Londres donne le ton

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef et éditorialiste à La Tribune.

Le Royaume-Uni occupe une place à part dans le concert des nations. Fière et égoïste, la "perfide Albion" est souvent le pays qui insuffle les tendances, marque les grandes ruptures. Le premier, il a rompu avec Rome. Le premier, il a coupé la tête à son roi pour imposer la monarchie parlementaire. Il a été à l'origine de la révolution industrielle au 19ème siècle avec la machine à vapeur. Il a inventé la science économique avec Adam Smith, Stuart Mill, Ricardo, Keynes... Le rock, la musique pop ont conquis le monde quand les bateaux de commerce britanniques ont cessé de le dominer.

Pour toutes ces raisons, il faut regarder de près le projet de budget présenté mardi par George Osborne. Dans cette petite malette rouge en cuir, tradition oblige, se trouve peut-être la clef de la politique économique qui nous sortira de la crise. En promettant d'éliminer le déficit struturel en cinq ans, la coalition conservateurs-Lib Dem frappe un grand coup, juste avant le G20. Aux Américains qui appellent l'Europe à de la modération dans la rigueur pour ne pas compromettre une reprise balbutiante, le couple Cameron-Clegg répond par un plan d'austérité d'une audace inédite.

Hausse de 2,5 points de la TVA, qui aura le double effet de doper les recettes et de taxer les importations (chinoises). Réduction de 25% des dépenses des ministères et gel du salaire des fonctionnaires. Augmentation des taxes sur les hauts revenus via l'imposition des plus-values. Taxe unilatérale sur les banques pour leur faire payer la crise. Un plan sans état d'âme qui solde la fin du travaillisme, qui a légué le plus important déficit en temps de paix.

Pour compenser ce coup de massue, le budget britannique prévoit surtout de porter le taux de l'impôt sur les sociétés à 24% en quatre ans, soit le taux le plus bas des pays du G20. Un signal clair à tous les entrepreneurs que la seule voie de sortie à la crise est la création de richesse. Pour échapper au sort de la Grèce, le lion britannique a décidé de prendre son avenir en main. Et met la pression sur les pays de la zone euro...

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