HP ou le défi lancé à Apple

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Ce n'est pas David contre Goliath. Hewlett-Packard (HP) domine déjà le marché des ordinateurs portables, des serveurs, des services informatiques ou, encore, des imprimantes. Ce qui lui vaut d'être le numéro un mondial du secteur de la technologie informatique par le chiffre d'affaires. Mais en s'offrant Palm pour 1,2 milliard de dollars, HP a choisi d'entrer en concurrence frontale avec Apple.

Palm, en effet, n'est pas seulement le pionnier vieillissant de l'assistant personnel ou un acteur déclinant de la téléphonie mobile, comme en attestent les échecs de ses derniers smartphones, Pre et Pixi. Palm apporte dans la corbeille de mariage le système d'exploitation WebOS. Cette pépite va permettre à Hewlett-Packard de s'affranchir des logiciels d'exploitation de Google et de Microsoft et de distancer ainsi les autres grands fabricants de PC (Dell, Lenovo ou Acer) qui, pour avoir déjà pris le virage de la téléphonie mobile, en restent, eux, dépendants. HP se dote ainsi du modèle gagnant, couplant l'équipement et son logiciel d'exploitation, qui a fait le succès de Research in Motion (RIM), le fabricant des BlackBerry, et surtout d'Apple.

Pour la marque à la pomme, il n'y a pas encore de quoi avoir peur : son savoir-faire et son marketing sont aujourd'hui inégalés, comme l'ont montré l'impressionnante percée de l'iPhone et le "teasing" exceptionnellement réussi du lancement de l'iPad. Mais Apple a peut-être de quoi s'inquiéter. Faute de moyens, Palm était jusqu'ici un nain sur le marché des "smartphones" (1,2% du total, selon les derniers chiffres de l'institut Gartner). Mais des moyens, HP en a, avec ses 13 milliards de dollars de trésorerie. Le groupe promet déjà d'investir massivement dans le développement de ces fameuses applications qui ont fait le succès de l'iPhone.

Steve Jobs, le mythique patron d'Apple, va-t-il enfin trouver dans le tandem Mark Hurd, le "CEO" de HP, et Jon Rubinstein, le patron de Palm qui doit rester en place, des rivaux dignes de ce nom ?

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