Wizz Air demande la fin du moratoire sur les "slots", un frein à son impressionnant développement pendant la crise

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(Crédits : Ints Kalnins)
Poursuivant sa stratégie de croissance malgré la crise sans précédent qui frappe le transport aérien, la compagnie low-cost hongroise demande la fin du moratoire sur les règles d'utilisation des créneaux horaires de décollages ("slots) qui autorise les compagnies à annuler des vols sans perdre les créneaux la saison suivante. Pour Wizz Air, ce système ne se justifie plus et constitue une barrière à l'entrée sur certains aéroports, notamment à Londres Gatwick, le principal enjeu de la compagnie hongroise. Dans un entretien à La Tribune, Marion Geoffroy, directrice corporate et secrétaire générale de Wizz Air détaille la position du transporteur qui poursuit son fort développement pendant la crise.

Dans le débat qui les opposent aux aéroports sur le maintien ou pas cet hiver de la suspension de la règle du "use-it-or-lose-it" ("on s'en sert ou on le perd") concernant l'utilisation des créneaux horaires de décollages et d'atterrissages, les compagnies aériennes européennes voient s'écrouler l'un de leurs arguments pour justifier la reconduction l'hiver prochain de ce dispositif mis en place cet été par Bruxelles, qui leur permet, face à l'effondrement du trafic provoqué par la crise du Covid-19, de pouvoir annuler des vols tout en ayant la certitude de conserver leurs créneaux la saison suivante : celui de dire que ce moratoire ne constitue pas une barrière à l'entrée pour d'éventuels concurrents souhaitant utiliser les créneaux non-utilisés pour se développer, dans la mesure où, au regard de la profondeur de la crise, l'heure est davantage à la réduction de voilure qu'aux plans de développement ambitieux.

Lire aussi : Bras de fer entre les compagnies aériennes et les aéroports sur le maintien du gel des "slots"

"Avec une telle crise, tous les transporteurs au sein d'Airlines for Europe (A4E) sont unanimes pour demander la poursuite de ce moratoire", expliquait récemment un observateur.

Consensus au sein d'Airlines for Europe

Un discours repris par certains transporteurs de cette association qui regroupe la quasi-totalité des compagnies aériennes européennes aux profils très différents, puisqu'on y trouve à la fois des acteurs classiques comme Air France, British Airways ou Lufthansa, et des compagnies low-cost comme Ryanair, Easyjet ou encore Norwegian. Résultat, la question d'un problème de concurrence ne se pose pas puisqu'aucune compagnie ne demande des créneaux pour se développer.

"Cette question se règlera d'elle-même quand il y aura des opportunités commerciales", ajoutait-on au...

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Commentaires
a écrit le 21/07/2020 à 0:09 :
En Europe et à travers le monde des dizaines de compagnies luttent pour survivre et surmonter la crise.

Nombre d’entre elles existent depuis si longtemps. Avec des qualités et des défauts elles se sont développées. Elles ont relié des centaines de villes, elles ont donné du travail à des centaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, elles s’appuient sur leur professionnalisme pour se relever.

A côté d’elles quelques financiers friqués ont investi dans des compagnies low cost comme ils auraient pu investir dans la poudre à lessive ou dans les fast-foods.
Aujourd’hui, ils veulent profiter de leur fric pour dérober les slots de compagnies qui sont presque des cadavres. Par ici, la bonne soupe !

Les slots ne doivent pas être libérés en faveur des détrousseurs de cadavres. Les aéroports, les autorités européennes et autres doivent maintenir aux compagnies historiques leurs slots le temps qu’elles remontent la pente.

Les gouvernements prêtent des fonds aux compagnies pour se relever et pendant ce temps-là certains veulent faire les poches. Quand elles auront retrouvé un minimum de santé ces compagnies se retrouveront sans les slots nécessaires !
Les gouvernements qui leur avancent de l’argent public doivent songer à cela.
L'argent public doit-il servir à ce que les financiers arrondissent encore plus leur pelote au détriment des emplois des compagnies "heritage" et autres ?

C’est une question de respect et d’honneur.

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