Zara, l'étonnant modèle

Par Odile Esposito, rédactrice en chef à La Tribune.
(Crédits : Simon Kohn )

Une fois de plus, Inditex a déjoué tous les pronostics. Le groupe de mode espagnol, qui a déjà semé plus de 4.600 boutiques dans le monde, vient de détrôner Gap de sa première place mondiale. Son chiffre d'affaires a grimpé de 7% en 2009, à 11 milliards d'euros, quand l'américain voyait le sien fléchir de 2%, à 10,3 milliards d'euros. Au détriment de sa rentabilité ou de ses emplois ? Même pas.

Toutes ses marges ont encore progressé et ses effectifs se sont accrus de plus de 3.000 salariés en un an. Pourtant, la maison mère de Zara aurait eu quelques raisons de voir sa belle santé ternie. En Europe, où elle réalise plus de 77% de ses ventes, l'année n'a pas été des plus favorables pour les grands de l'habillement. Et l'Espagne, qui apporte encore un tiers de son chiffre d'affaires au groupe, a été l'un des pays les plus sinistrés par la crise, pour avoir trop parié sur l'immobilier.

La performance ne fait que souligner la pertinence du modèle Inditex. Des collections renouvelées très fréquemment. Des boutiques bien rangées qui tranchent avec les empilements tristounets de Gap ou H&M. Des dépenses marketing réduites à la portion congrue pour donner la priorité à une logistique performante et à une production réactive. Laquelle reste en partie maintenue dans la péninsule Ibérique, même si le "made in Spain" se fait chaque année plus rare sur les étiquettes. Comme tous ses rivaux, Zara mise désormais sur la Chine et l'Inde. Et en Europe, il doit compter avec un nouveau venu aux dents bien longues, le japonais Uniqlo. Espérons que sa belle mécanique n'en sera pas déréglée.

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