Windustry France : la filière éolienne se met en place dans l'Hexagone

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Où en est Windustry France ? Cette plateforme collaborative a été impulsée il y a tout juste un an par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l'Ademe, en vue de dynamiser le développement d'une filière industrielle dans l'énergie éolienne. Un but était affiché à l'époque : convertir des industriels à l'éolien et lever les obstacles à la création d'un véritable secteur en France.

Après 12 mois de travaux, Windustry France a symboliquement planté son drapeau à Bruxelles la semaine dernière au salon annuel de l'association européenne de l'énergie éolienne (EWEA). De retour du plus grand événement du secteur en Europe, Jean-Philippe Roudil, délégué général du SER, dresse un bilan d'étape pour GreenUnivers. Même si le dispositif doit encore s'affirmer, Windustry France est déjà devenu un emblème influent, confirmant l'existence d'une dynamique industrielle en France dans l'éolien.

GreenUnivers : Un an après le lancement de la plateforme collaborative Windustry France, quel en est le premier bilan ?
Depuis un an, les agences régionales, les chambres de commerce et d'industrie, les organismes de développement économique ou encore les clusters se sont appropriés Windustry France. Nous avons été sollicités pour organiser des conférences, des réunions d'échange et des groupes de travail. Nous avions sous-estimé une telle mobilisation et une telle dynamique de la part des acteurs régionaux. C'est une très bonne nouvelle car à côté de nos actions nationales, les relais de développement d'une industrie de l'éolien se trouvent au niveau du tissu économique local, au plus près des PME-PMI. Aujourd'hui, le travail d'information et de sensibilisation est fait et les actions s'organisent désormais en région. Les entreprises doivent se coordonner autour des clusters par exemple. D'une manière générale, l'industrie française est en ordre de bataille et Windustry France joue le rôle de catalyseur.

GU : Comme à Bruxelles la semaine dernière, lors du salon annuel organisé par l?EWEA, la puissante association européenne de l?énergie éolienne...
Oui. L'industrie française s'est rangée sous la bannière Windustry France au salon de l?EWEA. C'est la première fois que la France est présente de manière organisée sur un tel évènement. A l'inverse des idées reçues, le pays n'a pas raté le train de l'éolien comme certains le soulignent souvent. Avec son implication, Windustry France est un atout pour la visibilité de l'industrie française. Par rapport à des pays comme l'Allemagne ou le Danemark, notre industrie commence à exister en Europe. Certaines de nos entreprises deviennent connues. Il est désormais envisageable de rattraper notre retard sur ce secteur.

GU : L'un des objectifs premiers de Windustry France était d'encourager des industriels traditionnels à diversifier leurs activités sur un ou plusieurs composants de l'éolien. Capgemini avait identifié 150 entreprises françaises prêtes à se lancer. Quel est le bilan aujourd'hui ?
Les entreprises ont été sensibilisées sur cette filière. Beaucoup d'acteurs se sont positionnés et travaillent au développement de prototypes, en vue de l'appel à manifestations d'intérêt éolien prévu dans les prochains mois dans le cadre du Grand Emprunt et du futur appel d'offres éolien offshore. Mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Les savoir-faire sont à acquérir graduellement et le secteur doit se structurer de façon progressive. Les entreprises n'ont d'ailleurs pas toutes les moyens de se lancer facilement dans l'aventure. Il y a un noyau d'une dizaine de sociétés dans une situation solide pour entrer seules sur le marché. Ces entreprises tireront ensuite de nombreux suiveurs, des sous-traitants de rang deux par exemple. La mise en réseau de nos adhérents est d'ailleurs l'une des principales missions de Windustry France, à côté de la visibilité internationale.

GU : Pouvez-vous nous citer des exemples d'entreprises désormais engagées dans une diversification sur le marché de l'éolien ?
Au-delà des turbiniers qui ont d?ores et déjà des projets en France et qui tirent la filière, le projet Windustry France est centré sur les équipementiers qu?il s?agit d?accompagner sur des marchés nouveaux. Les industriels concernés sont des entreprises comme DCNS, spécialiste de la construction navale militaire et très actif sur les énergies marines, EADS Astrium, présent sur la conception et la fabrication de pales d'éoliennes, ou encore le chantier naval STX France qui a ouvert un bureau d'étude offshore. Ensuite, on trouve l'entreprise normande Fouré-Lagadec, spécialisée initialement dans les équipements offshore pour l'industrie pétrolière. Citons aussi Manoir Industries qui possède un savoir-faire dans la réalisation de pièces de fonderie ou encore le sidérurgiste GTS Industries et la société picarde Mersen, anciennement Carbone Lorraine, experte en matière de composants électroniques.
La dynamique est importante. Nous avons dû refuser la présence d'entreprises sur le stand de Windustry France au salon de l'EWEA de Bruxelles par manque de place sur le stand. Avec Fouré Lagadec et Manoir Industries, quatre autres entreprises étaient présentes sur le stand : Céole, Baudin Chateauneuf, Guerton et Rollix. L'année prochaine à Copenhague, nous prévoyons un stand trois fois plus grand !

GU : Quels sont les prochaines actions de Windustry France ?
Nous avons proposé un projet à l'Etat dans le cadre de l'appel à projets pour la structuration des filières d'énergies vertes (appel pour des Instituts d'excellence dans le domaine des énergies décarbonées, dit IEED, dont les résultats sont attendus courant 2011, NDLR). Il s'agit d'obtenir une aide financière pour aller plus loin dans la démarche Windustry France, avec le financement de chargés de mission par exemple. L'idée est de mettre en place un organe mutualisé avec des experts dédiés dont la mission serait d'appuyer les PME qui souhaitent entrer sur le marché. Pour cela, Windustry France a besoin d'un budget modeste de 500.000 euros par an pendant trois ans.

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a écrit le 23/03/2011 à 21:49 :
"Pour cela, Windustry France a besoin d'un budget modeste de 500.000 euros par an pendant trois ans."
Et on paye encore...Voilà encore la preuve que ce qui fait tourner les éoliennes, ce n'est pas le vent: c'est les subventions.

Réponse de le 24/03/2011 à 1:57 :
Les énergies les plus subventionnées au monde et de très loin sont les énergies fossiles, puis le nucléaire et ensuite le renouvelable, faut être juste et objectif. Sans parler du coût total des énergies fossiles comme nucléaire en termes de santé et sur toute la filière, de l'extraction au démentèlement et stockage des déchets du nucléaire, sans évoquer non plus la prise en charge des dégâts (Fukushima, Tchernobyl, Sellafield, Saint Laurent des Eaux, Three Miles Islands etc), voir pour infos les conséquences économiques rien qu'au Japon (235 milliards d'euros environ, si la contamination s'étendait aux produits chinois ou coréens tous proches je vous laisse faire le calcul). S'il y avait eu juste répartition des budgets aux différentes énergies l'éolien - qui est déjà plus rentable que le nucléaire de type EPR dont les coûts vont s'accroître avec le prix et raréfaction de l'uranium et l'augmentation des règles de sécurité - n'aurait plus aucune aide et il n'en n'a déjà plus beaucoup. Ses retombées économiques sont également à prendre en compte et importantes sur une multitude d'entreprises nationales entre autres et il est majoritairement bien accepté.
a écrit le 23/03/2011 à 12:55 :
Cette "plateforme collaborative", c'est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf...au delà du bla-bla de circonstance, on ne peut nier que la majorité des projets éoliens se trouvent contestés par des riverains qui ne veulent pas de ces machines à 500 m de chez eux.

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