Grand Paris  : les Crit'air 3 devraient pouvoir rouler dans les zones à faible émission jusqu'en 2025

L'interdiction de circulation pour les 380.000 véhicules les plus polluants dans la métropole du Grand Paris, prochaine étape de sa zone à faibles émissions (ZFE), doit être de nouveau reportée, de juillet 2023 à « fin 2024, début 2025 », selon toute vraisemblance. Les coûts de remplacement des véhicules en sont la principale cause.
380.000 voitures sont concernées par la prochaine interdiction de circuler au sein du Grand Paris.
380.000 voitures sont concernées par la prochaine interdiction de circuler au sein du Grand Paris. (Crédits : DR)

A Paris, les Crit'air 3 devraient obtenir un répit. L'interdiction de circuler les visant dans la métropole du Grand Paris (MPG) devrait, selon Geoffroy Boulard, maire LR du XVIIe arrondissement et l'un des vice-présidents de la collectivité, intervenir « après les Jeux » olympiques. La MPG « estime que le calendrier n'est pas tenable », a encore-t-il dit.

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L'interdiction de circulation, du lundi au vendredi de 8 heures à 20 heures, des voitures arborant une vignette Crit'air 3 dans Paris et sa petite couronne a déjà été repoussée une première fois de juillet 2022 à juillet 2023. Cette nouvelle phase d'interdiction, la troisième après celles des véhicules non classés et Crit'air 5 (juillet 2019), puis Crit'air 4 (juin 2021), concerne 380.000 voitures, « dont près d'une sur deux dans certaines communes situées en Seine-Saint-Denis », souligne l'élu.

Un sujet brûlant en raison de l'inflation

Le sujet est politiquement source de tensions, particulièrement en cette période d'inflation, en raison des coûts de remplacement des véhicules. « Le prêt à taux zéro n'est toujours pas garanti par l'Etat », qui n'a pas non plus apporté de réponse à la métropole sur la « mise en place du contrôle automatique », ajoute Geoffroy Boulard, conscient que la MGP se trouve sur une « ligne de crête entre une politique vertueuse » du point de vue environnemental et son « acceptabilité sociale ».

La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui n'a pas la main sur le projet, propose notamment des aides au changement de véhicules, demande à la métropole « de prendre en compte les contraintes sociales des familles d'Ile-de-France » et donc « de reporter de 18 mois la mise en œuvre de la ZFE pour les particuliers ». En revanche, le calendrier pour les professionnels doit rester « inchangé », estime-t-elle. La maire PS de Paris Anne Hidalgo, qui a promis la fin du diesel en 2024 dans la capitale, veut quant à elle le maintien du calendrier et demande à Emmanuel Macron de « prendre ses responsabilités ».

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A Lyon, le calendrier a déjà été assoupli

A ce jour, 11 métropoles ont leur ZFE, avec des calendriers différents. Mais en février, la Métropole de Lyon a annoncé « l'assouplissement » de son calendrier et « la remise à plat » de son projet d'extension. Son président EELV, Bruno Bernard, reconnaissait un « besoin d'une acceptabilité du plus grand nombre, du milieu économique jusqu'aux maires et citoyens ».

Ce que n'avait pas manqué de saluer dans la foulée Fabien Roussel, le patron des communistes. Il précisait alors au micro de Franceinfo : « Il y a aujourd'hui dix millions d'automobilistes qui ont des véhicules Crit'air 3 4 5 qui vont être interdits de se déplacer, il faut un moratoire, il faut déplacer ces ZFE, il faut les décaler dans le temps ».

(Avec AFP)