La Chine en embuscade

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

En ces temps troublés, il apparaît important de remettre à la bonne échelle les événements spectaculaires qui, depuis l'été, agitent les marchés et angoissent les opinions publiques. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la santé de nos bonnes vieilles banques mais l'avenir de l'Europe en tant que puissance économique et politique entre le bloc anglo-saxon et le bloc asiatique/émergents. C'est donc de notre niveau de vie à tous, actuel et futur, qu'il est question, voire de notre mode de vie. Ce qui est arrivé à la Grèce, sans aucun doute nécessaire pour rééquilibrer un pays qui a trop longtemps vécu au-dessus de ses moyens et menti sur ses déficits, peut demain nous toucher. L'Irlande, le Portugal, l'Espagne, aujourd'hui l'Italie en font l'amère expérience.

La France est pour l'instant relativement préservée mais pourrait bien être à son tour affectée. Cette crainte pèse déjà sur la campagne présidentielle et oblige la droite comme la gauche à réviser ses logiciels de pensée. L'Allemagne, elle, profite de la situation avec un certain cynisme pour asseoir le leadership de son modèle de stabilité, mais pour l'instant, ne semble pas céder à la tentation d'abandonner les Grecs, et les autres, à leur triste sort. Quant aux Etats-Unis, qui se sont invités ce vendredi à la réunion des ministres des Finances (Ecofin) en Pologne, ils sont mal placés pour nous donner des leçons de gouvernance en expliquant que le monde serait malade de l'Europe.

Car c'est quand même bien l'Amérique qui a déclenché il y a exactement trois ans cette crise en faisant l'erreur historique de lâcher Lehman Brothers, ce qui a exporté le virus des subprimes. C'est l'Amérique du Tea Party qui est incapable de trouver un consensus sur la dette abyssale d'un pays au moins autant en faillite que la Grèce... s'il n'y avait la Chine pour le financer. Une Chine justement qui propose maintenant de soutenir l'Europe, mais à ses conditions, et observe le match entre le dollar et l'euro pour accéder au magot de ses 3.000 milliards de réserves...

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