« Sur l'hydrogène, il faut sortir de la logique seulement locale pour déployer à grande échelle » Pierre-Etienne Franc (FiveT Hydrogen)
Propos recueillis par Marine Godelier
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Hy24
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... ienne Franc, revient pour La Tribune sur le fonctionnement concret de ce fonds, et sur sa vision de la transition énergétique.
LA TRIBUNE - À quoi sert, concrètement, le fonds d'infrastructure pour l'hydrogène décarboné géré par Hy24, une structure co-créée par Ardian et FiveT Hydrogen ?
PIERRE-ÉTIENNE FRANC - L'idée est simple : agir comme un catalyseur, et accompagner financièrement le développement de l'hydrogène bas carbone sur toute sa chaîne de valeur. Et ce, en se concentrant sur ce secteur en particulier uniquement. Car nous voulons faire en sorte que celui-ci devienne une nouvelle classe d'actifs à part entière pour les investisseurs, aux côtés des actifs pour les centrales au gaz ou au charbon. Autrement dit, nous souhaitons qu'il ne représente pas qu'une petite poche dans un fonds plus diversifié sur l'énergie.
Pour ce faire, nous allons investir à la fois en amont, sur les électrolyseurs [des installations qui permettent de produire de l'hydrogène à partir d'eau et d'électricité, Ndlr], et en aval, notamment sur l'usage dans la mobilité, via les flottes captives et les stations de distribution d'hydrogène. Nous voulons aussi diversifier le portefeuille sur le plan géographique, de l'Europe aux États-Unis, en passant par l'Asie.
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À terme, nous espérons ainsi réunir de 1,5 à 1,8 milliard d'euros. Il y a déjà de nombreux investisseurs à l'initiative de ce fonds, comme Air Liquide, TotalEnergies, Vinci, PlugPower mais aussi AXA et CCR, le groupe chimiste coréen LOTTE Chemical, les trois opérateurs du réseau gazier GRTgaz, Snam et Enagas, ou encore EDF, ADP et Ballard, entre autres. En tout, seize groupes industriels et financiers ont déjà participé, ce qui permet d'avoir une belle ossature. Nous sommes ainsi déjà actifs sur trois deals, dont celui avec Hy2gen, annoncé aujourd'hui, qui procède précisément de cette approche - catalyser un tour de table avec d'autres grands acteurs du secteur pour permettre le développement à l'échelle d'une filière basée sur l'hydrogène vert, ici plutôt les e-fuels et l'ammoniac. Les capitaux investis seront en effet consacrés à la réalisation de quelques projets déjà très avancés dans ce secteur.
Propos recueillis par Marine Godelier