Bière pression

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Bien sûr, ce mariage n'a rien de pétillant. Ni de vraiment mousseux. L'achat par Heineken des brasseries du mexicain Femsa ressemble à une union sous pression. L'activité du géant néerlandais, troisième brasseur mondial, dépend à 80% d'un marché européen déclinant parfois, étale souvent. Les analystes l'incitaient à céder ses bières "premium" vendues dans des pays matures pour investir agressivement dans le monde émergent, comme l'ont déjà fait ses grands concurrents, Anheuser-Bush InBev et SABMiller.

Heineken ne comptait jusqu'ici qu'un fort ancrage au Nigeria et une participation minoritaire dans le grand brasseur indien United Breweries. Sa nouvelle acquisition, pour 5,3 milliards d'euros, lui ouvre un marché mexicain très profitable et lui donne le contrôle du brésilien Kaiser, dans lequel le néerlandais détenait déjà une participation minoritaire. Femsa, seul, n'était pas en meilleure posture. Sa part du marché mexicain a fondu en deux décennies, revenant de 55% à 43% au profit de son compatriote Modello et de sa célèbre Corona. Mais il n'empêche, le rapprochement d'Heineken et des brasseries de Femsa, venant après l'OPA hostile de l'américain Kraft sur le britannique Cadbury, ou le mariage arrangé des japonais Kirin et Suntory, confirme le regain des fusions-acquisitions dans l'agroalimentaire et les boissons.

Si l'on exclut les restructurations en cours dans l'automobile, sinistrée, avec les alliances faites ou en négociation Fiat-Chrysler, Volkswagen-Suzuki ou, encore, PSA Peugeot-Citroën-Mitsubishi, le secteur brassicole est même, avec celui de la pharmacie, le vrai moteur des rapprochements industriels transnationaux. Santé !

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