Une martingale pour le placement
Marc Fiorentino

Nous avons tous des « abonnements » multiples, donc l’idée d’un prélèvement mensuel pour un « abonnement épargne » doit être envisagée.
LTD/Wolfilser/IMAGO via Reuters
Marc Fiorentino

Nous avons tous des « abonnements » multiples, donc l’idée d’un prélèvement mensuel pour un « abonnement épargne » doit être envisagée.
LTD/Wolfilser/IMAGO via Reuters
Tous les épargnants, surtout les débutants, cherchent la « martingale ». La méthode qui pourra leur permettre de gagner à tous les coups. J'ai une mauvaise nouvelle : elle n'existe pas. La martingale dans le placement est un leurre. Une technique a toutefois fait ses preuves, et vous devriez tous l'adopter.
Un constat : l'art de la prévision est difficile, voire impossible. Peu de prévisionnistes avaient anticipé une hausse aussi spectaculaire des marchés boursiers américains en 2024, ou la baisse de 2022, encore moins la chute brutale de mars 2020 ou le rebond puissant qui a suivi. Dans ce contexte, les épargnants manquent cruellement d'une boussole pour décider des actifs dans lesquels investir ou desquels se détourner pour 2025. Mais il existe une troisième voie, plus pragmatique, plus tranquillisante pour les investisseurs à la recherche de rendements, mais qui n'ont ni le temps ni l'envie de se lancer dans une analyse des perspectives économiques. Cette voie, c'est le versement programmé.
Alors que nous sommes habitués aux « abonnements » multiples, des opérateurs télécoms aux plateformes de streaming, l'idée d'un prélèvement mensuel pour un « abonnement épargne » doit être envisagée. Investir chaque mois une somme fixe dans une allocation d'actifs définie et adaptée à son profil apporte de nombreux avantages.
Cela permet tout d'abord de se donner une discipline d'épargne. Il s'agit en effet d'une épargne forcée, relativement faible donc indolore, mais dont la somme totale devient importante après quelques années. Investir 100 euros par mois à un taux de 4 % annuel permet d'obtenir au bout de dix ans un capital de près de 15000 euros, et plus de 35000 euros au bout de vingt ans ! C'est aussi et surtout une solution efficace pour limiter l'importance du timing et des choix d'investissement, atténuer les fluctuations boursières, l'évolution des taux ou encore le risque de krach immobilier.
Prenons un exemple très concret : l'année 2022, celle de la précédente « correction boursière », est une excellente tribune pour le versement programmé : si vous aviez investi 6 000 euros sur l'indice CAC 40 en janvier 2022, vous auriez eu 5430 euros en décembre 2022, soit une perte de 9,5 %.
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En revanche, si vous aviez placé 500 euros chaque premier du mois, ce sont 6036 euros que vous auriez obtenus en fin d'année, pas de perte donc, mais un léger gain. Et vous auriez pu profiter à plein de la hausse depuis 2023. Le versement programmé a ainsi permis d'atténuer les aléas de marché, vous laissant quand même profiter de la tendance à long terme.
La même méthodologie peut s'appliquer aux taux, à l'immobilier ou au private equity. Investir aujourd'hui sur un fonds obligataire permet par exemple de s'assurer un rendement autour de 3 ou 4 %. Vous serez largement gagnant si les taux baissent, mais votre capital diminuera si les taux remontent. Faut-il donc attendre ou investir aujourd'hui ?
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Choix difficile. Dont on s'affranchit en investissant de manière progressive. Vous investissez une première partie aujourd'hui et, si les taux baissent, vous serez gagnant sur cette part. S'ils remontent, vous pourrez bénéficier de points d'entrée plus bas sur vos prochains versements. Vous êtes donc gagnant dans les deux cas. Les martingales n'existent pas, mais adopter le versement programmé est ce qui s'en rapproche le plus.
Marc Fiorentino