Gare à l'activisme fiscal

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Par Eric Chol, rédacteur en chef

En opposant hier à Jean-François Copé, ardent promoteur d'une TVA sociale, une fin de non-recevoir, François Fillon a voulu clore un débat qui avait déjà coûté cher à la droite lors des élections législatives de 2007. Pour des mauvaises raisons de rivalités politiques, François Fillon a visé juste en matière économique. Car l'idée de TVA sociale a beau être séduisante avec son parfum de néoprotectionnisme, elle est devenue le sparadrap du capitaine Haddock qui empoisonne la droite, n'en déplaise aux avocats de l'activisme fiscal. Ses défenseurs invoquent l'exemple allemand de janvier 2007, quand Berlin augmenta de 3 points le taux de TVA : contrairement aux craintes émises à l'époque par les sceptiques, l'inflation allemande resta sous contrôle, et ni la croissance ni le pouvoir d'achat ne furent écornés. Mais la France n'est pas l'Allemagne. Et pour que la TVA sociale fonctionne dans l'Hexagone, il faudrait que les entreprises, en échange d'une baisse du coût des charges sociales, acceptent de ponctionner le prix de vente de leurs produits ou d'augmenter les salaires. En sont-elles capables ? Les rouages grippés de la machine économique française indiquent le contraire, les coûteuses leçons de la baisse de la TVA sur la restauration sont là pour nous le rappeler. C'est pourquoi le débat sur la TVA sociale se résume surtout à un coup politique, le genre de pavé dans la mare qu'affectionnent les professionnels de la provocation, qu'ils s'appellent Jean-François Copé, Manuel Valls ou Jean Arthuis. François Fillon, qui avait défendu pendant la dernière campagne des législatives le projet de TVA sociale, allant même jusqu'à évoquer une augmentation de 5 points, avait précisé que l'idée n'était « pas simple ». Sur ce point au moins, le Premier ministre n'a pas changé d'avis.

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