Le marché français du biogaz passe la vitesse supérieure

Le producteur indépendant d'énergie Séchilienne Sidec reprend 60 % du capital de Methaneo, détenus par deux fonds de capital investissement. Le marché français émerge à peine mais présente de belles perspectives de développement.
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Le biogaz, produit à partir de déchets de l'agriculture ou de l'industrie agro-alimentaire, est embryonnaire en France mais y présente un potentiel important : 10 MW sont aujourd'hui installés, pour un objectif fixé par le Grenelle de l'Environnement à 624 MW en 2020. En Allemagne, ce sont déjà quelque 7.000 installations qui produisent 3.000 MW.

Injection possible dans le réseau de gaz français

A l'origine, le procédé de méthanisation transforme par fermentation les déchets en gaz (du méthane), lequel est utilisé pour produire à la fois de l'électricité et de la chaleur. Mais depuis quelques mois, il est aussi possible en France d'injecter directement ce biogaz dans le réseau, en bénéficiant de tarifs de rachats préférentiels de 150 à 170 euros le mégawattheure selon la taille des installations. Un facteur d'accélération du marché qu'avait anticipé le fonds de capital investissement Omnes (ex. Crédit Agricole Private Equity ou CAPA).

Soutenu par des fonds d'investissements

Depuis fin 2008, CAPA et le fonds d'investissement Demeter, spécialisé dans les cleantechs, détenaient ensemble 60 % de Methaneo. Cette société fondée en 2007 par Sébastien Couzy et Yann Mercier, est en effet le précurseur de la bio-méthanisation en France. Son premier projet, baptisé Tiper, en cours de construction à Thouars (Poitou-Charentes), doit entrer en service en 2013. Mais Methaneo détient 22 projets en portefeuille de projets et vise les 25 MW installés dans les cinq prochaines années.

C'est ce qui a intéressé Séchilienne Sidec. Cette société française qui conçoit, construit, finance et exploite des centrales thermiques, éoliennes et photovoltaïques en Europe, dans l'Océan Indien et dans les Caraïbes, a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 360 millions d'euros. Séchilienne Sidec a également développé depuis 20 ans une activité de biomasse, notamment Outre-mer à partir de bagasse (déchet de canne à sucre). 

S'adosser à un partenaire industriel pour changer de braquet

Elle vient de reprendre les 60 % du capital détenus par Omnes et Demeter. Les deux fondateurs conservent 40 % du capital. « L'accélération du marché qui s'annonce justifie cet adossement à un partenaire industriel, explique Serge Savasta, responsable de l'activité énergies renouvelables d'Omnes Capital. Le modèle développé par Methaneo, inspiré de l'exemple danois, nous semble très prometteur. » Plutôt que d'alimenter chaque installation à partir d'un unique combustible, il s'agit de combiner plusieurs sources de déchets dans un rayon géographique donné. Ce qui sécurise l'approvisionnement et garantit un meilleur ancrage dans les territoires. Typiquement, les centrales de Methaneo fonctionneront à partir de résidus d'agriculture tels que les lisiers et de déchets agro-alimentaire, notamment issus de l'équarrissage.

« Nous anticipons un développement similaire à celui qu'a connu le solaire, avec 5 à 6 ans de décalage », ajoute Serge Savasta. Les perspectives de développement font apparaître quelques concurrents, mais Methaneo bénéficie d'une avance certaine, qu'il entend bien exploiter au mieux aux côtés de Séchilienne Sidec, qui prévoit pour les prochaines années un investissement de 120 à 150 millions d'euros dans cette activité.
 

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