme Norwegian, Wizz Air (aux carnets de commandes bien remplis) et encore 7 à 8 petites low-cost comme Volotea.
Reste à savoir qui dégainera le premier.
A cet éventuel scénario de consolidation du secteur s'ajoutera le plan de croissance de Transavia. Air France-KLM table sur un doublement du trafic de Transavia au cours des trois prochaines années, à 20 millions de passagers.
Pour y parvenir, le groupe entend augmenter la flotte de son pôle low-cost pour la porter à une centaine d'avions d'ici à trois ans (contre 69 à l'été 2016), répartis à raison d'une quarantaine d'appareils aux Pays-Bas et autant (voire un peu plus) en France, tandis que le reste serait affecté sur les bases européennes.
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Combien y en-aura-t-il dans trois ans ? Mystère. Alexandre de Juniac veut être pragmatique. Le groupe travaille sur de nouvelles opportunités ainsi que sur le développement de sa base de Munich qui, cinq jours seulement après le début des vols, affiche des résultats de trafic satisfaisants. Le 10.000e passager (en l'occurrence une passagère) a volé ce jeudi sur le vol Munich-Naples. Près de 200.000 réservations ont déjà été effectuées au cours des prochains mois malgré le déficit de notoriété dont souffre Transavia en Allemagne. De bonne augure pour atteindre l'objectif d'un million de passagers en 2016.
Le profil recherché pour les prochaines bases est le même que celui de Munich : l'absence d'une base low-cost concurrente ( à la limite une seule), une grosse zone de chalandise, à fort pouvoir d'achat.
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Reste à savoir qui de Transavia Holland ou de Transavia France va assurer cette croissance en Europe. Car si les pilotes de KLM ont signé avec la direction un accord permettant d'ouvrir des bases comme Munich, ceux du SNPL ne parviennent pas à s'entendre avec la direction. Résultat, sans accord, Transavia ne pourra pas se développer en Europe, mais aussi en province. Ceci alors que la croissance à Orly, un aéroport sur lequel Transavia est déjà la première low-cost, n'est pas extensible. D'ici à deux ans, Transavia n'aura plus d'opportunités de croissance à Orly en termes de créneaux horaires de décollage et de destinations.
Fabrice Gliszczynski, à Munich