L'aéroport de Deauville autorise EDF à construire une centrale solaire sur ses terres

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L'aéroport de Deauville vient d'autoriser EDF Renouvelables à construire une centrale solaire de 60 mégawatts au Sud de sa piste.
L'aéroport de Deauville vient d'autoriser EDF Renouvelables à construire une centrale solaire de 60 mégawatts au Sud de sa piste. (Crédits : photomontage I'm In Architecture)
Au terme d'un appel à manifestation d'intérêt, le syndicat mixte qui gère l'aéroport vient d'autoriser EDF Renouvelables à construire et exploiter, sur des terrains délaissés jouxtant l’aéroport, une centrale solaire de 60 mégawatts. Le modèle pourrait faire école.

Leur quête est rarement couronnée de succès. Trouver des terrains susceptibles d'abriter  des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques est devenu la préoccupation numéro 1 des énergéticiens. Entre les contraintes réglementaires et l'hostilité des riverains, les développeurs rencontrent de plus en plus de difficultés pour dénicher des emprises foncières alors même que les conflits d'usage se multiplient et que les besoins augmentent dans des proportions considérables. Pour honorer les promesses de son plan solaire, EDF par exemple devra louer ou acquérir une surface équivalente à 40.000 terrains de football (!). Pas exactement une promenade de santé.

Cette course à l'hectare explique l'intérêt croissant que manifestent les opérateurs pour ce que l'on appelle « les délaissés aéroportuaires » : ces vastes espaces que la proximité des pistes condamne à rester en friche pour des raisons de sécurité. Peut-être plus pour très longtemps. Hier déterminée à les sanctuariser, la direction de l'aviation civile (DGAC) a fait évoluer son point de vue et semble aujourd'hui prête à accepter l'installation de panneaux solaires à proximité des aérogares, au nom de la transition énergétique. L'aéroport régional de Deauville-Saint Gatien est l'un des premiers en France à s'engouffrer dans cette brèche.

« Des terrains difficilement utilisables autrement »

Au terme d'un appel à manifestation d'intérêt qui a réuni plus de vingt-cinq candidats dont plusieurs pointures comme Total et Akuo, le syndicat mixte qui gère la plateforme vient d'autoriser EDF Renouvelables à construire et exploiter, sur ses délaissés, une centrale solaire de 60 mégawatts. Soit le tiers de la puissance actuellement installée en Normandie et de quoi alimenter 29.000 personnes en électricité (hors chauffage). L'installation de belle taille s'étendra sur une superficie de 45 hectares d'un seul tenant de au Sud de la piste.

« Ce sont des terrains qui auraient été difficilement utilisables autrement du fait des servitudes aériennes, ne serait-ce que parce qu'il est interdit de construire à plus de 3,50 mètres de haut » explique Frédéric Enzensommer, responsable administratif et financier de l'aéroport.

Pas question pour autant de croire tout permis. Ces espaces, qui aiguisent l'appétit des développeurs, obéissent à des contraintes particulières. EDF Renouvelables sera ainsi tenu de protéger l'enceinte des intrusions de bipèdes ou de quadrupèdes, susceptibles de divaguer sur le tarmac. Dans la même veine, les panneaux devront être recouverts d'un revêtement anti-réverbération conçu par Saint Gobain afin de ne pas éblouir les pilotes. « C'est déjà ce que la DGAC impose pour les fenêtres de toit des riverains » précise Frédéric Enzenhommer.

La promesse de ressources supplémentaires pour l'aéroport

Le projet qui a nécessité près de deux ans d'études vient à point nommé pour l'aéroport de Deauville dont la fréquentation a dégringolé depuis le premier confinement et peine depuis à se redresser. Bénéfique en termes d'image, il le sera aussi pour le compte de résultats. A la clef, un million d'euros de recettes supplémentaires par an : plus que le budget annuel du syndicat mixte dont les dirigeants rêvent déjà du titre de «premier aéroport régional producteur d'électricité renouvelable de France et d'Europe ».

Reste à obtenir l'aval des autorités administratives et de la DGAC ainsi que le feu vert de la Commission de Régulation de l'Energie  (CRE) auquel le dossier sera soumis via le mécanisme des enchères. En cas de succès, ce dernier pourrait lui donner droit à un bonus comparable à celui mis en œuvre par la CRE sur les friches urbaines et industrielles. Si rien ne vient contrarier ces plans, la centrale sera raccordée au réseau au premier semestre 2024. « Elle marquera une avancée dans le plan solaire d'EDF qui vise à faire du groupe un des leaders avec 30% de part de marché d'ici 2035 » se félicite Bruno Bensasson, directeur exécutif en charge des ENR.

Quant à ceux qui douteraient du rendement de l'installation sous ces latitudes, ils sont invités à réviser leurs manuels de physique. « Le niveau d'ensoleillement importe moins que la lumière qui se reflète sur les panneaux », rappelle t-on chez EDF.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2021 à 8:20 :
Et vu l'état de l'économie aérienne ils vont même pouvoir faire plus grand que prévu.

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