Bras de fer entre les compagnies aériennes et les aéroports sur le maintien du gel des "slots"
Fabrice Gliszczynski
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... es compagnies, qui annuleraient leurs vols de manière tardive empêchant ainsi de réattribuer les créneaux à d'autres opérateurs. Pour permettre d'éviter le gaspillage des ressources aéroportuaires et des pratiques anticoncurrentielles, l'EUACA, l'association des gendarme européens des créneaux, préconise le maintien du moratoire mais assortie de conditions.
Grosses tensions entre les compagnies aériennes et les aéroports européens. Non pas sur la question du montant des redevances aéroportuaires cette fois, mais sur la reconduction ou pas cet hiver de la suspension de la règle du "use-it-or-lose-it" ("on s'en sert ou on le perd"), point clé du Règlement européen sur l'utilisation des créneaux horaires de décollage et d'atterrissage ("slots"). Mise en place pour cet été, la suspension de cette règle permet aux compagnies aériennes frappées par la crise du coronavirus de réduire leurs vols sans craindre de perdre leurs autorisations de décollage et d'atterrissage pour la prochaine saison estivale, en 2021. En effet, la règle du "use-it-or-lose-it" exige des compagnies aériennes qu'elles utilisent leurs créneaux horaires à au moins 80% de leur capacité pour qu'elles puissent les conserver la saison suivante. Cette reconduction est également appelée "droit du grand-père" dans le secteur. En cas d'utilisation moindre, les compagnies aériennes sont obligées de les restituer aux entités gestionnaires des créneaux (Cohor en France), lesquelles les réattribuent à d'autres transporteurs.
Si elle permet de donner de la visibilité aux compagnies aériennes en termes d'investissements de flotte et de personnels, cette règle a l'inconvénient, en cas de chute de trafic, d'inciter les compagnies à voler avec peu ou pas de passagers pour ne pas perdre des actifs aussi précieux et les voir distribués à des concurrents.
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L'exploitation de "vols à vide" s'est vérifiée en février au moment de la propagation du Covid-19 en Europe, avant que le conseil et le Parlement européen n'adoptent mi-mars -comme ils l'avaient fait après le 11-Septembre, pendant l'épidémie de Sras en 2003 et la crise financière de 2008-2009- un moratoire sur le Règlement sur les créneaux jusqu'à la fin de la saison estivale (fin octobre), suspendant de fait la règle du "use-it-or-lose-it".
Fabrice Gliszczynski