Quand les marchés font avancer la politique

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Par Valérie Segond, journaliste à La Tribune.

Ouf ! On a évité l'enclenchement, par crise bancaire et contagion interposées, d'un mécanisme qui menait tout droit à l'éclatement de l'euro. Mais ne nous leurrons pas sur le sens de ce compromis bricolé à la dernière minute, qui ne répond une fois de plus qu'à une crise de liquidité. Car le renouvellement ne résout pas le problème de fond : l'insolvabilité structurelle de la Grèce, à savoir son incapacité à rembourser des dettes beaucoup trop importantes pour son économie petite et peu compétitive. Pour sortir de cette impasse, il n'y a que deux voies : la voie économique, en réduisant le volume des dettes par une restructuration. Mais ni la France, très engagée par ses banques et ses compagnies d'assurances, ni la BCE, qui détient plus de 40 milliards d'euros de dettes grecques, n'en veulent.

Reste la voie politique. Car qui peut croire que les créanciers privés maintiendront volontairement leurs positions sur un pays insolvable ? Ils ne le feront qu'avec la garantie explicite et détaillée des Etats de l'union monétaire qui s'engageront fermement à ce que la Grèce ne fasse pas défaut. En clair, ils ne resteront que si, et seulement si, nous payons pour elle. Jamais le destin des marchés et celui de la politique n'ont été aussi liés. L'inquiétant est que le fédéralisme est une vieille utopie dont personne ne veut.

La bonne nouvelle pourtant, c'est qu'il est en train de se construire à petits pas : la Commission européenne ne va-t-elle pas viser les budgets des Etats avant même leur examen par leur parlement ? Et n'est-ce pas à Berlin et à Bruxelles que se définissent aujourd'hui les politiques économiques de la Grèce, du Portugal, et demain de l'Espagne, et peut-être même de la France ? Comme le reconnaissait il y a peu Manuel Barroso, les marchés imposent l'intégration politique. Mais, chut... il ne faut surtout pas le dire.

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Commentaires
a écrit le 20/06/2011 à 9:39 :
Entièrement d'accord sur ce pronotisque, mais à mon avis il serait nécessaire d'avoir un réel état des finances de ce pays. Faire une sorte d'audit de manière à faire ressortir les erreurs qui ont mené ce pays à cette faillitte. A partir de ce constat, rebatir une stratégie de sortie de crise acceptée par tous les grecs car n'oublions pas que toute la popuilation à cautionnée cette dérive financière notamment en ne payant peu ou prou l'impot. Si les grecs ne veulent pas que l'on fasse le ménage chez-eux pour etre dans l'europe, alors il faudra inéluctablement les faire sortir de la zone euro.

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