Pas d’entrepôt géant à Rouen : Amazon jette l'éponge
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'entrepôt de 160.000 m2 qui devait s'implanter sur la rive gauche de Rouen ne verra pas le jour.
Pascal Rossignol
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'entrepôt de 160.000 m2 qui devait s'implanter sur la rive gauche de Rouen ne verra pas le jour.
Pascal Rossignol
Ce devait être le premier entrepôt géant d'Amazon dans le Grand Ouest, et le neuvième en France mais il ne verra jamais le jour. Par l'intermédiaire de son promoteur le groupe d'immobilier logistique Gazeley, le groupe de Jeff Bezos a fait savoir qu'il renonçait finalement à construire un centre de distribution XXL à Petit-Couronne : une localité ouvrière de la banlieue rouennaise qui lui ouvrait les bras au nom des perspectives d'emplois.
Confirmée par un courrier lapidaire, l'annonce en a été faite hier soir (24 mars) par le maire socialiste de la commune, Joël Bigot, en clôture du conseil municipal. L'édile, qui avait accordé un permis de construire en novembre 2020 pour l'édification d'un gigantesque bâtiment de 160.000 mètres carré de planchers, n'a pas caché son amertume. « C'est une très grosse déception. Ce soir, j'en veux à tous ceux qui se sont opposés à ce projet pour des raisons idéologiques ou philosophiques », a t-il commenté d'une voix sombre.
A première vue, le dossier avait pourtant tout pour réussir. Forte d'une autorisation environnementale délivrée par le préfet de Seine-Maritime, la plateforme en question devait s'implanter sur une ancienne friche pétrolière en cours de réhabilitation par le groupe Valgo et labellisée « site clé en mains » par le ministère de l'économie. « Bruno Le Maire soutenait le projet », affirme Joël Bigot.
A Petit-Couronne, la marche arrière opérée par Amazon surprend d'autant plus qu'elle intervient avant même que le tribunal administratif, saisi par l'ONG Les Amis de la terre, ne se prononce sur la faisabilité du projet. « Je n'ai pas encore identifié toutes les causes de ce renoncement », confesse le maire. Le groupe américain, en butte à la bronca d'une bonne partie de la majorité rose-verte de la Ville de Rouen et de la Métropole, a t-il craint pour sa réputation ? Ou a t-il pris au sérieux les menaces de plusieurs associations locales d'occuper le site ? Difficile de l'affirmer.
Nathalie Jourdan