Les demi-travaux d'Hercule Sarko

 |   |  300  mots
Par Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Qu'il se représente ou non en 2012, qu'il l'emporte ou pas, la question se posera : Nicolas Sarkozy aura-t-il été le grand réformateur qu'il prétendait être ? Bien sûr, il tente de réformer les retraites. Même si le report de l'âge de départ ne règle pas tout. Oui, il a accordé leur autonomie aux universités. Espérons que cela finira par faire remonter la France des profondeurs des classements internationaux sur l'enseignement supérieur.

Certes, il a amorcé une réforme de la justice avec une révision à la hussarde de la carte des tribunaux. Il faudra quelques années pour en vérifier l'efficacité. On citera encore le crédit d'impôt recherche, le bouclier fiscal ou la création du statut de l'auto-entrepreneur. Le fil d'Ariane ? Garder l'argent en France, y développer l'activité et préparer celle de demain. Une intention louable sur le papier, mais qui ne lui a pas évité la critique des "cadeaux faits aux riches".

La vue d'ensemble donnera l'impression d'un changement, ne serait-ce que par la sortie du pays d'une certaine mollesse républicaine au profit d'un activisme inédit - dont a aussi profité l'Europe face à la crise - au risque de passer souvent pour de l'agitation. Mais à regarder de près le bilan de son Élysée, plutôt que douze travaux, notre Hercule Sarko n'en aura accompli qu'une demi-douzaine. L'Hydre de Lerne n'a pas vu toutes ses têtes coupées.

La France éternelle demeure, avec ses déficits, son trou de la Sécu, sa compétitivité imparfaite, son dialogue social balbutiant, son administration hypertrophiée, son chômage encore élevé et sa croissance toujours molle. Aller la chercher avec les dents relevait là aussi de la tâche herculéenne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :