Enfin ! Trois jours après les rumeurs lancées par la presse italienne du dépôt d'une offre pour la reprise d'Alitalia en collaboration avec Easyjet, et au lendemain des propos en ce sens du ministre italien de l'Industrie Carlo Calenda, Air France-KLM a démenti avoir déposé une offre, après avoir refusé jusqu'ici de faire tout commentaire.
Le groupe Air France-KLM était obligé de sortir du bois après les déclarations ce vendredi de Carlo Calenda lors de l'enregistrement d'une émission pour la chaîne de TV La7,
"Cette offre d'EasyJet-Air France-KLM est l'une des trois offres sur la table, a-t-il dit, selon l'agence Reuters, ajoutant qu'il devait rencontrer lundi les administrateurs d'Alitalia qui ont reçu l'offre afin d'étudier les détails de cette proposition. Néanmoins, selon l'AFP, les propos de Carlo Calenda tenus dans la même émission étaient très confus puisqu'il confirmait une offre d'Air France-KLM aux côtés d'Easyjet tout en indiquant dans la foulée qu'il n'était pas sûr de la présence du groupe français....
De tels propos, officiels, avaient de quoi troubler. Car du côté d'Air France-KLM le discours étaient aux antipodes. Si officiellement le groupe ne faisait pas de commentaire, on expliquait volontiers en interne que la position d'Air France-KLM n'a pas évoluée depuis celle affirmée en mai dernier par le PDG du groupe, Jean-Marc Janaillac lors de l'assemblée générale.
"Je ne crois pas que l'expérience passée de KLM et d'Air France dans leurs rapports avec Alitalia nous incite à refaire l'expérience d'une présence directe en Italie d'autant plus que les parts de marché d'Alitalia en Italie, que ce soit en Europe et en long-courrier, sont très réduites et que nous pouvons capter le marché italien par nos hubs de Roissy et Schiphol", avait souligné, alors, le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, devant les actionnaires.
Interrogé vendredi par La Tribune, un administrateur d'Air France-KLM assurait ne pas être au courant d'une offre.
Difficile de comprendre les propos du ministre italien. Certains en interne à Air France pense qu'il agit ainsi pour pousser Lufthansa à réviser son le prix et à revoir ses prétentions à la baisse. Si tel est le cas, la tentative était puérile. Penser que Lufthansa allait s'assoir sur ses demandes et ajouter 200 millions d'euros dans la corbeille par peur de voir passer Alitalia chez Air France-KLM est un leurre. Aujourd'hui Lufthansa est en position de force. Et met la pression sur les Italiens. Le groupe allemand exige qu'Alitalia procède à une "importante" restructuration avant d'être rachetée, a écrit le président du directoire de la compagnie aérienne allemande dans une lettre consultée jeudi par Reuters. Ces propos vont à l'encontre des espoirs des autorités italiennes qui comptent désigner un repreneur avant les élections législatives prévues en mars.
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"Tout en reconnaissant les importantes mesures qui ont été prises jusqu'à présent (...), nous sommes convaincus qu'il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant que Lufthansa soit en mesure d'entrer dans la prochaine phase de la procédure", écrit Carsten Spohr dans un courrier adressé à Carlo Calenda.
Selon lui, la nouvelle compagnie aérienne restructurée devra avoir diminué en taille, tant au niveau des effectifs que de sa flotte.
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Alitalia compte environ 9.200 salariés à temps plein et 1.600 autres placés au chômage technique avec l'appui de l'Etat. Une source proche du dossier a déclaré en novembre à Reuters que Lufthansa proposait 250 millions d'euros pour reprendre l'essentiel de la flotte et la moitié des effectifs d'Alitalia."En conséquence, nous recommandons fortement et incitons en effet les administrateurs à commencer à mettre en oeuvre d'importantes mesures de restructuration qui seraient communes et bénéfiques à tous les repreneurs potentiels", écrit Carsten Spohr.
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