Manuel Valls et le parler vrai

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Par Eric Chol, rédacteur en chef à La Tribune.

Grâce à sa sortie magistrale sur les 35 heures, Manuel Valls vient de coiffer au poteau Dominique Strauss-Kahn. Longtemps, ce dernier est apparu comme le socialiste le plus apprécié dans l'électorat de droite. Mais son regain de popularité à gauche, le rappel - un brin pernicieux - qu'il fut, aux côtés de Martine Aubry, l'inventeur des 35 heures, et le mutisme du patron du FMI sur ses intentions électorales pour 2012 ont fini par en énerver plus d'un.

A l'inverse, la fougue de Manuel Valls, prêt à en découdre avec ses propres amis du PS, mais surtout le "parler vrai" de cet ancien rocardien suscitent à droite non seulement de l'intérêt mais aussi de l'envie. Après tout, où sont-ils, ces membres de la majorité qui, hier, brocardaient la réduction du temps de travail ? Le 28 mai 2008, Xavier Bertrand ne promettait-il pas : "nous allons sortir des 35 heures" ?

Quelques jours plus tard, c'était au tour de Nicolas Sarkozy de se prononcer pour "la fin réelle des 35 heures". Alors ? Alors, rien. Les gouvernements de droite se sont employés à détricoter les fameuses lois Aubry. Mais la règle des 35 heures demeure "verrouillée", pour reprendre le vocabulaire du maire d'Evry. Et continue à définir la durée du temps de travail hebdomadaire. Non pas que l'exécutif s'interdise de toucher à un acquis social. Il a montré qu'il en était capable en mettant fin à la retraite à 60 ans. Seulement voilà, les 35 heures et les RTT qui leur sont attachées sont sans doute une aberration économique, mais elles demeurent une mesure populaire.

Nicolas Sarkozy, qui l'a compris depuis longtemps, n'est pas prêt à sacrifier ce symbole. Manuel Valls, si. Mais il est exact que le trublion du PS n'a pas grand-chose à perdre en parlant vrai.

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