Le capital-risque fait à nouveau les yeux doux aux start-up israéliennes

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Après un passage à vide l'an dernier, le capital-risque en Israël devrait mobiliser 800 millions de dollars en 2011 pour financer les jeunes pousses du pays.

Après une inquiétante année 2010, la haute-technologie israélienne pressent un retour des beaux jours. Le moral des gestionnaires des fonds de capital risque, qui financent massivement ce secteur au point que l'État hébreu se présente volontiers comme une « nation de start-ups », est remonté de plusieurs crans. L'an dernier, ces fonds sont restés à sec. Il n'ont pas mobilisé un seul dollar, si bien que les 1,26 milliard de dollars levés en 2010 par 391 entreprises de « high tech » avaient été puisés sur les réserves accumulées par les fonds de capital risque les années précédentes.

Pour 2011, en revanche, le centre de recherche sur les fonds de capital risque israéliens (IVC) prévoient des levées de capitaux de 800 millions de dollars auprès d'investisseurs locaux et étrangers auxquels pourraient s'ajouter des réserves de 1,4 milliard de dollars.

D'ores et déjà les premiers frémissements se font sentir. Parmi les opérations les plus récentes figurent l'initiative de Pintango Venture Capital, un fonds israélien qui vient de lever avec des partenaires américains 16,5 millions de dollars pour Boxee, un petit éditeur de logiciels qui a mis au point un système permettant de regarder des films, des émissions et des vidéos diffusés sur Internet depuis un poste de télévision.

Favoriser la prise de risque

Un nouveau fonds créé à Munich, Atlantic Capital Partners, a pour sa part mobilisé 100 millions de dollars destinés à des opérations en Europe et en Israël. Localement, Tamir Fishman Ventures, un fonds de capital risque, vient d'annoncer à la Bourse de Tel Aviv son intention d'investir 110 millions de dollars. Selon Eldad Tamir, le patron de ce fonds, l'opération permettra de tester l'efficacité des réformes du gouvernement visant à protéger une partie des investissements pour favoriser la prise de risques.

« Notre but est de rendre les investissement dans les fonds de capital risque beaucoup plus attirants dans la haute-technologie, qui représente un atout stratégique essentiel pour Israël », souligne Shouky Oren, un haut responsable du ministère des Finances. Le dispositif prévoit que les fonds puissent bénéficier d'une aide sous forme de participations de l'État pouvant aller jusqu'à 25 % de leurs investissements. Dans un premier temps, l'enveloppe budgétaire prévue pour ces opérations a été fixée à 60 millions de dollars. « Ces incitations devraient entraîner une augmentation de la levée de capitaux de plus de 220 millions de dollars en 2011-2012 », prévoit-on au ministère.

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, espère ainsi relancer le partenariat entre l'État et le secteur privé, la recette « miracle » à l'origine du décollage de la haute technologie israélienne à la fin des années 90. Ce modèle loué par de nombreux ministres français dont Eric Besson le ministre de l'Industrie, lors de sa visite en Israël, a pâti ces dernières années de la concurrence des « hedge funds », avant que la crise financière ne les mettent à mal.

Ce retour en grâce devrait surtout profiter aux entreprises de biotechnologie qui, pour la première fois, pourraient dépasser le secteur des technologies de l'information en termes de mobilisation de capitaux, estime Yaniv Cohen, associé chez le consultant Ziv Haft. Selon lui, « les investisseurs cherchent à réaliser des opérations réduites dans ces entreprises qui en sont encore dans les premières phases de développement mais où le potentiel de rentabilité est plus important ».

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