La Bourgogne, par le biais de l’Interprofession et d’Adelphe, veut atteindre la neutralité d'ici 2050. Le fameux grammage des bouteilles des grands crus pourrait se voir alléger, les verriers appelés à fondre le verre à partir d'une électricité verte tandis que les vignes pourraient se parer de haies ou de couverts végétaux pour absorber les émissions incompressibles. Pour les responsables, le calcul est aussi économique : au prix de la tonne carbone sur le marché mondial, mieux vaut investir aujourd'hui afin de réduire son bilan environnemental...et financier.En Bourgogne, alors que l'année viticole 2021 a été éprouvante pour les vignerons, marquée par le gel d'avril et un redémarrage précoce de la vigne, le changement climatique mène la vie dure aux professionnels du vin. Pour sauvegarder leur activité et faire face à une demande sociale grandissante de la part des consommateurs, 3.600 domaines, 270 maisons de négoce et 16 caves coopératives s'associent pour réduire leur empreinte carbone. L'objectif : la neutralité de la filière bourguignonne d'ici 2050.
« Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne a établi trois bilans carbones depuis 2015. Ce qui nous permet de voir précisément où sont nos principales zones de production de gaz à effet de serre, à savoir : l'emballage, le transport, et le fret », explique Jean-Yves Bizot, vigneron à Vosne Romanée et membre de la commission technique du Bureau de l'Interprofession des Vins de Bourgogne en charge du dossier.
«Nous avons identifié plusieurs leviers qui engagent tout le territoire - au-delà même de la viticulture - pour agir sur ces trois volets dans les années à venir», poursuit-il.
Le poste « emballage » représenterait entre 30 et 40% du carbone émis par la filière viticole. C'est pourquoi Adelphe, filiale de Citeo - qui gère la « poubelle jaune » et le container de verre en France - lance ce projet baptisé « Objectif Climat » à l'échelle du territoire bourguignon, en partenariat avec le BIVB.
L'ensemble des acteurs du paysage viticole bourguignon pourra ainsi bénéficier de cette méthodologie, qui devrait être validée à l'été 2022, et mettre en pratique les recommandations proposées. Chaque étape de la chaîne de production sera prise en compte : du travail à la vigne à l'expédition des vins, en passant par la vinification, l'emballage ou la logistique.