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Après le veto de Bruxelles, Alstom renonce au projet de fusion avec Siemens

AFP

Publié le 06 février 2019 à 16:24 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:59

Henri Poupart-Lafarge, Alstom

Henri Poupart-Lafarge, Alstom

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Alstom n'a pas de "plan B" après le rejet de son projet de fusion avec l'allemand Siemens par la Commission européenne mais n'a pas besoin de relancer dans l'immédiat un projet de même nature, a déclaré ce mercredi 6 février le PDG du groupe français, Henri Poupart-Lafarge.

Le groupe français Alstom a annoncé ce mercredi 6 février qu'il renonçait à son rapprochement avec les activités ferroviaires de l'allemand Siemens pour "repartir de l'avant", après le veto de la Commission européenne. « Il n'y a pas de seconde chance pour Siemens. (...) Il est impossible de remettre sur la table le projet dans sa version actuelle », a indiqué à des journalistes le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

«Nous allons redéfinir avec les équipes, ensemble, dans le groupe, la meilleure façon de tirer partie du marché très positif que nous avons devant nous», a-t-il dit, estimant qu'il était encore«beaucoup trop tôt»pour annoncer une nouvelle feuille de route.«Nous avons un carnet de commandes de plus de 40 milliards (d'euros) à exécuter, les équipes sont largement occupées»et la direction va maintenant définir un nouveau plan stratégique, a noté le responsable.

Outre un faible endettement, « nous avons une situation de trésorerie très excédentaire, très positive », a relevé le patron d'Alstom.

«Nous avons tout à fait de quoi financer la stratégie 2025 que nous allons mettre en place, que ce soit en termes d'investissements internes, ou externes. Je n'ai absolument pas d'interrogation sur la capacité que nous aurons, une fois que nous l'aurons définie, à mettre cette stratégie en place, parce que nous avons la chance de bénéficier d'une situation financière extrêmement solide».

L'alliance avec Siemens avait "deux buts", a-t-il rappelé : grossir face à la concurrence du chinois CRRC, et « accélérer (le) mouvement vers les technologies digitales ». « Le concurrent CRRC reste là, la nécessité d'aller vers le digital reste là. Il faut que nous trouvions d'autres routes pour continuer notre expansion », a-t-il remarqué.

La décision "s'impose à nous"

Concernant un rapprochement avec un autre acteur, M. Poupart-Lafarge s'est montré très prudent : « Nous ne sommes pas dans un cas où nous devons absolument bouger, ou nous sommes dans un Monopoly d'acteurs. »

«Il n'y a pas de nécessité aujourd'hui de replonger, du tout, dans un projet tel qu'avec Siemens dans l'immédiat», a-t-il souligné, alors que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dit que le gouvernement allait réfléchir à d'autres "possibilités de consolidation pour Alstom".

La Commission européenne a officiellement mis son veto ce mercredi à l'union d'Alstom et Siemens Mobility malgré les pressions de Paris et Berlin qui espéraient créer un champion européen du rail. La commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé que les deux entreprises "n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence" soulevées par le gendarme européen qui réclamait des cessions - appelées "remèdes" -, dans la très grande vitesse et la signalisation.

«Nous ne comprenons pas totalement cette décision, mais elle s'impose à nous. La Commission a une façon très particulière de fonctionner : elle ne dit jamais ce qu'elle veut, elle ne dit que ce qu'elle ne veut pas», a observé Henri Poupart-Lafarge.«Rien ne dit que si on avait proposé autre chose, ça lui aurait plu», a-t-il dit.«Ma conviction, c'est que quoi qu'on ait proposé, la réponse aurait été négative !»

Concernant la technologie des trains à grande vitesse par exemple, « je ne suis pas sûr que la vocation d'un nouveau champion européen soit de céder sa technologie la plus en pointe à un acteur étranger », a-t-il pointé.

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En outre, « ce business n'existe pas » selon lui : les activités d'un constructeur ferroviaire étant intégrés, « il est juste impossible de déterminer un périmètre simple clair, très cohérent, d'une activité très grande vitesse au sein d'Alstom comme au sein de Siemens », a plaidé le dirigeant.

AFP

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