Banques : le joug de la transparence

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Ce qui étonne, c'est qu'il y ait encore des professionnels de la banque pour s'étonner... La sanction infligée lundi à onze établissements financiers par l'Autorité de la concurrence et les mesures annoncées mardi par Christine Lagarde ne font en réalité qu'un seul et même sujet. Le gendarme de la concurrence reprochait aux banques de s'être "entendues" pour facturer des commissions interbancaires injustifiées. Le lendemain, la ministre de l'Economie dévoilait les "engagements" qu'elle les avait forcées à prendre pour rendre plus lisibles leurs tarifs.

Car ce ne sont pas tant les montants facturés par les banques qui posent problème - hors les frais pour incidents de paiement acquittés très majoritairement par des personnes en situation précaire - que leur nécessaire transparence. Les clients des banques ne supportent plus de ne pas savoir, de ne pas comprendre, ni ce qu'ils paient, ni pourquoi. Et les mesures prises jusqu'ici, sans nier les progrès effectués depuis 2004, n'ont pas comblé cette insatisfaction profonde, que les polémiques sur les bonus des traders, les stock-options et les surretraites de grands dirigeants n'ont fait qu'aviver.

Quand une corporation suscite, au-delà des inévitables bras de fer commerciaux, le mécontentement récurrent de ses clients - n'oublions pas les récriminations permanentes des patrons de PME -, ce n'est pas qu'elle est incomprise, c'est qu'elle doit repenser profondément la façon dont elle s'adresse à eux. La première enseigne qui le fera, prendra un avantage décisif sur toutes ses concurrentes. Il est d'ailleurs permis de penser que de jeunes banquiers l'ont compris. Ils commencent à bouger.

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