Entendus par Matignon, les taxis lèvent la grève

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Manuel Valls a annoncé aux taxis qu'une politique de contrôle pluridisciplinaire, pilotée par les préfets, serait mise en oeuvre dès la semaine prochaine dans les 12 départements les plus concernés par la concurrence déloyale.
Manuel Valls a annoncé aux taxis qu'"une politique de contrôle pluridisciplinaire", pilotée par les préfets, serait mise en oeuvre "dès la semaine prochaine dans les 12 départements les plus concernés par la concurrence déloyale". (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Le Premier ministre a appelé jeudi soir les taxis à "mettre fin au conflit" qu'ils mènent depuis trois jours, en annonçant un renforcement dans 12 départements des contrôles visant d'éventuelles violations de la loi par des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), accusés par les taxis de concurrence déloyale.

Seule une poignée d'irréductibles campaient encore Porte Maillot, dans l'ouest parisien, ce vendredi matin. La plupart des taxis ont en effet levé les barrières, suite à la réunion tardive, qui s'est déroulée de 20h30 à 23h30 environ à Matignon entre Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le secrétaire d'Etat aux transports Alain Vidalies, et l'ensemble des 17 organisations de taxis jeudi soir.

Lors d'une nouvelle réunion de près de trois heures avec les organisations professionnelles à Matignon, "le Premier ministre a indiqué aux fédérations des taxis que si la porte du gouvernement était toujours ouverte pour les écouter, il importait désormais de mettre fin au conflit, de rétablir un service de qualité pour tous les usagers, la liberté de circulation de tous et de trouver des solutions réalistes et durables", indique Matignon dans un communiqué.

Contrôles accrus dans 12 départements

Manuel Valls leur a annoncé que:

"Une politique de contrôle pluridisciplinaire", pilotée par les préfets, serait mise en oeuvre "dès la semaine prochaine dans les 12 départements les plus concernés par la concurrence déloyale".

Selon Matignon, il s'agit notamment de Paris et des trois départements de la petite couronne, et des départements des autres grandes villes de France: Rhône, Gironde, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Alpes-maritimes et Nord.

Déclarer tous les chauffeurs et véhicules

La loi adoptée en 2014 impose aux VTC de déclarer tous les chauffeurs et véhicules qui ont utilisé leur plateforme électronique.

"Pour faciliter les contrôles, un travail sera conduit par le secrétaire d'Etat aux Transports pour améliorer l'identification des véhicules de transport avec chauffeurs", précise Matignon.

Un suivi chaque semaine avec Laurent Grandguillaume

Et une réunion de suivi de ces contrôles aura lieu chaque semaine avec le nouveau médiateur du conflit, le député PS Laurent Grandguillaume, qui devra d'ailleurs rendre sa copie plus vite que prévu, d'ici la fin du mois de février.

"Des lettres de mise en demeure" à "une vingtaine de plateformes"

Le député de Côte d'Or a salué vendredi matin sur RTL le "plan d'action immédiat" du Premier ministre, qui va notamment se traduire par "des lettres de mise en demeure" à "une vingtaine de plateformes". Il a précisé qu'il recevrait "à nouveau les acteurs mardi prochain".

Le Premier ministre a notamment avancé l'idée de restreindre à une ou deux régions la zone géographique d'action des VTC, comme c'est le cas pour les taxis, tout en reconnaissant que cette mesure avait un risque d'anticonstitutionnalité.

Enfin, Manuel Valls a confirmé ce qui avait déjà été annoncé mardi, à savoir que des aides financières seraient mises en places pour les taxis les plus en difficulté. Il pourrait s'agir d'étalements fiscaux ou de cotisations sociales, a-t-il dit.

(Avec AFP)

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a écrit le 08/02/2016 à 12:18 :
sans défendre les taxis, il est quand même normal que l'on arrive à une taxation des revenus des VTC ! les plateformes participatives se sont engouffrées en force dans la brêche pour permettre aux chauffeurs de VTC d' échapper à l'impôt sur le revenu qui frappe toutes les professions dés le premier euro, et pas que les taxis...Il s'agit d'une injustice flagrante, un espèce de "travail au noir" qui ne peut être tolérée alors que le quidam moyen doit payer son IR sans discuter...
j'espère que le gouvernement décidera de mettre fin à cette injustice fiscale
a écrit le 29/01/2016 à 19:11 :
Heureusement qu'on est sous l'état d'urgence et que toute manif est interdite...

Comme quoi il vaut mieux être chauffeur de taxi à Paris que planteur de patate bio en Ardèche, au moins on ne se retrouve pas assigné préventivement en résidence.

Je n'ai pas de sympathie pour les excités du volant, mais La loi actuelle ne résout rien. Il est clair que ceux qui ont du acheter leur licence sont lésés par rapport aux UberVTC. Il faut en sortir en les indemnisant et ça pourrait très bien se financer par une taxe mensuelle sur le droit de maraudage payée par tout le monde (VTC et taxi).
Pour ce qui est du nombre de taxi, je suis pour la régulation naturelle des populations, avec un regard des préfectures.
a écrit le 29/01/2016 à 16:44 :
Ils croient en la parole de Valls ??

Il leur a dit qu'il allait faire appliquer la loi. Mdr
a écrit le 29/01/2016 à 15:19 :
Et moi qui croyait qu'on les entendait deja trop!!!!!!!
a écrit le 29/01/2016 à 13:54 :
En tout cas ce qui est certain, c'est que cette grève comme celle de l'an dernier sont des coups de pubs énormes pour les VTC comme Uber. J'ai moi même découvert l'appli l'an dernier pendant la grève. Le plus terrible pour les taxis, c'est qu'une fois qu'on a goûté à la qualité d'un VTC, on ne veut plus jamais remonter dans un taxi...
a écrit le 29/01/2016 à 12:35 :
Et le contrôle des taxis ?
Le service des taxis est lamentable à Nice, comme ailleurs en France.
Arrivée à 22h30, les chauffeurs de taxis (plus de cinq) ont refusé de nous prendre pour le centre ville de Nice, en nous disant que la course était trop courte. Ils préféraient Monaco. Ceci est hors la loi.
Gérons comme au Canada, aux Etats-Unis ou en Allemagne, avec un/une agente de contrôle efficace qui effectuerait un dispatch et un contrôle Qualité si besoin est. Et cela créera des emplois.
Cette situation est lamentable pour le 2ème aéroport de France. D'où l'essor des VTC, avec service CLIENT de qualité, sans prendre les clients pour des idiots ou vaches à lait.
a écrit le 29/01/2016 à 12:31 :
Ces affaires amènent deux constatations: La première est que l'état est incapable de taxer des entreprises " nouvelles économie" non basé en France ( ex un impôt ou taxe sur le chiffre d'affaire). Deuxièmement que l'état n'a pas la volonté de récupère de l'impôt sur les chauffeurs " Uber ou autres", en obligeant ces sociétés de déclare au fisc les coordonnées et sommes données. La troisième. Est que toutes ces activités d'appoint ou non son sous des régimes " net de charges". La quatrième est que cette " nouvelle économie" n'a pas les mêmes obligations réglementaires ( assurance, tarifs, comptabilité, etc, etc). La conclusion est que la " vielle économie" se retrouve généralement seul a assuré les cotisations et impôts et est la seule à avoir une multitude d'obligation réglementaires et autres. Quand celle ci aura " disparu" par le pic des départs à la retraite, l'abandon d'activité, le dépôt de bilan le château de carte va s'écroulé. Finis la sécu, la retraite, les fonctionnaires, l'école gratuite, etc, etc. Quand une économie ne crée pas de la richesse pour les habitants d'un pays, il s'écroule. Nous verrons se quand pense les adorateurs de se modèle non régulé.
Réponse de le 29/01/2016 à 15:33 :
@Von Chubb
Le système a commencé de s'écrouler depuis que la croissance stagne ou régresse dans les pays intermédiaires..Les locomotives, la Chine, les US, l'Allemagne tendent vers cette stagnation. La mondialisation, la nouvelle économie numérique, la financiarisation ne profitent qu'à la partie (la classe) la plus aisée de la planète. Il ne restera bientôt plus qu'un tas de ruines sur lesquelles devront vivre les autres. Quand il n'y a plus guère à partager la voie est ouverte à tous les populismes et aux conséquences qui les accompagnent.
a écrit le 29/01/2016 à 12:25 :
Nous avons deux problems dans ce conflit: 1) les taxis qui veulent conserver un monopole et 2) les gens qui opèrent comme des petites entreprises sans les obligations sociales et fiscales. Il faut rectifier les deux :-)
Réponse de le 29/01/2016 à 17:20 :
Mon coup de gueule :
- les taxis méritent ce qu'il leur arrive: effet ce monopole , il faut le casser , il faut vivre avec la concurrence, c'est sain
Ce corporatisme n'est plus de ce monde actuel
- les taxis ne sont pas sympa: ils ne descendent même pas de voiture pour prendre un bagage
- ils encaissent la grande majorité en espèces sauf les grandes organisations( style G7) ; ils trichent avec leur clients et avec l'ETAT ( et l'ETAT c'est nous)
- ils vous font faire 3 fois le tour de Paris pour arrondir la course
- ils ont un niveau intellectuel limite
- ils sont la plupart du temps mal fringué
- et j'en passe
Je ne vais pas les plaindre mais je comprends en partie leurs revendications:
- la licence est offerte gratuitement par la préfecture
- ils ont eux mêmes organiser ce marché afin de se faire un petit pactole en fin de carrière
-,ils font grève à tout bout de champ en paralysant la capitale et les grandes
ville de province
- ils cassent sans savoir le moindre petit citoyen qui se trouvait malencontreusement sur une place ou un feux rouges
Depuis que Jacques ATTALI à tirer la sonnette d'alarme , rien a été fait
et UBER et les NTC sont arrivés sur le marché. Il sont du bien , ils offrent un service de qualité et sont sympa , bien habillés , offrent une boisson et équiper d'un boitier CARTE BLEUE... c'est le TOP
Et HEETCH c'est le TOP du TOP , essayer et vous aurez un taux de satisfaction inégale avec rapport qualité prix inégalé
AIDE TOI , LE CIEL T'AIDERA
PS Je jure que je prendrai plus de taxis traditionnels , faisons travailler les jeunes !!!

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