Renforcer la lutte contre la précarité alimentaire aggravée par la crise sanitaire, tout en donnant un coup de pouce aux agriculteurs français engagés dans des modes de production plus durables, telle est la synthèse que tente de réaliser le gouvernement, lequel a engagé une réflexion interministérielle sur la mise en place d'un outil ad hoc: des chèques alimentaires.
Proposés par la Convention citoyenne pour le climat afin de permettre aux plus démunis d'acheter des produits en circuits courts ou bio, de tels chèques n'ont jamais figuré dans les diverses versions du "projet de loi climat et résilience" censé transposer une grande partie des mesures retenues par la CCC, qui vient d'être présenté en Conseil des ministres et transféré à l'Assemblée nationale. Le ministère de l'Economie y était notamment opposé, pour des raisons de coûts comme de complexité de mise en oeuvre. Lors de son allocution devant les membres de la CCC le 14 décembre, Emmanuel Macron s'était toutefois lui-même engagé à les mettre en place, en obligeant ainsi le gouvernement à s'activer.
D'autre part, la précarité alimentaire s'est nettement aggravée dans la population. Selon le Secours populaire, cité par l'AFP, les demandes d'aide alimentaire ont crû de 45% en 2020 par rapport à 2019. Une étude annuelle menée par l'institut CSA pour les banques alimentaires, publiée le 15 février, montre en outre une évolution préoccupante du profil des bénéficiaires: plus de la moitié ont déclaré y avoir recours depuis moins d'un an. Plus de 2,1 millions de personnes bénéficient de l'aide alimentaire en ce début d'année 2021, selon les banques alimentaires. Les études montrent en outre que chez les populations défavorisées socialement, le taux de prévalence de l'obésité est plus élevé que chez la population générale, en raison aussi de difficultés d'accès à une alimentation variée et de qualité.