Chambres noires avec vues

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Le marché de la photographie reste soutenu, mais connaît de grandes dépréciations tarifaires. Seules deux catégories échappent à la morosité: les œuvres primitives du XIXème siècle et les clichés des années d'entre les deux guerres. A suivre à Drouot.

Le marché de la photographie subit les effets de la crise, après avoir connu une décennie spéculative: si la décote moyenne avoisine les 20%, certaines catégories sont devenues totalement atones: ainsi, la photo contemporaine chinoise ne trouve plus acquéreur en Europe et les tirages postérieurs à la prise de vue, notamment des années 1950-70 voient leurs prix reculer de 50%. Les connaisseurs leur préfèrent les "vintages", tirages effectués à une période proche de la réalisation de la photo, et si possible signée ou marquée au tampon par l'artiste.


S'il y a désormais moins d'exubérance et d'excès, les acheteurs avisés s'attardent un peu sur la photographie contemporaine plasticienne, beaucoup sur les clichés des années 1925-1940, énormément sur les oeuvres "primitives" des pionniers du XIXème siècle, notamment français (Paris reste la place mondiale de référence en ce domaine).


La vacation du 5 juin qu'organise Piasa à Drouot met en avant, en première partie, des photographies d'Atget, Carjat, Perraud, d'Olivier, Louys, d'Hoy, Bacot ou Watkins, autant de signatures qualifiées de "classiques", à de estimations revues à la baisse. A partir de 500 euros, même s'il ne s'agit pas toujours des meilleures pièces, surtout quant à la qualité du tirage, fut il d'époque. Exemple: une épreuve de 1876 sur gélatine brichromatée, portrait de Charles Beaudelaire par Carjat a été adjugée 51.150 euros en novembre dernier par Sotheby's à Paris, quand cette fois, à Drouot, Piasa met en vente une épreuve en photoglyptie portrait du même poète vers 1870-1880 sur une estimation basse de 1.500 euros.
 

D'autres clichés des années 1930 complètent la vacation tout comme des clichés de Doisneau, Ronis Krull ou Man Ray (de 600 à 5.000 euros) ainsi que nombre de nus en noir et blanc de Lucien Clergue des années 1970 (autour de 1.000 euros).

Le 5 juin, Drouot Richelieu, salle 2, 14 heures renseignements : www.piasa.auction.fr

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