Onze raisons de rester optimiste en 2011

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L'économiste en chef du Crédit Agricole formule ses voeux pour cette année. Et porte un regard optimiste sur la sortie de crise.

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Comme il n'est pas trop tard pour le faire et que, surtout, nous espérons beaucoup de l'année qui commence, ne soyons pas avares de souhaits.

1 - La Grèce paye : les marchés attendent les premiers emprunts ; ils vont donner le ton, d'autant que tous les pays vont se jeter au portillon. Les taux montent, bien sûr, mais les plus fragiles sont quand même servis. La Grèce est le test pour voir si la crise repart. Ce sera non, mais il faut faire des efforts !

 

2 - L'Espagne arrête l'effet domino : il ne suffit pas de calmer le jeu de la montée de la crise, encore faut-il organiser la décrue. C'est ici que l'Espagne joue l'effet « no pasarán », avec à la fois sa volonté d'accepter des ajustements pénibles et les premiers résultats positifs à l'export. Il ne s'agit pas seulement de freiner le déficit budgétaire, il faut aussi que la croissance revienne.

 

3 - DSK est candidat à la présidentielle : le jeu politique change, puisque nous entrons en campagne plus tôt que prévu, mais une campagne qui se passe d'abord au PS. Il s'agira de parler de déficit budgétaire, de dette, de réforme de l'État, de fiscalité - avec réduction des inégalités bien sûr - mais au moins serons-nous sortis du « tout politique » pour entrer dans le réel.

 

4 - Nicolas Sarkozy se représente. Le débat économique teste alors le dosage suivant : soutien aux entreprises + rigueur + hausse de la fiscalité pour la droite. À gauche, le dosage associe réduction des inégalités + rigueur + soutien aux entreprises dans un PS modernisé. Au moins, nous ferons de l'économie d'abord !

5 - Le G20 avance ! Ce sera celui de Nicolas Sarkozy, et plus profondément l'occasion d'une vraie discussion sur la régulation mondiale : l'endiguement des processus spéculatifs, le soutien aux pays les plus fragiles, notamment en matière agricole, de vrais engagements entre une Chine qui ne veut pas apprécier plus vite son change et des États-Unis qui ne veulent pas encore changer de mode de vie en épargnant plus. Chacun fait des pas.

 

6 - L'Europe tient : l'organisation de sa gouvernance se renforce. Notamment, les pays s'accordent sur la double nécessité de présenter des budgets qui entrent dans un cadre cohérent et de mutualiser des efforts pour renforcer la croissance, notamment en soutenant l'innovation et plus encore sa mise en oeuvre.

 

7 - L'Allemagne est mieux comprise : les Européens reconnaissent que c'est elle qui a évité l'effondrement en acceptant de faire les prêts les plus importants et en crédibilisant, de fait, ceux des autres. Non, elle n'est pas égoïste, mais elle calcule. Son idée : sortir de la crise en leader incontesté de la zone euro.

8 - La France renforce son partenariat stratégique avec l'Allemagne. Il ne s'agit pas, contrairement à ce que diront certains critiques, de bloquer toute « évolution à gauche » en France, mais de consolider la stratégie française qui consiste à combiner le freinage des dépenses publiques avec le renforcement du tissu productif, par des rapprochements. Cela impliquera une homogénéisation de la fiscalité, du droit du travail et de la formation notamment. Et surtout un vrai engagement en faveur de nos PME.

 

9 - Les syndicats acceptent de participer à une série de discussions sur le vieillissement en France : mesures du phénomène, hypothèses de chiffrage, conditions de financement. Surtout, ils endossent les calculs, quitte à se différencier sur les modalités.

 

10 - Les premières entreprises grecques et portugaises sont achetées par les premières entreprises allemandes. Certains « experts » trouvent que c'est encore très risqué, mais d'autres que le prix est attractif. Le point de retournement s'approche.

 

11 - Une commission commune composée d'experts mesure les propositions des deux grands partis français et calcule leurs effets sur la croissance et l'emploi à long terme. Les débats sont publics et les grands partenaires sociaux y participent, chiffres en main.

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