La chronique de Marc Fiorentino. Des secteurs d’avenir qui peuvent devenir des secteurs du passé
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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« Gérer son argent en période de disruption ». Ce serait un bon sujet de thèse pour un doctorat en gestion de patrimoine. Et c'est vraiment le sujet majeur pour votre argent, depuis quelques années, avec une accélération spectaculaire dans les derniers mois.
Disruption politique avec le tandem Trump-Musk ; disruption géopolitique avec le redécoupage des zones d'influence mondiales ; disruption financière avec l'émergence de nouveaux placements et l'envolée des valorisations ; disruption boursière avec une « rotation sectorielle » incessante entre les secteurs d'avenir et du passé, les premiers pouvant rapidement devenir les seconds. En quelques mois, en quelques jours, en quelques heures même. Une illustration ? Ce qui s'est passé en début de semaine en Bourse.
La tech américaine : dominante, écrasante, indestructible. C'est ce qu'on croyait. Avec un moteur d'avenir qui devait permettre à ses arbres géants de monter jusqu'au ciel : l'intelligence artificielle. C'est ce qu'on croyait aussi. Des entreprises qui capitalisent plus de 1 000, 2 000 voire 3 000 milliards de dollars. Des disrupteurs en chef. Mais on a découvert en quelques heures que les disrupteurs peuvent être disruptés.
Par une start-up chinoise, DeepSeek, qui dit faire aussi bien que ChatGPT avec des puces beaucoup moins chères, des équipements de base et un investissement global de... 6 millions (millions, pas milliards) de dollars. Même si les chiffres chinois sont toujours à prendre avec beaucoup de précaution, c'est un événement majeur. Six millions de dollars qui ont détruit 1 000 milliards de dollars de valeur boursière américaine en quelques heures, auxquels s'ajoutent encore plusieurs centaines de milliards si on inclut les marchés internationaux...
Comment gérer son argent quand rien de ce qu'on croit n'est acquis ? Sujet passionnant. Un défi majeur. Les Français ont déjà répondu à cette question depuis longtemps. Leur réponse est : « avec prudence ». Les épargnants français, considérés comme trop craintifs, trop conservateurs, sont souvent raillés par les pros du placement. Ils sont caricaturés comme des adeptes du livret A à l'heure du bitcoin et de l'intelligence artificielle.
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Je ne suis pas d'accord. Les Français sont prudents. Et dans des périodes de perturbations incessantes et répétées, ce n'est pas une mauvaise stratégie. Quand on peut être prudent tout en profitant de rendements relativement attractifs, pourquoi prendre des risques, trop de risques ? Prudence ne veut pas dire immobilisme. Et la prudence n'est pas incompatible avec le placement boursier. Il y a en Bourse aujourd'hui des entreprises mal aimées. Pas assez « sexy ». Et pourtant solides, pérennes.
Avec des ratios de valorisation extrêmement bas, trois ou quatre fois les bénéfices parfois, alors que les stars de la cote valent plusieurs fois... leur chiffre d'affaires. Les financiers ont un nom pour ces valeurs « boring », ennuyeuses : les actions « value ». Des actions sous-valorisées de façon criante. C'est le cas notamment de certaines « small caps », les valeurs dites « moyennes ».
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En période de disruption permanente et de taux d'intérêt relativement élevés, la prudence est une bonne stratégie. Mêler placements de taux et d'actions « value », un mix pour les vents tournants.
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