Où est passé le G20 agricole ?

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Copyright Reuters (Crédits : Albert Caen)
Par Robert Jules, journaliste à La Tribune

À la fin d'août 2010, dans son discours préliminaire annonçant l'agenda qui guiderait la présidence française du G20, Nicolas Sarkozy se scandalisait, à juste titre, que des gens à travers le monde puissent souffrir de la faim. Il rendait responsables de cette situation les « spéculateurs » accusés de jouer au yo-yo avec les cours dans le seul but de s'enrichir. Dans la foulée, il promettait de s'attaquer au problème. Pourtant presque un an après et quelques rapports d'experts supplémentaires, aucune véritable solution n'a été avancée. Pire, au regard de l'actualité, ces promesses apparaissent un rien dérisoires. Quelque 12 millions de personnes sont menacées par la famine dans la Corne de l'Afrique, une situation inimaginable il y a encore un an. Alors que les États-Unis ont débloqué en urgence 28 millions de dollars, et la Grande-Bretagne 59 millions d'euros, la France, elle, a promis à peine 5 millions d'euros supplémentaires.

Moins dramatique, mais fort préoccupant, nombre d'exploitants et surtout d'éleveurs dans l'Hexagone risquent de mettre la clé sous la porte, pénalisés à la fois par le recul de leur production et la baisse des prix internationaux. En Afrique comme en France, un point commun : la sécheresse. Mais c'est une litote que de répéter que la production agricole est étroitement dépendante des aléas climatiques. C'est même la première cause historique des variations des prix. C'est d'ailleurs pour cette raison que le principe des marchés à terme a été imaginé... dès le Moyen Âge. L'instabilité est encore aggravée aujourd'hui par la faiblesse des stocks mondiaux qui rend très nerveux l'ensemble des acteurs de la filière. Résultat, les cours valsent en permanence. Il faut malheureusement admettre que, sur ces questions, le G20 n'a pu montrer jusqu'à présent que son impuissance.

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