Automobile : le véritable enjeu de la bataille franco-allemande sur les rejets de C02
Alain-Gabriel Verdevoye
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Renault et PSA ont quelque part le beau rôle. Et, au nom de la vertu écologique, ils s'opposent aux constructeurs allemands, spécialistes des grosses voitures qui consomment plus et donc rejettent davantage de C02 au kilomètre - consommations et émissions de gaz à effets de serre étant corrélées. « La Commission européenne a proposé en juillet 2012 une plus grande « sévérisation » (sic) des rejets de C02, qui obligerait Audi ou Daimler à diminuer de 4 grammes encore leurs émissions moyennes. Renault et PSA devaient, eux, les abaisser d'un gramme », explique un expert des questions écologiques dans l'industrie automobile. « On est maintenant en plein débat au Parlement européen, qui devrait voter, en première lecture, le 18 juin ou le 2 juillet. Le Conseil attend », précise-t-il.
Les Allemands, vent debout
Globalement, les Français se satisfont de ces nouveaux objectifs, moyennant des aménagements. Mais pas les Allemands, vent debout contre cette initiative jugée intempestive et qui risque de leur coûter très cher. Les Français se montrent officieusement ravis de ce que leurs concurrents germaniques, à qui tout semble réussir, se trouvent confrontés à des objectifs de C02 très difficiles à atteindre. Ca leur apprendra à réussir dans les 4x4, les coupés hautes performances ou les limousines de prestige, se réjouissent tout bas les firmes tricolores...Jalousant les succès insolents des Allemands en haut de gamme, Renault et PSA se vengent ici indirectement de leur spécialisation dans les petits véhicules à faibles marges, qui ont au moins l'avantage de rejeter moins de gaz à effets de serre. Ou comment transformer un handicap en bon point...
Les Allemands puissant mais isolés
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Les constructeurs européens sont d'ailleurs divisés grosso modo en deux camps. Et les Français ne sont pas seuls ! « D'un côté, il y a les Allemands, de l'autre Renault et PSA qui forment une coalition avec tous les autres comme Fiat, Volvo, GM Europe, Ford Europe, Hyundai Europe et Toyota Europe », indique un connaisseur de l'industrie européenne. Puissants, les groupes allemands n'en sont pas moins relativement isolés.
Alain-Gabriel Verdevoye