La Corée du Sud mise sur le "smart grid"

Séoul teste depuis 2009, grandeur nature, les technologies des réseaux électriques intelligents, qui doivent lui permettre de réduire sa facture d'électricité. Les premiers résultats sont prometteurs.
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Cinq milliards d'euros. C'est la somme que Kepco, l'opérateur public sud-coréen de production et de distribution d'électricité, compte investir d'ici à 2030 dans le « smart grid ». Et nombreuses sont les entreprises du pays du Matin Calme à miser sur ce concept. Les « réseaux électriques intelligents » doivent permettre l'optimisation de la consommation d'électricité à l'aide des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC). Sans ressources naturelles, la Corée du Sud doit importer 97 % de son énergie et le pays se classe parmi les plus gros émetteurs de CO2 des pays de l'OCDE. Mais elle possède aussi une industrie des TIC très avancée. « Les technologies ?smart grid? doivent aider à améliorer le rendement énergétique », s'enthousiasme Jongcheon Son, de l'Institut coréen du smart grid (KSGI). Cette agence publique a pour objectif d'économiser en vingt ans plus de 18 milliards d'euros d'importations énergétiques. Selon sa feuille de route, toutes les grandes villes coréennes seront connectées d'ici à 2020, et tout le pays d'ici à 2030.

Un projet pilote est mené sur l'île de Jeju. Depuis 2009, 168 entreprises y participent et 6.000 foyers sont connectés pour un budget de 141 millions d'euros, dont un quart financé par l'État. « Si l'on considère la variété des technologies testées, le projet de Jeju est le plus grand du monde , souligne Jongcheon Son. Nous y expérimentons des technologies mais aussi un modèle commercial. »

Forte baisse de la facture

Les systèmes testés consistent en des capteurs installés sur l'ensemble des infrastructures de distribution afin d'en minimiser les pertes. Côté usager, des compteurs électriques « intelligents » gèrent automatiquement sa consommation. Ils font par exemple fonctionner les appareils électroménagers aux heures où l'électricité est la moins chère. Le contrôle se fait depuis un écran dédié ou un téléphone portable. « L'utilisateur a en main toutes ses données énergétiques. Cela lui permet d'optimiser sa consommation en électricité, en gaz et en eau », explique Francisco Song, directeur du bureau de Séoul du cabinet de consulting Jitex. Ce nouveau marché du « foyer intelligent » intéresse les opérateurs téléphoniques, qui sont partie intégrante du projet. L'expérience inclut aussi la construction de centrales d'énergies renouvelables (solaire, éolien) et d'infrastructures pour les véhicules électriques (station de rechargement).

Elle comprend enfin la mise au point d'un système de facturation, ainsi que d'un marché de vente et d'achat d'électricité en temps réel. Selon le quotidien sud-coréen « Joongang Ilbo », un habitant de Jeju a vu grâce au smart grid sa facture d'électricité passer de 35 euros mensuels à... 1,50 euros. « C'est probablement un record, tempère Francisco Song car les résidents ont vu leur facture réduite de 40 % en moyenne. »

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