Paris : Anne Hidalgo hausse le ton face aux trottinettes électriques

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La maire de Paris propose aux opérateurs que toutes les trottinettes électriques voient leur vitesse bridée à 20 km/h dans tout Paris et à 8 km/h dans les aires piétonnes et les zones de rencontre, où la circulation des voitures n'est pas interdite mais où, dans les faits, les piétons peuvent circuler sur la chaussée.
La maire de Paris propose "aux opérateurs que toutes les trottinettes électriques voient leur vitesse bridée à 20 km/h dans tout Paris et à 8 km/h dans les aires piétonnes et les zones de rencontre", où la circulation des voitures n'est pas interdite mais où, dans les faits, les piétons peuvent circuler sur la chaussée. (Crédits : DR)
Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h: la maire de Paris, Anne Hidalgo, a égrené ce jeudi 6 juin plusieurs mesures pour mettre un terme aux nuisances causées par les trottinettes électriques, responsables de plusieurs accidents.

"Je vais proposer dès demain (vendredi) au Préfet de police de signer ensemble un arrêté qui interdit le stationnement des trottinettes électriques sur tous les trottoirs", a déclaré au cours d'une conférence de presse la maire PS. Désormais, ces engins "devront stationner sur les places de stationnement situées sur la chaussée et déjà utilisées par les voitures et les deux-roues motorisés", a-t-elle précisé.

En outre, la maire de Paris propose "aux opérateurs que toutes les trottinettes électriques voient leur vitesse bridée à 20 km/h dans tout Paris et à 8 km/h dans les aires piétonnes et les zones de rencontre", où la circulation des voitures n'est pas interdite mais où, dans les faits, les piétons peuvent circuler sur la chaussée.

Des mesures en vigueur "dès début juillet"

Les trottinettes seront également "interdites dans tous les parcs et jardins" de la capitale, et "le port du casque" sera recommandé. La maire de Paris a déclaré vouloir "que l'essentiel de ces mesures soit en vigueur dès début juillet".

Apparues il y a un an, les trottinettes - évaluées à environ 20.000 dans les rues de la capitale - sont devenues un véritable casse-tête pour la mairie de Paris, faute de loi pour les réguler.

"Ce n'est plus possible" de continuer ainsi, a souligné Mme Hidalgo, qui avait déjà adopté une série de mesures dont la verbalisation à hauteur de 135 euros en cas de circulation sur les trottoirs.

Dans l'attente du cadre légal prévu par la LOM

Comme Bordeaux, Lyon ou Strasbourg, Paris attend l'adoption du projet de loi mobilités (LOM), actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, qui permettra aux villes de réguler les nouveaux moyens de transport en libre-service (trottinettes, vélos, gyropodes...). D'ici l'adoption de cette loi "qui créera enfin le cadre légal dont nous avons besoin", Anne Hidalgo a demandé aux douze opérateurs de "ne pas augmenter leur flotte".

Bien qu'aucun décompte officiel n'existe - en attendant la mise en place prochaine d'un "observatoire de la sécurité routière, associant la Préfecture de Police et l'AP-HP" pour mesurer l'accidentologie -, de récents accidents impliquant une mère et son bébé, ou une pianiste, ont défrayé la chronique.

40 dossiers de victimes par jour !

"Il y a une quarantaine de dossiers de victimes de trottinettes par jour", a affirmé à l'AFP Me Michel Benezra, qui représente quatre accidentés. Et qui dit accident, dit responsabilité et assurance. Un des accidentés s'est ainsi aperçu "que les opérateurs ne prévoyaient aucune assurance tant pour les conducteurs de trottinettes que pour les victimes", a ajouté Me Benezra.

"Sous prétexte d'avoir un nouveau mode de transport écologique, la mairie de Paris a laissé se développer ces opérateurs (...) sans contrôler", a-t-il dénoncé.

"La mesure la plus importante aurait été d'obliger les différents loueurs à souscrire des assurances", a également estimé Me Fanny de Beco. D'autant que "le fonds de garantie (actuellement utilisé pour dédommager) pose des conditions de nationalité ou de résidence" qui "pourraient exclure du dédommagement des touristes".

Bruno Chahal s'est cassé le col de l'humérus en quatre morceaux après avoir trébuché à cause d'une trottinette abandonnée au milieu de la chaussée. "Ma hantise, c'est de me faire bousculer par une trottinette", a confié ce médecin quinquagénaire à l'AFP.

L'opposition municipale insatisfaite

L'opposition à Mme Hidalgo a dénoncé l'"incapacité viscérale" de la mairie "à anticiper les grands mouvements et écouter le terrain", selon la présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) Florence Berthout, qui dit recevoir chaque jour de nombreux "messages, mails, appels pour des accidents de trottinettes".

"Au-delà des seules questions de sécurité, nous devons imposer des exigences sociales et environnementales", a pour sa part souligné auprès de l'AFP Nicolas Bonnet-Oulaldj, chef de file des communistes à Paris.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2019 à 19:21 :
Ces trottinettes sont une nuisance pour tous : piétons, automobilistes et un danger majeur pour leurs utilisateurs et les piétons. Il ne s'agit pas de les réguler mais de les éradiquer, et vite.
a écrit le 07/06/2019 à 18:26 :
Il est impératif qu'une législation nationale soit passée. on ne peut passer laisser aux maires la possibilité de choisir par " exemple : la vitesse maximale . L'industrie doit savoir où s'en tenir.
Par ailleurs on aimerait bien savoir comment la maire de Paris entend faire des contrôles effectifs de vitesse, et le nombre d'agents occupés à cette tâche.
Par ailleurs une législation doit aussi inclure les " patins " électriques ( qui sont stabilisés ) et autres engins motorisés qui ne manqueront pas de faire leur apparition en urope à court terme.
a écrit le 07/06/2019 à 18:12 :
65% des utilisateurs de trottinettes à Paris disent l'employer en substitution d'une voiture. Ça mérite réflexion avant de se lancer dans une chasse au trottinetteur (trotinettiste?).

Une partie du problème provient du système de location qui déresponsabilise les consommateurs et qui n'a pas lieu d'être.
Une trottinette coute entre 500 et 1000 €, soit le prix d'un vélo et aucun propriétaire ne le laisserait trainer sur la voie publique.

Pour ce qui est de limiter la vitesse , c'est une façon de tuer l'outil qui reste trop rapide pour rouler sur les trottoirs et trop lent pour les voies cyclables et les voies urbaines.

Bref, Hidalgo est en train de tuer les transports alternatifs sur Paris, après les voitures électriques et les vélibs. C'est une politique incohérente.

Le vrai problème de Paris, c'est 22 000 habitants au km2, soit une densité de population trois fois supérieure à celle de Londres ou Berlin.
Une politique intelligente de l'aménagement du territoire consisterait à repeupler les campagnes et à guérir les villes de leur apoplexie démographique qui les rend invivables, ingérables et anti-écologiques.
a écrit le 07/06/2019 à 11:22 :
Descendre sur les quais du métro, c'est du temps perdu, attendre un bus, c'est pareil donc on prend le plus simple pour gagner du temps, on pratique la trottinette ou le vélo. Au fait, les rollers ont quasi disparu de nos rues même des zones aménagées . Ils ne sont plus réservés qu'aux adeptes sportifs. Il n'y a pas d'empreinte écologique dans les nouveaux modes de déplacement, seul le temps gagné pour se déplacer compte. Celui utilisé pour prévoir ces nouveaux aménagements de moyens de déplacement et leur réalisation sont des dépenses inutiles car la mode va s'estomper d'ici quelque temps. Mais bon, les élections sont proches et tout électeur est bon à prendre.
a écrit le 07/06/2019 à 10:56 :
J'habite dans une petite rue de paris ou les trottoirs sont pas larges. Il n'y a pas de jours ou ils ne sont pas obstrués par des trotinettes qui empechent le passage des valises ou des poussettes. ça me rend furieux. j'ai envie de les démolir. sans compter celles qui zigzag entre les pietons sur les trottoirs un peu plus large a 3 ou 4 fois la vitesse d'un pieton normal. et n'oublions pas que ces outils de transport pretenduement ecologiques doivent etre ramassés tous les jours par des petites mains ont la vcubérisées avec des prix à l'unité en chute, en voiture ou en camionnette, souvent des vieux diesels, qui font la course en concurrence, pour etre ramenés aux endroits de chargement. Des regles strictes, des espaces de rangement et de stockage, un seul operateur concessionnaire, une gestion cohérente de l'espace public urbain, c'est ce qu'il faut... arretons le massacre et mettons des bornes aux conneries de l'ultralibéralisme.
a écrit le 07/06/2019 à 8:54 :
et l'écologie elle en fait quoi ? les villes doivent s'adapter et trouver ''une place'' à ce mode de déplacement qui ne pollue pas
a écrit le 07/06/2019 à 8:36 :
Voilà comment la France s'adapte à l'évolution de nos sociétés : la pénalisation au lieu d'accompagner une tendance qui se répand dans le monde. Les applications qui signalent les routes dangereuses sont aussi sur la voie de l'interdiction, alors qu'elles ont considérablement participées à réduire les accidents mortels routiers (environ 3x moins qu'en 1986).
a écrit le 07/06/2019 à 5:38 :
Garer les trotinettes sur l'espace reserve a la circulation ! Elle est totalement a l'ouest cette fadoli. Faut la mettre dehors et oubliettes.
a écrit le 06/06/2019 à 18:29 :
Bannir les trottinettes des trottoirs.
N'autoriser sur les trottoirs que les "marcheurs" ( tous, pas seulement les Macronistes!) les fauteuils des handicapés et les poussettes.

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