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EDF affiche un bilan carbone flatteur

Dominique Pialot

Publié le 15 mai 2012 à 16:59 - Mis à jour le 15 mai 2012 à 17:11

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Le géant français de l'énergie s'est félicité mardi d'une production à l'intensité carbone historiquement faible sur l'année 2011. Sans s'engager réellement à aller plus avant.

Pour la publication de son premier bilan carbone sur un périmètre France (un an plus tôt que ne l'exige la loi Grenelle), EDF est en mesure d'afficher une intensité carbone de sa production en dessous de la barre symbolique des 100 grammes de CO2 par kilowattheure. Cette performance est à comparer avec celle de ses concurrents européens, qui s'élève en moyenne à 350 gr/kWh, 450 à 500 gr/kWh en Allemagne, voire 800 à 900 gr/kWh pour les groupes dont le mix énergétique est le plus « carboné », c'est-à-dire composé en majorité de centrales thermiques. Rien d'étonnant à ce que EDF, dont le parc est en grande majorité nucléaire, soit parmi les mieux placés sur le plan de l'intensité carbone. En valeur absolue, il reste le deuxième plus gros émetteur de France (derrière Arcelor Mittal) et parmi les trois premiers européens.

Une diminution continue de l'intensité carbone

Mais le volume global a néanmoins diminué de 34 millions de tonnes en 1990 à 14 millions de tonnes en 2011. Et au cours de cette dernière année, cette intensité carbone a diminué de 11 %. Dans le même temps, les émissions des centrales électriques des Vingt-Sept baissaient de 2 % en moyenne, dans un contexte de croissance du PIB de 1,5 %. En France, où seulement 5 % de son mix énergétique est émetteur de gaz à effet de serre, l'intensité carbone de l'électricité produite par EDF plafonne à 30,4 gr/kWh (en baisse de 25 %), auxquels il convient d'ajouter 10 grammes si l'on tient compte des émissions liées à la construction des équipements.

Claude Nahon, directrice du développement durable du groupe depuis 2003, attribue cette performance à une année 2011 au climat particulièrement doux, à la conversion de certaines centrales au charbon ou au fioul en centrales à gaz, deux fois moins émettrices de CO2 et à l'optimisation des performances du parc.

La disponibilité des centrales nucléaires, un levier essentiel

Et, surtout, à la bonne disponibilité de ses centrales nucléaires. « Un point de disponibilité en moins ou en plus correspond à une variation de 20 % des émissions », souligne Claude Nahon. Si cette disponibilité a atteint 80,7 % en 2011 (contre 78,5 % en 2010) malgré une année sèche, c'est notamment grâce au programme « Coordination de l'eau » qui doit permettre une meilleure gestion de la ressource au sein du groupe.

Quant aux énergies renouvelables, dont EDF, depuis qu'il a récupéré il y a quelques mois les 50 % d'EDF Energies Nouvelles qui ne lui appartenaient pas, en est le cinquième producteur au monde, leur effet est à double tranchant. En raison de leur intermittence, elles doivent en effet être doublées de capacités de production rapidement mobilisables, pour moitié des centrales à gaz et des centrales hydrauliques.

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Argument économique

Ces efforts de réduction de l'intensité carbone, outre qu'ils constituent l'un des meilleurs arguments en faveur de l'énergie nucléaire, ont également un fondement économique. « Nous tenons compte d'un prix du carbone - fixé selon différents scénarios - dans nos décisions d'investissement et dans le choix des centrales à démarrer en priorité », confirme Claude Nahon. Etant donné leur sensibilité à la disponibilité des centrales (qui risque de ne pas aller en s'améliorant à mesure du vieillissement du parc) ou au climat, le groupe ne prend pas d'engagement chiffré quant à l'amélioration à venir de cette intensité carbone.

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A compter de 2013, les électriciens seront les premiers à devoir acheter sur le marché l'intégralité de leurs quotas de CO2. Entre 2005 et 2007, lors de la première période du système d'échange européen, l'ETS (European Trading System), ils en ont bénéficié gratuitement. Et, comme tous les secteurs concernés (cimentiers, sidérurgie, papetiers...), ils en ont reçu en quantité supérieure à leurs émissions réelles. Depuis la deuxième période (2008-2012), ils doivent en acquitter un quart. Pour 2011, la provision qui résulte des excédents d'émissions par rapport aux quotas reçus (qui couvre l'insuffisance de quotas au 31 décembre 2011) s'élève à 149 millions d'euros (319 millions d'euros au 31 décembre 2010).

Dominique Pialot

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