CMA CGM renforce ses liens avec la Chine

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Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, accueilli par Jacques Saadé, Pdg de CMA CGM.
Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, accueilli par Jacques Saadé, Pdg de CMA CGM. (Crédits : Laurence Bottero)
Le groupe marseillais, 3e armateur mondial en transport maritime de conteneurs, a profité de la présence du Premier ministre chinois, Li Keqiang, accompagné de notre ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius, pour signer deux accords économiques majeurs.

C'est ce qui s'appelle faire le buzz et, en matière économique, on peut dire que Jacques Saadé a fait fort. En recevant le Premier ministre chinois, Li Keqiang, dans sa gigantesque tour (145 mètres de hauteur) qui domine toute la rade de Marseille, le Pdg du groupe marseillais a donné une certaine emphase à la signature des deux partenariats économiques conclus l'un avec une banque, l'autre avec un grand groupe.

Un premier accord qui ouvre la porte de la "Nouvelle route de la Soie"

Il faut dire que les partenariats en question ne sont pas rien. Celui finalisé avec China Merchants vise ainsi à unir les forces des deux entités afin d'évaluer ensemble les opportunités d'investissements dans les ports et les infrastructures logistiques.

Surtout, l'intérêt de ce rapprochement stratégique est de positionner CMA CGM dans le cadre du projet "One Belt, One Road" qu'a décidé le gouvernement chinois et qui a pour ambition de redéfinir une nouvelle Route de la soie.

Un second accord qui offre des solutions de financement

Le second est un protocole d'accord conclu avec la banque chinoise Cexim et qui offre à CMA CGM l'opportunité de bénéficier de solutions de financement sous forme de prêts et/ou de garanties pour un montant de 1 milliard de dollars. Des solutions qui pourront être activées pour les futures commandes de navires et de conteneurs passées en Chine.

L'armateur est présent en Chine depuis 1992

Si la présence de Li Keqiang (accompagné pour l'occasion du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius mais aussi de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et surtout grand ami de l'Empire du Milieu) a forcément braqué les caméras et l'attention sur l'armateur français, il n'en reste pas moins que le coup de pub cache de vrais liens historiques.

En effet, comme Jacques Saadé se plaît à le raconter, c'est dès 1988 "[qu'il a] apprécié la détermination des Chinois à se développer", anticipant la place que prendrait, plus tard, le pays dans les échanges mondiaux. Et c'est en 1992 que l'entrepreneur décide de s'installer en Chine. Là-bas CMA CGM est connu sous le nom de Da Fei, autrement dit, "Celui qui va de l'avant".

Et pour aller de l'avant, il y va, Jacques Saadé. Avec son bras droit, son fils, Rodolphe, qui occupe le poste de vice-président directeur général délégué.

"Aujourd'hui les navires porte-conteneurs sont fabriqués dans deux endroits dans le monde, en Corée et en Chine. Et les tarifs pratiqués par les Chinois sont vraiment très bons", argumente-t-il.

De fait, CMA CGM - dont le chiffre d'affaires atteint 16,7 milliards de dollars pour 20.000 collaborateurs dans le monde - dispose là-bas de 74 bureaux, 71 lignes maritimes et emploie plus de 1.700 collaborateurs. Au total, la flotte compte 465 navires dont 79 en propriété.

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Commentaires
a écrit le 30/10/2015 à 0:09 :
Les secteurs du cosmétiques et de la mode sont ici des marchés très en vogues mais ils nécessitent de lourds investissements, un partenaire solide avec les bonnes entrées; une réputation internationale est donc nécessaire. Une stratégie qui est souvent utilisée par les entrepreneurs ici est de développer un service ou un produit et de le proposer exclusivement à la communauté expatriée. Et après quelques temps, le produit se construira une réputation et éventuellement trouvera ses entrées sur le marché local. C’est une stratégie plus longue mais nécessitant des investissements moindres.
http://www.ins-globalconsulting.fr/
a écrit le 02/07/2015 à 14:37 :
La route de la soie marche dans les deux sens. Pour le retour c'est du velours pour notre économie.

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