« Il ne peut y avoir de transition énergétique sans réassurance du lien social » (Nicolas Routier, Groupe La Poste)
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T La Revue n°12
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LA REVUE T- Pour un groupe comme La Poste, que représente l'adaptation au changement climatique ?
NICOLAS ROUTIER- On l'oublie souvent, mais La Poste a 600 ans d'existence et répond à des missions dont l'objectif dépasse le seul profit. Nous avons l'habitude du temps long et de prendre en compte des externalités négatives, deux éléments essentiels quand on parle de transition climatique. Un autre avantage est notre gouvernance ouverte, qui intègre de nombreuses parties prenantes : les postiers, les élus, les consommateurs, les commissions départementales...
Néanmoins, ce n'est pas suffisant si l'entreprise ne s'engage pas dans une transformation effective. Cela passe autant par son orientation stratégique - nous sommes la première entreprise publique à mission de France - que par des investissements majeurs. Faire face aux enjeux de transition climatique, c'est accepter la contrainte d'obligations librement consenties. Cela représente un véritable effort pour La Poste, notamment financier, or il faut se souvenir que si nous ne parvenons pas à demeurer une entreprise compétitive, nous disparaîtrons.
Vous distribuez du courrier et des colis dans toute la France et au-delà. À quel point êtes-vous capable de réellement réduire votre empreinte carbone ?
Depuis 2011, La Poste est engagée sur la voie de la neutralité carbone. Notre ambition : être net zéro carbone au plus tard en 2050 et chaque fois que ce sera possible dès 2040. Pour agir, nous suivons ce triptyque : mesurer, réduire, compenser. Dès 2011, nous avons mesuré notre propre empreinte carbone, mais aussi celle de nos filiales et de nos sous-traitants, c'était vraiment novateur. Nous avons appris à mesurer à une époque où les standards n'existaient pas. En matière de réduction, nos efforts se sont concentrés sur notre flotte de véhicules. Encore aujourd'hui, nous avons le premier parc de véhicules électriques au monde !
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Nous nous sommes aussi engagés dans la compensation intégrale de nos émissions résiduelles, y compris celles de nos filiales et nos sous-traitants. J'entends bien que cette notion de compensation est maintenant contestée. Nous savons qu'il va falloir aller plus loin. Il faut trouver des solutions pour réduire encore les émissions et pour séquestrer le carbone émis. Même si nous sommes très fiers de nos programmes de compensation, d'ailleurs tous labellisés, nous sommes bien conscients que le changement climatique va demander de nouvelles réflexions, de nouveaux efforts et que nous devrons définir de nouveaux projets pour demain.