La SNCF accélère la métamorphose de ses gares

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Gares & Connexion va déployer son offre de bureaux et de co-working en gares. Plusieurs ont déjà été ouverts en Île-de-France. Trente gares seront équipées d'ici à fin 2016. Ce type de services peut permettre de désaturer les heures de pointe en permettant à des personnes de gagner un ou deux déplacements par semaine.
Gares & Connexion va déployer son offre de bureaux et de co-working en gares. Plusieurs ont déjà été ouverts en Île-de-France. Trente gares seront équipées d'ici à fin 2016. Ce type de services peut permettre de désaturer les heures de pointe en permettant à des personnes de gagner un ou deux déplacements par semaine. (Crédits : Décideurs en région)
Déploiement du wifi, d'espaces de bureau, de collecte automatique de colis achetés en ligne, des possibilités de connexion avec d'autres modes de transport, ou encore de nouvelles activités commerciales, Gares & Connexions, la branche en charge du développement et de la rénovation des gares, passe à la vitesse supérieure. 2,2 milliards d'euros seront par ailleurs investis dans la transformation de grandes gares parisiennes et de grandes métropoles.

Entre ceux qui y prennent un train, ceux qui la fréquentent car elle est un lieu de connexion entre différents modes de transport, ceux qui la traversent pour raccourcir leur trajet, ceux qui y viennent pour ses services qui n'ont rien à voir avec le transport ferroviaire... Ils sont au total trois milliards d'individus à passer chaque année dans l'une des 3.000 gares ferroviaires françaises. Pour canaliser cet immense flux, qui frôle à lui seul celui de l'ensemble du transport aérien mondial (3,3 milliards de passagers), Gares & Connexions, la branche de la SNCF en charge du développement et de la rénovation des gares, accélère la transformation des gares en installant une palette de nouveaux services, qui sont censés répondre à la diversité des besoins des usagers.

«Nous allons placer nos efforts sur deux axes, explique Patrick Ropert, directeur de Gares & Connexions : la définition d'une nouvelle place des gares dans la vie des gens et la création d'un nouveau secteur commercial en gares ».

Une nouvelle étape après la rénovation de la gare Saint-Lazare en 2012 qui fait office de laboratoire de cette nouvelle stratégie.

Des lieux de vie

Alors que la SNCF discute avec les opérateurs téléphoniques du renforcement des réseaux 3G et 4G sur l'ensemble du réseau ferroviaire, Gares & Connexions va fournir un service wifi "de qualité et gratuit" dans 50 gares d'ici à juin 2015 et dans 100 gares fin septembre. « Ce sera quelque chose de robuste», garantit Patrick Ropert.

La branche de la SNCF va par ailleurs déployer son offre de bureaux et de co-working en gares. Plusieurs ont déjà été ouverts en Île-de-France. Trente gares seront équipées d'ici à fin 2016. Ce type de services peut permettre de désaturer les heures de pointe en permettant à des personnes de gagner un ou deux déplacements par semaine. C'est ce que certains en interne à la SNCF nomment «la mobilité évitée».

Par ailleurs, surfant sur le boom des achats en ligne, la SNCF étend son offre de retrait de colis en gares via des automates. En place aujourd'hui dans 100 gares en Île-de-France, 200 autres gares seront en mesure de proposer ce service à la fin de l'année. Enfin, pour accélérer la stratégie de porte-à-porte de la SNCF au cours des prochaines années, le partenariat avec Wattmobile, ce service de location de courte durée de véhicules électriques  (des Twizy ou des scooters) sera disponible dans 20 gares d'ici à la fin de l'année, contre 11 aujourd'hui. Quand au risque potentiel de congestion devant les gares en raison de l'accroissement attendu du nombre de bus avec la libéralisation du secteur, Patrick Ropert a chargé une personne de son équipe de s'occuper de ce dossier.

Développement des commerces

Parallèlement, l'offre commerciale en gare va monter en puissance.

«D'ici à cinq ans, le commerce en gares sera un des espaces de croissance majeur pour la plupart des marques en France », assure Patrick Ropert. «Cette activité qui pèse plus d'un milliard d'euros en France, contribue au chiffre d'affaires de Gares & Connexions à hauteur de 170 millions. Elle devrait doubler d'ici à 2023».

Alors que des commerces existent dans les gares de 400 villes de France, l'effort sera porté sur le déploiement des magasins du quotidien dans les petites et moyennes gares françaises.
Les surfaces commerciales vont ainsi croître au rythme des rénovations de grandes gares françaises. Après la livraison de plusieurs gares en 2014, dont Montpellier, Besançon, Cannes, les parvis de Nice et de Saint-Lazare, Gares et Connexions va investir 2,2 milliards d'euros entre 2015 et 2020 pour rénover un certain nombre de gares ferroviaires : Bordeaux, Lyon Part-Dieu, Rennes, Nantes, Paris-Montparnasse, Paris-Austerlitz et Paris-Nord. Une enveloppe colossale en constante augmentation. « En 2010, les investissements s'élevaient à 150 millions d'euros. Ils passeront à 330 millions en 2015», rappelle Patrick Ropert.

Modèle économique circulaire

Ce développement des recettes commerciales constitue une composante clé du modèle économique de Gares & Connexions et de financement des investissements. Un tiers du chiffre d'affaires de la branche (1,2 milliard) est généré par la location d'espaces, le restant provenant des redevances de gares.

«Notre modèle économique est un modèle circulaire : la création de valeur commerciale bénéficie directement au financement des services, des infrastructures et de l'animation en gares », explique Patrick Ropert.

Conformément à un décret publié en 2012, Gares & Connexion reverse la moitié de son bénéfice d'exploitation généré par les activités commerciales (non régulées) dans le périmètre régulé (sécurité, information, accessibilité, propreté, confort...). Un modèle que réclame d'ailleurs Air France pour Aéroports de Paris.

«L'activité commerciale fait baisser les redevances de gares», explique Patrick Ropert.

C'est en effet à la gare Saint-Lazare, pionnière de cette nouvelle stratégie, que le coût de la touchée de trains est la moins chère de France. La redevance de gare y est de 77 euros contre 498 euros à Austerlitz.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2015 à 19:09 :
Avant de développer le wifi, il faudrait déjà des gares propres, avec un minimum de sièges relativement confortables, moins bruyantes (supprimer les annonces de mauvaise qualité ou les améliorer pour les rendre compréhensibles), où l'on se sente en sécurité (et non un repaire de zonards avec des chiens à agressivité latente). Et un accès aux quais nécessitant un passage en souterrain par ascenseurs ou escaliers roulants qui soit généralisé
a écrit le 19/03/2015 à 12:04 :
Quelques sièges ou bancs seraient-ils au programme ?
a écrit le 19/03/2015 à 11:46 :
Y aura-t-il encore des trains dans les gares ?

Entre centre commerciaux et gares routières, le train est devenu un accessoire ! Et pourtant c'est lui qui crée la richesse de ces lieux. Ces opportunités inexploitées doivent essentiellement servir le train (comme au Japon ou à Hong-Kong), et non pas se servir du train comme ce que veut faire la SNCF aujourd'hui. Cela est dangereux pour son activité principale... qui n'est autre que la "locomotive" commerciale (sans jeu de mots !) de ces lieux !
Réponse de le 19/03/2015 à 13:54 :
Malheureusement, le train va devenir de moins en moins une priorité pour la SNCF qui déploie ses filiales au niveau mondial (Systra, idbus, Keolis à Toronto et au royaume uni, Calberson qui torpille le fret et même maintenant... l'immobilier!). Il est évident que l'activité train va se réduire dans les années qui viennent au profit des filiales compétitives, à dimensions mondiales et surtout très diversifiées. C'est comme ça...
a écrit le 19/03/2015 à 9:37 :
Commerces dans les gares : quand je vois l'image de la hauteur sous plafond dans les gares, je me dis qu'un étage entier de centre commercial pourrait être ouvert, sans utiliser le moindre mètre carré au sol !! Au prix du mètre carré de terrain en centre ville, il doit bien avoir des ressources à chercher de ce coté là !!! NB la répartition des ressources ADP (aviation et trafic / commerces et loyers) devrait inspirer la SNCF !!
a écrit le 19/03/2015 à 9:08 :
Pas un mot sur la qualité du service et l'attraction exercée sur une faune non contrôlée par des services de sécurité efficaces...

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