Après le veto de Bruxelles, Alstom renonce au projet de fusion avec Siemens

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Henri Poupart-Lafarge,  PDG du groupe Alstom.
Henri Poupart-Lafarge, PDG du groupe Alstom. (Crédits : Reuters)
Alstom n'a pas de "plan B" après le rejet de son projet de fusion avec l'allemand Siemens par la Commission européenne mais n'a pas besoin de relancer dans l'immédiat un projet de même nature, a déclaré ce mercredi 6 février le PDG du groupe français, Henri Poupart-Lafarge.

Le groupe français Alstom a annoncé ce mercredi 6 février qu'il renonçait à son rapprochement avec les activités ferroviaires de l'allemand Siemens pour "repartir de l'avant", après le veto de la Commission européenne. « Il n'y a pas de seconde chance pour Siemens. (...) Il est impossible de remettre sur la table le projet dans sa version actuelle », a indiqué à des journalistes le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

« Nous allons redéfinir avec les équipes, ensemble, dans le groupe, la meilleure façon de tirer partie du marché très positif que nous avons devant nous », a-t-il dit, estimant qu'il était encore « beaucoup trop tôt » pour annoncer une nouvelle feuille de route. « Nous avons un carnet de commandes de plus de 40 milliards (d'euros) à exécuter, les équipes sont largement occupées » et la direction va maintenant définir un nouveau plan stratégique, a noté le responsable.

Outre un faible endettement, « nous avons une situation de trésorerie très excédentaire, très positive », a relevé le patron d'Alstom.

« Nous avons tout à fait de quoi financer la stratégie 2025 que nous allons mettre en place, que ce soit en termes d'investissements internes, ou externes. Je n'ai absolument pas d'interrogation sur la capacité que nous aurons, une fois que nous l'aurons définie, à mettre cette stratégie en place, parce que nous avons la chance de bénéficier d'une situation financière extrêmement solide ».

L'alliance avec Siemens avait "deux buts", a-t-il rappelé : grossir face à la concurrence du chinois CRRC, et « accélérer (le) mouvement vers les technologies digitales ». « Le concurrent CRRC reste là, la nécessité d'aller vers le digital reste là. Il faut que nous trouvions d'autres routes pour continuer notre expansion », a-t-il remarqué.

Lire aussi : Bruxelles refuse la fusion entre Alstom et Siemens

La décision "s'impose à nous"

Concernant un rapprochement avec un autre acteur, M. Poupart-Lafarge s'est montré très prudent : « Nous ne sommes pas dans un cas où nous devons absolument bouger, ou nous sommes dans un Monopoly d'acteurs. »

« Il n'y a pas de nécessité aujourd'hui de replonger, du tout, dans un projet tel qu'avec Siemens dans l'immédiat », a-t-il souligné, alors que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dit que le gouvernement allait réfléchir à d'autres "possibilités de consolidation pour Alstom".

La Commission européenne a officiellement mis son veto ce mercredi à l'union d'Alstom et Siemens Mobility malgré les pressions de Paris et Berlin qui espéraient créer un champion européen du rail. La commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé que les deux entreprises "n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence" soulevées par le gendarme européen qui réclamait des cessions - appelées "remèdes" -, dans la très grande vitesse et la signalisation.

« Nous ne comprenons pas totalement cette décision, mais elle s'impose à nous. La Commission a une façon très particulière de fonctionner : elle ne dit jamais ce qu'elle veut, elle ne dit que ce qu'elle ne veut pas », a observé Henri Poupart-Lafarge. « Rien ne dit que si on avait proposé autre chose, ça lui aurait plu », a-t-il dit. « Ma conviction, c'est que quoi qu'on ait proposé, la réponse aurait été négative ! »

Concernant la technologie des trains à grande vitesse par exemple, « je ne suis pas sûr que la vocation d'un nouveau champion européen soit de céder sa technologie la plus en pointe à un acteur étranger », a-t-il pointé.

En outre, « ce business n'existe pas » selon lui : les activités d'un constructeur ferroviaire étant intégrés, « il est juste impossible de déterminer un périmètre simple clair, très cohérent, d'une activité très grande vitesse au sein d'Alstom comme au sein de Siemens », a plaidé le dirigeant.

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Commentaires
a écrit le 08/02/2019 à 1:19 :
La dernière solution, que l'un achète l'autre.
a écrit le 08/02/2019 à 0:03 :
Il va falloir faire des partenariats, et des montages savants dans des partis fiscaux. Bravo Juncker.
Sinon, quel cadeau au concurrent chinois qui imposera ses prix majorés à terme étant seul.
a écrit le 07/02/2019 à 21:10 :
M. Juncker offre donc le marché Européen aux Chinois ! Il va certainement ensuite leur offrir de déclarer leurs bénéfices au Luxembourg ! Comment dites vous "Rescrit-Fiscal" en....Chinois ? Vous en voulez toujours de cette Europe...là ????
a écrit le 07/02/2019 à 20:28 :
Une fois de plus cette commission Européenne a pris une décision déplorable au sujet de la fusion dont il est question dans cet article.
Que va-t-il se passer ! la Chine offrira son TGV au monde entier et nous fermerons la recherche et les usines Françaises et Allemandes. Je ne comprends pas comment les deux chefs d'état restent silencieux devant une telle erreur stratégique.
Honteux et scandaleux. Il est grand temps que les politiques prennent des décisions et leurs responsabilités face à des fonctionnaires dépassés par la géopolitique indispensable au vingt et unième siècle face au trois continents ( Chine, Etats Unis, Russie).
a écrit le 07/02/2019 à 9:52 :
Il est mensonger de promettre le plein emploi et la prospérité de tous les peuples européens avec les frontières commerciales ouvertes - Appliquons les idées de Maurice Allais "Lettre aux Français" Marianne 2009.

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