Le ciel se couvre dangereusement sur les compagnies aériennes européennes (Lufthansa, Easyjet, Air France-KLM...)

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Des prévisions pessimistes ont fait chuter ce jeudi le cours de Bourse de toutes les majors européennes du secteur : -5,95% pour Lufthansa, -5,34% pour Easyjet, -4,11% pour Air France-KLM, -3,62% pour IAG et -2,80% pour Ryanair.
Des prévisions pessimistes ont fait chuter ce jeudi le cours de Bourse de toutes les majors européennes du secteur : -5,95% pour Lufthansa, -5,34% pour Easyjet, -4,11% pour Air France-KLM, -3,62% pour IAG et -2,80% pour Ryanair. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Les réservations sur les vols long-courriers vers l'Europe sont impactées par la répétition des attentats. A cette demande poussive s'ajoute une situation surcapacitaire à la fois sur le long et le moyen-courrier qui fait chuter les recettes unitaires. Lufthansa a prévenu que ses résultats annuels seront inférieurs aux prévisions. Easyjet a vu son chiffre d'affaires reculer au printemps et fait face à un été incertain.

Lufthansa qui prévient ce jeudi, à la manière de IAG il y a quinze jours, que ses résultats annuels ne seront pas aussi élevés que prévu;  Easyjet qui fait état, ce jeudi aussi, d'un recul de 2,6% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre (avril-juin) et explique ne pas être en mesure de donner une prévision de bénéfices sur son exercice annuel qui s'achève fin septembre... Les nuages s'amoncellent dangereusement pour les compagnies aériennes européennes.

Au regard des prévisions de Lufthansa, les vents contraires au deuxième semestre s'annoncent même très violents. Malgré une hausse de son résultat d'exploitation (Ebit) de 13% au premier semestre (clos fin juin) à 529 millions d'euros, le groupe allemand prévoit un recul de l'Ebit sur l'ensemble de l'exercice par rapport à l'an dernier! Autrement dit, le deuxième semestre sera en fort recul par rapport à la même période de l'an dernier. Ces prévisions pessimistes ont fait chuter le cours de Bourse de toutes les majors européennes du secteur : -5,95% pour Lufthansa, -5,34% pour Easyjet, -4,11% pour Air France-KLM, -3,62% pour IAG et -2,80% pour Ryanair.

L'impact des attentats sur la demande

La demande de voyages est à la peine en raison, notamment, de l'impact de la répétition des attentats depuis 18 mois. Et l'attentat de Nice le 14 juillet dernier, ou celui à la hache dans un train en Allemagne peu après, ne vont pas arranger les choses.

"Les réservations à l'avance, notamment sur les long-courriers vers l'Europe, ont baissé de manière importante, en particulier à cause des attaques terroristes répétées en Europe et à la plus grande incertitude politique et économique", explique Lufthansa.

Ce phénomène, qui concerne toutes les compagnies européennes, ne peut qu'atteindre encore plus Air France dans la mesure où l'Hexagone est le pays européen le plus touché par les attentats depuis janvier 2015. En interne, à Air France-KLM, ce phénomène s'observe dans la différence des courbes d'engagements entre Air France et KLM.

D'une manière générale en Europe, le trafic loisirs en provenance d'Asie et d'Amérique nord montre des signes de faiblesse. Si la lecture des évènements similaires dans le passé (comme l'attentat de Madrid en 2004) a montré qu'il fallait attendre plusieurs mois après un acte terroriste pour observer un retour à la normale du trafic, la répétition des attentats empêche à chaque fois tout retour à la normale.

Surcapacités

Cette demande poussive se combine à une situation de surcapacité en sièges sur les réseaux long-courriers et moyen-courriers. Si elles ont un peu mis le pied sur le frein, des compagnies européennes comme Lufthansa ou IAG maintiennent encore des niveaux de capacités élevés sur le long-courrier, notamment sur l'Atlantique Nord, un axe sur lequel les transporteurs américains ont également mis beaucoup de sièges. Sur le réseau intra-européen, le redéploiement en Europe occidentale des vols des tour-opérateurs opérés jusqu'à ces dernières années vers l'Afrique du Nord et la Turquie accentue la situation surcapacitaire.

Chute des recettes unitaires

De facto, une demande poussive combinée à une offre trop élevée entraîne une dégringolade des prix. Laquelle est par ailleurs accentuée par la redistribution aux passagers de la baisse de la facture carburant.

La recette unitaire du groupe Lufthansa par exemple a chuté de 8% à 9% au premier semestre, a indiqué le groupe qui détaillera ses résultats semestriels le 2 août. Celle d'Easyet a plongé de 8,3% entre avril et fin juin.

Si Air France-KLM va présenter le 26 juillet des bons résultats semestriels (le premier trimestre a été très bon, le deuxième beaucoup moins avec une performance un peu meilleure observée chez KLM), en raison notamment de la baisse de sa facture kérosène, le groupe français va néanmoins faire état de la même tendance.

Après avoir bien résisté au premier trimestre, les recettes unitaires ont commencé à baisser à partir de mai pour chuter encore plus à partir de mi-juin.

"Une cassure s'est produite à partir de mi-juin", selon plusieurs sources, qui évoquent des baisses de recettes unitaires de l'ordre de 8%.

Sur l'ensemble du mois de juin, elles reculent d'environ 5% a déjà indiqué le groupe lors de la publication des chiffres de trafic. Certes, Air France-KLM a fait montre d'une grande discipline en termes de croissance des capacités, mais il est obligé de s'aligner sur les baisses de prix de ses concurrents. D'autant que, en plus de la conjoncture, Air France-KLM a également souffert, s'agissant des réservations, de l'impact des préavis de grève tant des pilotes (fin juin) que des syndicats d'hôtesses et de stewards d'Air France (du 27 juillet au 2 août).

Contrairement à l'été dernier, qui avait été excellent, celui-ci s'annonce donc plus difficile. Reste à savoir comment sera septembre, le mois de rentrée de la clientèle affaires. La promotion lancée ce jeudi par Air France est peu encourageante. La compagnie a lancé une promotion sur l'Europe à 39 euros l'aller simple. Easyjet a embrayé ce vendredi en proposant jusqu'à mardi minuit une réduction de 20% sur 175.000 sièges pour des voyages à effectuer entre le 31 août et le 14 décembre.

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a écrit le 24/07/2016 à 13:21 :
"tout va très bien, madame la marquise..."
Le ciel s'assombrit pour l'ensemble des compagnies européennes.
Comme le nouveau PDG du groupe AirFrance-KLM vient d'arriver, il propose de conserver l'accord pour les PNC pour encore plus d'un an, bien qu'il y ait une énorme différence de compétitivité avec leurs homologues européens (jusqu'à 40% selon la direction!). Parallèlement, l'accord en cours se prolonge jusqu'en octobre 2016.
Mais non : suicidaires comme ils le sont, les syndicats irresponsables lancent un mouvement de grève au pire moment pour la compagnie française.
Et le pire : ce n'est pas pour contester le fond de l'accord proposé par la direction...non non non : c'est pour au contraire qu'il dure plus longtemps !
Ont-ils remarqué, ces PNC, qu'en un semestre Ryanair gagne en bénéfice, plus que le capital total de AirFrance+Hop+KLM+Transavia+participations dans de nombreuses autres filiales !!? Ça leur dirait de se retrouver avec un contrat aligné sur Ryanair ? Qu'ils se rassurent, Ryanair préfèrera laisser AF-KLM déposer le bilan plutôt que récupérer des boulets !
Peut-être un contrat Etihad, ou Qatar : qu'ils constatent l'évolution des conditions pour le personnel Alitalia une fois rachetée : ils peuvent constater leur avenir... !
Bonne grève à tous... on se retrouvera chez Pôle emploi !
a écrit le 24/07/2016 à 12:14 :
malheureusement les faits nous donnent raison . Est ce bien le moment de se désengager des aéroports de Toulouse de Nice et de Lyon pour l'état ? qui peut mieux que l'état assurer le contrôl d'entrée sur notre territoire et qui peut mieux que l'europe en principe assurer la sécurité de nos frontières extérieures autant de points sur lesquels notre gouvernement se montre incapable sur ces outils stratégiques et la population à travers le monde comme en France montre par ce résultat économique combien est grave la situation tant pour la France que pour l'Europe. Une europe qui affiche des choix économiques avant la politique nous en voyons ici entre autre les limites .
a écrit le 23/07/2016 à 0:16 :
"Le ciel se couvre pour les compagnies aériennes européennes"? Tel l'orchestre sur le Titanic jouant jusqu'au bout, les PNC décident une nouvelle grève, en plein chassé-croisé estival... Tout ça pour quoi : non pas pour contester l'accord proposé par la direction... mais pour exiger qu'il soit plus long !( reconnaissant donc implicitement que le fond de la proposition était satisfaisant !)
l'orchestre a joué jusqu'à ce que le Titanic finisse de couler. J'ai l'impression que les syndicats AirFrance feront grève jusqu'à ce que la compagnie coule !
Allez, messieurs (dames) les syndiqués, rassurez vous, il n'y en a plus pour longtemps !
Ensuite, il sera trop tard pour regretter : les électeurs pro-brexit se mordent les doigts pour la plupart... mais c'est trop tard ! Pour AirFrance, ce sera pareil ! pensez-y AVANT !!
a écrit le 22/07/2016 à 18:48 :
je vois pas ou il y a une baisse des prix à par sur les long courrier ou on trouve des bons tarifs, les soit disant compagnie low coast comme easyjet, transavia ect ect ....
à par 10 sièges pas chers ( reservable 3 à 6 mois à l'avance ) tout le reste coûtent un bras , de même que les vol intérieur en France .....
Pour exemple un paris - Perpignan allez retour à à 370 € (hop)ou un Paris Prague pour 340 € (transavia) alors qu'à ce prix la tu te payer un AR paris new york ou montreal cherchez l'erreur , s'ils arrêtaient de ce goinfrer il y aurais peux être plus de client ...
Réponse de le 23/07/2016 à 0:21 :
Lyon-Prague : 39€ AS, soit 78€ AR avec Hop! le TGV va direct à l'aéroport st exupéry depuis Paris et en partant de Marne-la-vallée, vous bénéficiez des tarifs Ouigo... Messieurs les parisiens, cessez de snober ce que vous appelez la Prôvince, vous serez gagnant !
Wellcome at Lyon ...
Réponse de le 23/07/2016 à 0:27 :
j'oubliais : pour le long courrier, en mai 2016, j'ai fait un Lyon-Amsterdam-Johannesbourg pour moins de 600€ AR. j'ai réservé 40 jours à l'avance, pas plus.
maintenant, il est normal que plus vous êtes focalisé sur une date précise ou une destination précise, moins vous bénéficiez de tarifs interessants... mais c'est une règle valable pour toute activité concurrentielle !
Réponse de le 24/07/2016 à 15:43 :
Vous prenez hélas des lignes où AF est en monopole
Réponse de le 24/07/2016 à 19:29 :
Paris-Pragues 340 € (transavia) !
Nous avons payé 166 € Aller/Retour pour deux (transavia) en décembre dernier
a écrit le 22/07/2016 à 14:31 :
Baisse des prix?
ils rigolent, nous on cherche une période à bas coût pour aller à l'île de la Réunion, on peut dire qu'il n'y a pas de concurrence sur les prix, même si 25% des sièges sont innoccupés qui pourraient nous profiter.
Comme qui dirait une entente cordiale si banale dans les dom-tom.
Si 500€ AR voire 400 est banal à 11h d'avion ailleurs, ça doit pouvoir le faire ici.
Réponse de le 23/07/2016 à 0:34 :
en janvier 2015, j'ai fait LYS-CDG-RUN sur airfrance pour moins de 600€ AR.
en juin dernier, un collègue réunionnais à fait un vol direct Lyon-Réunion pour moind de 700€ AR
il suffit de chercher un peu, et de ne pas être bloqué sur des dates précises !
la souplesse est très bien récompensée par les compagnies. Si au contraire vous demandez que les compagnies vous offrent des conditions souples, vous le paierez cher !
a écrit le 22/07/2016 à 13:46 :
Faut voir le bon coté des choses, quand l'atmosphère économique s’assombrit, l'atmosphère qu'on respire s'améliore.
a écrit le 22/07/2016 à 10:35 :
On trouvera toujours une bonne raison et des circonstances pour excuser quelque chose de logique et continuer a faire la promotion de la peur!
a écrit le 22/07/2016 à 9:46 :
Je ne sais pas comment les autres vont réagir : en ce qui me concerne, au lieu de 15 jours en crête avec Transavia, ce sera 3 city breaks avec AirFrance en septembre...

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